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Éric Peyrègne : Il faut sauver le Stado
vendredi 20 février 2026, par
Dans le cadre de sa campagne municipale, Éric Peyrègne a fait ce jeudi matin une conférence de presse au stade Maurice Trélut accompagné, entre autres, de deux anciens joueurs du Stadoceste Tarbais, Michel Bouthors et Francis Lagleyze. Pour cause de vent violent la conférence de Presse qui devait se tenir dans les tribunes s’est tenue dans un petit vestiaire côté visiteurs. Auparavant Éric Peyrègne et son équipe sont allés saluer les joueurs à la Bodéga qui leur sert de salle de réunion et de salle vidéo.
Un pan de l’histoire de Tarbes et du rugby qui s’écroule
D’entrée le candidat a évoqué la situation du Stado-TPR dont la SASP en cessation de paiement est sur le point de déposer le bilan pour cessation de paiement, avec des salaires de janvier et de février impayés. Une situation difficile à vivre pour certains, qui n’ont pas d’autres ressources et qui ont une famille à charge mais les joueurs continuent à venir aux entraînements, comme si de rien n’était. Des joueurs dont le comportement sur le terrain a été souligné malgré des résultats catastrophiques (13 défaites de rang et 2 victoires en 17 rencontres) dus en partie aux blessures et à des faits d’arbitrage. Ce jeudi les joueurs ont été informés que le club avait déclaré forfait général. « C’est un jour de deuil pour les supporters et tous ceux qui ont porté le maillot du Stado » a-t-il déclaré en faisant allusion au dépôt de bilan de la SASP. « C’est un pan de l’histoire de Tarbes et du rugby qui s’écroule. »
Activer des relais pour sauver l’Association
Le candidat à la Mairie, campagne oblige, a égratigné les membres du Conseil d’Administration de la SASP dont beaucoup d’élus tarbais, dont certains font campagne, ont été ou étaient toujours membres. Il s’est étonné qu’aucun des membres chefs d’entreprises du Conseil d’Administration ne se soient portés candidats à la Présidence après le départ de l’ancien Président Lionel Terré à Auch. Mais très vite il est revenu à l’urgence de sauver le Stado-TPR à travers l’Association qui porte le N° d’Affiliation de la FFR sur lequel s’appuie la SASP pour jouer au niveau professionnel. Si l’Association était en déficit Tarbes serait relégué en Régionale 3 et perdrait son N° d’Affiliation, donc son identité Stado-TPR. « On va essayer d’activer des relais pour sauver l’Association. » Une Association par laquelle sont passés Éric Peyrègne, Michel Bouthors et Francis Lagleyses et qui a formé une multitude de joueurs dont plusieurs internationaux depuis sa création, dont le dernier en date est le Palois Fabien Brau-Boirie qui a joué deux saisons avec les Juniors Crabos du Stado-TPR dont il était le capitaine, avant de rejoindre la Section.
Faire de Tarbes une locomotive avec un Centre de Formation performant
Une Formation Tarbaise qui attirait les meilleurs jeunes des clubs des alentours, à l’instar de Fabien Brau-Boirie, formé à l’ESCA et passé par Tournay, avant de rejoindre Tarbes en 2018 où il deviendra international U18 avant de rejoindre Pau. Les clubs bigourdans ne perdent pas au change car ceux qui n’ont pas franchi le cap du professionnalisme reviennent dans leurs clubs d’origine ou jouent à Lannemezan, Lourdes ou Bagnères. Éric Peyrègne souhaite développer ce partenariat avec l’aide économique de la Communauté de Communes Tarbes-Lourdes et du Département pour faire de Tarbes un Centre de Formation performant qui attirerait les meilleurs jeunes d’autres clubs pour évoluer au meilleur niveau National des Jeunes en compagnie des clubs de Top 14 ou de Pro D2. Ceux qui ne rejoindraient pas des clubs de Top 14 ou de Pro D2 évolueraient à Tarbes ou dans leurs clubs d’origine. Car la disparition de la Formation Tarbaise entraînerait la mort du rugby à Tarbes et en Bigorre. « Plus de 75% des joueurs qui évoluent dans des clubs bigourdans sont issus de la Formation tarbaise » assure Éric Peyrègne qui estime que l’avenir du rugby passe par des joueurs issus du Département et formés à Tarbes. « Il faut une locomotive et ça ne peut se faire qu’avec une équipe de l’Agglo. »
