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Vers l’UNESCO : le Pic du Midi, vitrine scientifique et joyau pyrénéen
lundi 4 août 2025, par
Jean Salomon évoque le développement du projet autour du Pic du Midi et de son observatoire, soulignant l’élaboration d’un plan stratégique pour renforcer la dynamique territoriale de proximité. « Nous travaillons à un développement concerté de la Haute-Bigorre, de la Vallée des Gaves, en lien avec la montée en puissance du Pic du Midi une fois classé. »
Il rappelle que, lors d’un échange avec le président de la République, celui-ci a souligné la jonction entre la Vallée des Gaves et le plan Avenir Lourdes. « La Vallée des Gaves, c’est aussi Lourdes, et les deux sont liés. L’idée est de faire en sorte que le tourisme ne se limite pas à un lieu isolé, mais qu’il s’insère dans un ensemble cohérent, les visiteurs pourraient par exemple aller du sanctuaire de Lourdes, au Pic du Midi, à Gavarnie ou découvrir une exploitation agricole. »
Et d’insister sur la nécessité d’assembler des projets qui peuvent paraître séparés à l’extérieur mais qui, en réalité, forment un tout : « Lors d’une réunion avec le président, on a précisé que le Tourmalet n’est pas une impasse, c’est un col emblématique. Notre objectif est de renforcer la jonction entre la communauté de communes Pays-Vallée-des-Gaves et celle de la Haute-Bigorre. »
L’un des enjeux est de faire vivre cette zone toute l’année, même hors saison touristique ou de pèlerinage, en proposant une offre hôtelière adaptée, ce qui pourrait transformer le modèle économique local. « Si les hôteliers de Lourdes s’engageaient à ouvrir 11 ou 12 mois par an, cela changerait beaucoup de choses. »
Il a aborde également les investissements publics nécessaires pour dynamiser l’ensemble : « Le président a évoqué un besoin d’investissements importants, publics et privés, notamment pour rénover le funiculaire, améliorer l’offre d’hébergement à la Mongie, gérer le stationnement ou encore développer la mobilité au col du Tourmalet. »
Parmi les projets structurants, il cite la relance du funiculaire, la création d’hébergements de qualité, la gestion de l’eau, ou encore le développement du thermalisme. « Tous ces sujets doivent être articulés pour attirer et mieux accueillir les visiteurs, tout en préservant l’environnement. »
Il précise que, bien que le Pic du Midi ait une capacité physique limitée, il constitue un point d’attraction incontournable, notamment pour la réserve internationale de ciel étoilé ou le centre de recherche atmosphérique de Campistrous. « L’État doit soutenir cette dynamique, mais la loi de finances pour 2026 limite nos engagements. »
Enfin, il souligne que jusqu’à cette échéance, la priorité est de travailler avec un cabinet pour élaborer une stratégie cohérente, étudier la faisabilité des projets, optimiser leur implantation, et intégrer toutes les contraintes dans le PLU (Plan Local d’Urbanisme). « Nous travaillerons aussi à mobiliser des financements privés par le biais d’un appel à projets. L’objectif étant d’assurer que toutes les idées possibles soient explorées, sans tout forcément réaliser, mais en préparant un cadre clair pour les 15 prochaines années. »
Jean Salomon précise qu’une dynamique a été engagée pour valoriser le potentiel touristique et environnemental du territoire. Des contacts ont été initiés avec des spécialistes et des opérateurs afin de mettre en avant la station de La Mongie qui communique étroitement avec la plus ancienne station de ski des Hautes-Pyrénées Barèges, ainsi qu’avec les sept villes thermales du département. L’objectif : identifier ce qui pourrait inciter les visiteurs à venir et ce dont ils ont besoin pour renforcer l’attractivité locale.
Une démarche proactive a été menée pour recueillir leurs attentes : quels aménagements, quels terrains, quelles collaborations, quelles visions du territoire ? La stratégie consiste à lancer un appel à projets, afin qu’après le renouvellement des conseils municipaux en 2026, chaque élu puisse faire un choix éclairé : prendre en main un projet, le confier à un privé, ou opter pour un partenariat public-privé ou une délégation de service public. Toutes ces options sont étudiées en parallèle, avec l’appui de l’administration centrale du ministère, pour garantir leur faisabilité juridique.
