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Piratage massif à la DGFIP : la CGT dénonce des moyens « insuffisants

mercredi 19 août 2026, par rédaction

Le 12 août 2026, un hacker a revendiqué une intrusion dans le système informatique de la Direction générale des finances publiques (DGFIP), commise fin juin après une usurpation d’identité. Si l’administration avait détecté et bloqué l’accès frauduleux dès la fin juin, elle n’avait en revanche pas identifié le vol massif de données. Ce sont les révélations du pirate qui ont alerté les services, contraignant la DGFIP à confirmer les faits dans un communiqué publié le 13 août. Selon le document, « plusieurs centaines de milliers d’usagers voient aujourd’hui toutes leurs données personnelles vendues au plus offrant » .

Pour la CGT Finances Publiques, l’inquiétude des contribuables est légitime, tout comme la colère des agents qui ont appris la fuite par la presse. Le syndicat rappelle que si le risque zéro n’existe pas, les services informatiques déjouent chaque année des milliers d’attaques — passées de 2 579 en 2023 à 6 972 en 2025 — preuve de la sensibilité des systèmes fiscaux.

Mais pour l’organisation syndicale, les causes de cette intrusion sont aussi politiques. Depuis 2008, la DGFIP a perdu plus de 34 000 emplois, soit 28 % de ses effectifs. Les rémunérations stagnantes ont entraîné une perte de pouvoir d’achat de près de 15 %, rendant les métiers — notamment informatiques — de moins en moins attractifs. Les moyens de fonctionnement, eux, sont en baisse constante.

Le schéma directeur du numérique 2026, bien qu’affichant une ambition d’investissement, reste selon la CGT focalisé sur l’efficience et l’IA, au détriment de la sécurité et de la réduction de la dette technique. Le taux de conformité technologique de la DGFIP plafonne ainsi à 52,2 % fin 2025 .

La CGT dénonce une gouvernance informatique entièrement à revoir, minée par l’obsession de la rentabilité, l’externalisation et la perte de contrôle des grands projets numériques. À budget constant ou en baisse, les investissements en cybersécurité ne peuvent, selon elle, répondre aux enjeux croissants.

Le syndicat appelle donc l’État à réinvestir massivement dans la fonction publique, en emplois, en rémunérations et en moyens, afin de garantir la sécurité des données personnelles et numériques de l’ensemble de la population.

Communiqué