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Favoritisme ou efficacité ? Le procès d’un maire
Au tribunal de Pau, c’est toute une manière de gouverner qui se retrouve sur le banc des accusés. Gérard Trémège, maire de Tarbes depuis plus de vingt-cinq ans, comparaît avec neuf anciens collaborateurs et entrepreneurs pour favoritisme dans l’attribution de marchés publics et la vente de biens communaux. Les faits, survenus entre 2009 et 2015, concernent notamment la réhabilitation du marché Brauhauban et la cession de bâtiments municipaux à des proches.
Les expertises judiciaires pointent un “énorme manque de rigueur” dans l’analyse des candidatures, des offres incomplètes retenues, et un sentiment de malaise dans le classement des dossiers. Derrière ces irrégularités, certains décrivent un climat de peur et de pression, exercé par un maire jugé autoritaire et colérique.
À la barre, Gérard Trémège se défend : il admet des erreurs mais nie toute intention frauduleuse. Pour lui, s’il existe un “système Trémège”, il repose sur la rapidité et l’efficacité, jamais sur l’intérêt personnel. Le ministère public, lui, rappelle qu’on ne peut se défausser sur les services techniques quand on a été commissaire aux comptes.
Ainsi, au-delà des faits, c’est une question plus vaste qui se pose : où s’arrête l’efficacité municipale et où commence le favoritisme ? Tarbes attend les réponses de la justice, mais aussi une clarification sur la frontière fragile entre service public et intérêts privés.
rédaction
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