Parallèlement, la candidature du Pic du Midi à l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO, prévue pour 2027, constitue une étape majeure, « l’objectif est de faire reconnaître la gestion du site comme préservant une valeur universelle exceptionnelle : il ne s’agit pas de générer du profit, mais de conserver le site comme un lieu d’observation scientifique de grande importance pour les générations futures. La démarche vise à assurer la pérennité du site tout en permettant à d’autres opérateurs ou collectivités, via un syndicat mixte par exemple, de développer la partie située au pied du Pic ».
La démarche a suscité un vif intérêt auprès du Comité français du patrimoine mondial, notamment parce que tout le cadre juridique et réglementaire existant, comme la réservation internationale de ciel étoilé ou le site patrimonial remarquable, repose sur des expériences concrètes et éprouvées. La mise en œuvre de ces dispositifs n’alourdit pas les contraintes des collectivités : ils peuvent continuer à œuvrer dans un cadre connu et maîtrisé.
Enfin, la préservation de la qualité du ciel nocturne constitue un enjeu clé. Grâce à un effort collectif des communes qui éteignent leurs lumières après 23 heures, notamment lors des belles nuits, le site bénéficie d’un ciel exceptionnel. Cette initiative contribue à maintenir des conditions d’observation astronomique rares, voire uniques dans le monde, renforçant ainsi la renommée internationale du territoire.
Le classement du Pic du Midi à l’UNESCO ne constitue pas simplement un label ou une reconnaissance symbolique, il s’agit avant tout de préserver une valeur universelle exceptionnelle, fondamentale pour la recherche scientifique et la culture. L’inscription au patrimoine mondial permet ainsi de mettre en avant et de protéger un site emblématique : l’observatoire de Pic du Midi, qui, depuis 150 ans, constitue la plus vieille station d’observation d’altitude au monde. C’est une véritable vitrine de la recherche scientifique, un symbole de l’histoire de l’astronomie et de la science en général.
Il est important de préciser que ce classement ne doit pas être perçu comme une mise sous cloche ou une restriction totale : il ne s’agit pas d’interdire toute évolution ou modification des bâtiments ou équipements. Au contraire, le but est de préserver la valeur du site tout en permettant sa modernisation. Par exemple, le Pic du Midi n’est pas classé monument historique, ce qui évite de limiter toute intervention sur ses structures, notamment pour la rénovation ou l’ajout de nouveaux appareils. L’université de Toulouse prévoit même d’installer prochainement des appareils de mesure uniques au monde, renforçant encore le rôle de ce site dans la recherche scientifique et l’éducation.
Ce label UNESCO ne donne pas lieu à des subventions financières directement, mais ses bénéfices sont considérables en termes d’attractivité. Selon l’UNESCO, il multiplie par 3 ou 4 la fréquentation du site, ce qui bénéficie indirectement à l’économie locale, notamment à Lourdes : en attirant davantage de touristes, les hôtels, restaurants et autres acteurs du secteur touristique peuvent voir leur activité croître. Toutefois, l’impact économique reste modéré en termes de rentabilité immédiate : « ça ne rapporte pas directement », précise-t-on.
Enfin, cette reconnaissance ouvre aussi des perspectives pour améliorer la mobilité entre Lourdes, le Pic du Midi, Gavarnie ou encore les chemins de Saint-Jacques, en insistant sur le développement de transports décarbonés ou moins polluants. La question de l’accessibilité durable est donc centrale, notamment par le biais de l’aéroport de Tarbes, mentionné par le président de la République, pour faciliter l’arrivée des visiteurs. En résumé, le classement UNESCO est avant tout un outil de préservation, d’éducation et de rayonnement international, avec un impact indirect mais essentiel sur l’attractivité et la valorisation du territoire.
Nicole Lafourcade

