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TGB : Affaires de gros titres et de contre-vérités
Deux titres chocs : Exclusif « Dettes de 1,2 millions d’euros, le TGB placé en liquidation judiciaire » sur l’édition papier du 22 novembre et sur l’édition numérique du 21 novembre « Exclusif TGB : Liquidation judiciaire, dettes d’1,2 millions d’euros… » Deux articles repris en boucle par plusieurs médias sauf par tarbes-infos qui n’a pas pour habitude de publier des informations sans les avoir vérifiées. Cela nous a pris un certain temps mais nous sommes en mesure, divers témoignages et documents à l’appui, de revenir sur un nouvel article à charge sur le TGB pour rétablir certains faits contraires à la vérité.
Le fond et la forme
Avant d’entrer dans le fond restons sur la forme. L’auteur de l’article sur l’édition papier parle dans le titre de « 1,2 millions d’euros de dettes », puis dans l’exergue « d’un passif de 1,2 millions d’euros », puis dans le texte d’un « trou béant », puis « de pertes presque multipliées par dix en deux ans » par rapport « aux 120 000 euros de juin 2023 », sans fournir d’explications. Or sans vouloir faire la « Compta pour les Nuls » chacun de ces mots (dettes, passif, trou, pertes) ont un sens et ne sont pas des simples synonymes. Dans un Bilan, il y a un Passif qui englobe les Dépenses et en face il y a un Actif qui englobe les Recettes. Dans un Bilan, le total de l’Actif est toujours égal au total du Passif, qu’il y ait un bénéfice ou une perte. Soit un Bénéfice si l’Actif est supérieur au Passif, soit avec une Perte si l’Actif est inférieur au Passif. Or pas un mot de l’Actif qui doit être de 1 200 000 euros, avec un Résultat Positif ou Négatif quand on fait la différence avec le Passif. « Il n’y a pas un trou de 1,2 M€ » confirme un des membres du CA qui est un partenaire imminent du club et qui était présent à la visioconférence du 21 novembre. « Les gens mélangent les chiffres et c’est facile d’écrire n’importe quoi. »
Présentation des comptes et contrôle fiscal
Il n’y a pas un mot dans l’article sur la présentation des comptes lors de ce CA du vendredi 21 novembre annoncé dans un article précédent la veille. Des comptes qui ont été validés par l’expert-comptable et certifiés par le Commissaire aux Comptes, avant d’être rejetés par la Commission de Contrôle et la Chambre d’Appel de la FFBB. Or les comptes en question arrêtés au 31 mai 2025 et présentés au CA avaient pour résultat une situation nette de moins 195 000 euros que Mme Cointre s’est engagée à régler pour une mise à 0 des fonds propres. Depuis sa prise de fonction en juin 2023, la Présidente du TGB a investi 364 500 euros sur ses fonds personnels et au travers de ses sociétés en mécénat ou en sponsoring. Par contre l’article faisait référence au contrôle fiscal présenté lors de ce CA sans préciser qu’il couvrait les périodes du 1er juin 2021 au 31 mai 2025 (dont une saison sous la Présidence de Laurent Cochain qui a démissionné depuis de sa fonction de Président-Délégué). A notre connaissance les conclusions de ce contrôle ne faisaient état d’aucune fraude contrairement à ce que laisse entendre l’article avec une phrase pour alimenter la suspicion : « Aucune irrégularité n’aurait été relevée, selon nos informations il a été fait état d’erreurs faites sur les prélèvements à la source et autres manquements. » Notez le conditionnel « aucune irrégularité n’auraient été révélées » et le présent « il a été fait états d’erreurs et de manquements. » Pour rappel dès le 13 septembre 2025 tarbes-infos avait révélé « des problèmes de formes juridiques sur les comptes du club et des défauts d’écriture comptable » qui avaient retardé la Certification des Comptes par le Commissaire aux Comptes qui les avait validés quelques jours plus tard après une réunion avec la conseillère financière et les experts-comptables du TGB qui avait permis de rectifier ces erreurs comptables.