Créer un vrai projet avec des gens qui veulent servir le club et non se servir du club
Pour Éric Peyrègne le rugby en Bigorre a manqué de vision au contraire de Pau et de Bayonne que Tarbes battait en Pro D 2 il y a quelques années et qui évoluent aujourd’hui en Top 14. Depuis 2003 où Tarbes avait manqué la montée en Top 14 battu par Montpellier, le club n’a pas évolué et a même périclité jusqu’à sa relégation financière en 2016 dont il ne s’est jamais remis. S’il a rendu hommage à Jacques Tarrène, Jean-Pierre Davant, Antoine Nunes et Lionel Terré, pour lui « ce n’étaient que des pansements », au contraire de Présidents bâtisseurs qui ont réussi à fédérer autour d’eux comme à Pau, Bayonne ou La Rochelle. Pour lui, « il faut créer un vrai projet de club avec des gens qui veulent servir le club et non se servir du club. » Éric Peyregne estime que les partenaires ne manquent pas en Bigorre mais qu’ils sont partis à Pau. Il s’étonne aussi qu’un membre du CA qui organise des voyages de chefs d’entreprises pour les matchs du Tournoi des VI Nations n’ait pas réussi à convaincre un de ses clients à aider le TPR. Le candidat affirme « On nous a empêché d’agir dans le but de sauver le club. » Éric Peyrègne assure vouloir « essayer d’aider comme on peut pour sauver l’Asso ».
Ce n’est pas un manque de moyens mais de volonté
Pour lui le rugby c’est « la fraternité avant tout. Ce n’est pas un hasard si j’ai des rugbymen autour de moi. » Éric Peyrègne compte sur l’ensemble des anciens du Stado pour aider l’Association à se développer pour porter un projet sportif en Fédérale 1 afin de remonter au plus vite. Pour lui, les anciens élèves de l’ENI qui ont réussi professionnellement, font partie des pistes à étudier. Et de citer l’exemple d’un ancien de l’ENI de Tarbes « qui est devenu le sponsor principal du Jazz à Marciac. » Pour lui, le développement du rugby à Tarbes ce n’est pas un manque de moyens mais de volonté. Et d’établir la comparaison avec des villes de tailles équivalentes ou plus petites qui ont des équipes en Pro D2 comme Mont-de-Marsan. Et d’affirmer que le Leclerc landais d’une superficie inférieure à celui d’Ibos donne 1,2 M€ au Stade Montois. A l’instar des dirigeants, la Ville n’aurait pas anticipé l’évolution du rugby professionnel en améliorant les structures d’accueil « par manque de vision politique. » Et de donner en exemple Narbonne, dont le stade est identique à Trélut avec une piste d’athlétisme qui éloigne du terrain. « L’Agglo a refait les structures et a créé 1000 places de loges. »
Le Maire doit être le VIP de l’économie et du sportif
Pour lui l’Agglo doit participer à la rénovation de Trélut et le Maire de Tarbes « doit être le VRP de l’économie et du sportif. » Pour Éric Peyrègne les panneaux « Tarbes Ville Sportive » n’ont plus lieu d’être avec la disparition conjointe du TGB et du TPR qui faisaient partie du patrimoine tarbais au même titre que les Haras ou le Jardin Massey. La création d’une Arena d’un coût de 22 M€ fait partie de la vision politique du candidat qui selon lui attire des partenaires. Puis il revient sur l’urgence de sauver l’Association du Stado-TPR pour éviter la relégation en Régionale 3 et repartir en Fédérale 1 la saison prochaine autour d’un vrai projet. Le candidat a remercié « les supporters qui ont toujours soutenu leur club et les joueurs qui ont toujours mouillé le maillot. » Après avoir égratigné M. le Préfet dans une de ses précédentes conférences de Presse, Éric Peyregne a tenu à le remercier pour son intervention afin de mettre en place un moratoire pour les dettes du TPR à l’Urssaf qui datent de plusieurs années.
Jean-Jacques Lasserre
