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Musique en Madiran clôture en beauté
mardi 5 août 2025, par
Diana Cooper triomphe à Madiran
Après deux premiers concerts pas très suivis mais très appréciés, le dernier concert a connu un double succès en termes d’entrées et de satisfaction avec un nombreux public comblé et enchanté pour la clôture de cette 29ème édition du Festival de Musique en Madiran. Diana Cooper qui enchaine les concerts s’est produite en juillet en Espagne, en Allemagne, en Pologne et en France. La pianiste, pour sa troisième participation, a une nouvelle fois été chaleureusement applaudie entre chaque pièce de Frédéric Chopin et a récolté une standing ovation à la fin de son concert où elle a été bissée. Ce sont les organisateurs Alain Cassou et Marie-Laure Foray qui ont dû mettre fin au tonnerre d’applaudissements pour laisser souffler l’artiste.
Une performance exceptionnelle
Car Diana Cooper, a proposé un concert de plus de deux heures en deux parties, ce qui est exceptionnel pour un concert de piano. Sélectionnée pour le troisième tour du Concours Chopin à Varsovie en octobre, la virtuose a joué deux « tours » des pièces qui sont imposées par le jury afin de se préparer au mieux au prestigieux concours qui a lieu tous les quatre ans et qui réunit les meilleurs pianistes de la planète. Au programme de ce 2 août à Madiran la Ballade N°2 op 38 en fa majeur, Etude op 25 n°6 en sol dièse mineur, , Nocturne op 27 n°2 ré bémol majeur, Valse op 42 en la bémol majeur, Polonaise-Fantaisie op 61 en la bémol majeur. Après un entracte d’un quart d’heure Diana Cooper a enchaîné avec maestria et talent la Barcarolle op 60 en fa dièse majeur, n°6 Préludes op 28, n° 13 en fa dièse majeur, n°14 en bi bémol mineur, n)15 en ré bémol majeur, n°16 en si bémol mineur, n°17 en la bémol majeur, n°18 en fa mineur. Puis de bisser en triomphe avec Scherzo n°1 op 20 en si mineur et Andante spianato et Grande Polonaise brillante op 22. Une performance exceptionnelle où la virtuose a pu faire étalage de toute sa classe et de son talent avec la finesse de son touché où ses doigts effleurent à toute vitesse les touches de son piano qui font ressentir et partager toute les subtilités et les émotions des pièces de Frédéric Chopin. « Ce qui la caractérise, c’est la clarté, la couleur de son jeu, à une grande vitesse. C’est très important quand on joue des œuvres d’un tel niveau », confie son mentor Jean-Paul Cristille qui l’a formée au Conservatoire de Tarbes alors qu’elle n’avait que sept ans. Le Professeur précise « La clarté, la finesse, la virtuosité et la couleur ». Des qualités qui en font au niveau international une des meilleures pianistes de sa génération. Parmi des candidats venus du monde entier Diana Cooper et une autre pianiste seront les deux représentants français au Concours Chopin de Varsovie ouvert aux virtuoses de moins de 30 ans.
Une des meilleures pianistes de sa génération
« Un vrai parcours du combattant » illustre Jean-Paul Cristille avec une première sélection par un jury sur une vidéo de concert enregistrée en direct, sans aucune retouche. Puis un premier tour à éliminatoire à Varsovie franchi par Diana Cooper qui prépare le second et le troisième tour, toujours à Varsovie en octobre prochain. Deux tours présentés en suivant à Madiran pour un long et épuisant concert. « Une interprétation qui demande beaucoup de concentration par rapport à la richesse harmonique. Ces pièces font parties des œuvres les plus difficiles de Chopin qui était maître de son art. » Au-delà de la concentration, jouer plus de deux heures est aussi une véritable performance physique ou les muscles des bras et les doigts sont sollicités en permanence.
C’est exaltant de sentir autant d’énergie de la part du public
Très entourée, épuisée mais souriante et disponible Diana Cooper confie. « C’est épuisant, mais en même temps c’est exaltant de sentir autant d’énergie de la part du public. » Beaucoup d’émotion aussi puisque la pianiste a pris ses premières leçons au Conservatoire de Tarbes et qu’elle a une histoire particulière avec Madiran qui l’accueillait pour la troisième fois. « Ça me ressource en fait et c’est beaucoup d’émotion devenir jouer près de mes racines devant un public que je connais en partie. J’ai ressenti leur soutien, leur chaleur et la connexion est d’autant plus forte. » Aujourd’hui, Diana Cooper vit à Londres mais elle se déplace régulièrement en France et en Europe pour donner des concerts. Cet Eté elle enchaine les concerts où elle interprète les pièces qu’elle va jouer au Concours Chopin cet automne. « Je rode le programme demandé au Concours qui est très long qui représente 3h30 à peu près répertoire. » Sur 642 candidats présélectionnés sur vidéo, 168 ont été retenus pour le premier tour du Concours à Varsovie et 80 sélectionnés, dont une majorité d’Asiatiques, en octobre toujours à Varsovie pour disputer quatre épreuves. « Depuis mon plus jeune âge Chopin a été mon compositeur de cœur » avoue Diana. Une passion transmise par mon premier professeur Jean-Paul Cristille. « C’est une musique qui touche droit au cœur sans filtre. C’est tellement accessible que des personnes qui n’ont pas forcément de bagage musical peuvent comprendre ce langage. Chopin fait partie de ces auteurs qui me touchent directement. Il y a quelque chose dans sa musique qui touche à ma sensibilité en profondeur. » Le style de jeu de Diana Cooper colle à merveille à celui de Chopin tout en douceur et en subtilités.
Jean-Jacques Lasserre


