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Salon des maires 2026 : Michel Pélieu réclame une nouvelle loi à propos du ZAN, la ministre Françoise Gatel promet une adaptation territoriale

jeudi 4 juin 2026, par rédaction

Le 4e Salon des maires et des intercommunalités des Hautes-Pyrénées a rassemblé, ce jeudi 4 juin 2026, l’ensemble des acteurs institutionnels du département autour d’une journée d’échanges, de stands et de prises de parole. Organisé par l’Association départementale des maires présidée par la sénatrice Viviane Artigalas, l’événement a accueilli une succession d’interventions : Pascal Claverie, maire de Tarbes, Pascale Péraldi pour la Région Occitanie, Jean‑François Vigier pour l’AMF nationale, puis Michel Pélieu, avant la conclusion assurée par la ministre Françoise Gatel.

Michel Pélieu : « Il faut réinventer une loi ZAN adaptée aux territoires »

Le président du Conseil départemental a livré l’un des discours les plus attendus, en revenant longuement sur la décision du Conseil constitutionnel ayant annulé la loi TRACE, qui devait assouplir le dispositif du Zéro Artificialisation Nette (ZAN).

Michel Pélieu a rappelé que « cette loi est une mauvaise loi » et qu’elle ne peut s’appliquer uniformément à une métropole et à un village de montagne. Il souligne que les Hautes-Pyrénées ne sont artificialisées qu’à 3 %, dont une partie perméable, et qu’elles comptent déjà 90 000 hectares de zones Natura 2000 ainsi que 30 000 hectares du Parc national.

Pour lui, la décision du Conseil constitutionnel impose de repartir de zéro :

« Il faut réinventer le modèle »

Le président appelle à une décentralisation pragmatique, permettant aux territoires de définir eux‑mêmes, avec l’État, des règles adaptées. Il insiste également sur les enjeux économiques : sans possibilité de construire, ce sont les entreprises locales, artisans et acteurs du bâtiment qui seraient directement fragilisés.

Enfin, il rejoint les propos du maire de Tarbes sur le désenclavement, rappelant que l’attractivité économique et résidentielle dépend aussi des infrastructures ferroviaires et routières.

Françoise Gatel : « La France est une et indivisible, mais elle est diverse »

La ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation a conclu la matinée par une intervention dense, saluant l’engagement des élus locaux et rappelant son propre parcours de maire et de sénatrice.

Elle a insisté sur la nécessité d’une adaptation locale des normes nationales, citant explicitement le ZAN comme exemple d’une bonne intention devenue inapplicable sans différenciation territoriale.

Elle affirme : « On ne doit pas raisonner ici comme on raisonne à Paris, à Lille ou dans la Creuse. L’intelligence, c’est d’adapter les choses pour qu’on puisse les réaliser. »

Françoise Gatel a également rappelé que la mission de l’État est d’être aux côtés des élus, en facilitant les projets plutôt qu’en opposant des contraintes. Elle a salué le rôle du préfet et des services déconcentrés, présentés comme des partenaires pour « inventer des possibles ».

Sur le ZAN, elle confirme la volonté du gouvernement de retravailler le dispositif, en lien avec les parlementaires et les associations d’élus, afin de permettre une application plus juste, plus souple et plus réaliste dans les territoires ruraux et de montagne.

Un salon qui confirme son rôle de carrefour territorial

Au-delà des débats institutionnels, cette édition 2026 a confirmé la montée en puissance du Salon des maires des Hautes-Pyrénées, devenu un rendez-vous incontournable pour les élus, les partenaires publics et les acteurs économiques.

Comme le rappelle Viviane Artigalas dans son discours d’ouverture : « Ce salon est devenu un rendez-vous fédérateur, un lieu où se construisent des solutions et parfois même de nouveaux projets pour nos territoires. »

Entre enjeux de ruralité, aménagement du territoire, désenclavement et adaptation des normes, l’édition 2026 aura surtout mis en lumière une conviction partagée : les territoires ruraux doivent être pleinement reconnus dans leur diversité et leurs besoins spécifiques.

G.M.