Des louanges au dénigrement
Le rédacteur ne rappelle pas que c’est Jeannie Cointre qui avait comblé, non pas 120 000 euros mais 137 000 euros de Résultat négatif en 2023 pour sauver le club de la relégation. A l’en croire c’est la Présidente, célébrée comme la sauveuse du TGB, par ce même média et ce même rédacteur le 25 septembre 2023, qui aurait dilapidé 1 200 000 euros, alors qu’elle avait permis d’éviter la relégation financière à son arrivée. Cela voudrait dire que le club a dépensé 1,200 000 euros sans aucune recette en face dans l’Actif ? Comment peut-on écrire de telles inepties sans réfléchir si ce n’est dans l’intention de nuire ou de faire le Buzz. D’autant, toujours selon plusieurs témoignages, que personne au cours de ce CA, n’aurait contesté les 195 000 euros de résultat négatif que la Présidente s’est engagée à combler pour rendre les comptes à 0. Et non 1 200 000 euros, comme essaient de le faire croire le titre et le contenu de l’article. Une Présidente qui avait été célébrée dans le même support le 15 décembre 2023 pour sa 17ème place dans le Trophée de l’Institut Choiseul parmi les cent leaders qui font l’Economie du Sport en France. Des louanges oubliées pour du dénigrement : « Arrivée à l’été 2023 pour « « sauver » le club, la présidente aura finalement enterré une institution historique du basket-ball français. » Comment ? Pourquoi ? Aucune réponse n’est apportée. Jeannie Cointre, qui n’a aucune de ses entreprises dans les Hautes-Pyrénées n’avait aucun intérêt à financer le TGB, dans le but de remporter des marchés.
Pourquoi avoir laissé le club s’enfoncer ?
On peut s’étonner que personne n’ait rien fait pour dénoncer une situation financière si catastrophique alors que le Conseil d’Administration est composé de deux élus tarbais, de personnalités et de chefs d’entreprises reconnus pour leurs réussites. « C’est une situation qu’on connaissait depuis longtemps. Le patient était décédé et il fallait seulement acter le décès » aurait confié une source proche du dossier au rédacteur. Une phrase qui choque car lors de ce CA un hommage a été rendu à Jacques Dutrey, ancien Président du TGB et membre du CA, qui était décédé la veille. Selon l’auteur de l’article une autre source présente à la visioconférence aurait déclaré « Il n’y a pas eu de surprise concernant le dépôt de bilan du club, tout le monde était très déçu du management et du mode de gestion. C’était ce vendredi une formalité. » Un cynisme qui étonne et qui détonne de la part d’élus ou de responsables d’entreprises qui se réjouiraient, si ces propos sont exacts, de la mort d’un club emblématique qui a fait rayonner Tarbes en France et en Europe depuis 1996. Pourquoi les élus présents au CA du TGB n’ont-ils pas avertis que la situation du club était inquiétante au point de craindre un dépôt de bilan dans les semaines à venir, comme le laisseraient entendre les témoignages ci-dessus recueillis par le rapporteur de l’article.
Pas de vote de dissolution
L’auteur de l’article assure : « Nous sommes en mesure de confirmer que le CA a voté la liquidation judiciaire du club tarbais. » Une nouvelle assertion inexacte puisque aucun vote n’a eu lieu au cours de ce CA informatif destiné à faire le point sur la situation, comme l’ont confirmé plusieurs membres qui ont participé ou assisté à ce CA. Le TGB n’a dont pas officiellement déposé le Bilan puisque la situation du club ne sera examinée par le Tribunal de Commerce que courant décembre. En attendant le club existe et assure la continuité de la Formation à travers ses équipes Jeunes qui comptent 80 licenciés.
La liberté d’entreprendre
Pour conclure sur François Gomez, comme dans l’article en question, où l’entraineur du TGB est accusé avec acrimonie de « capitaine qui quitte le navire » après « avoir déclaré que le TGB était son club. » François Gomez, considéré comme un des meilleurs entraineurs de ces vingt dernières années par ses pairs, devrait mettre fin à sa passion et prendre sa retraite alors que le club où il a voué douze années de sa vie n’a plus d’équipe fanion ?
Jean-Jacques Lasserre
rédaction
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