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Conteneurs à l’arrêt : Le Relais suspend la collecte textile dans les Hautes-Pyrénées
lundi 21 juillet 2025, par
Depuis le 15 juillet, un changement radical s’opère dans nos rues. Les célèbres conteneurs blancs du Relais, qui récupéraient textiles, linges et chaussures, sont désormais à l’arrêt. Une décision lourde de conséquences, qui pourrait entraîner la suppression d’au moins 70 emplois dans les Hautes-Pyrénées, dont ceux du site de Vic-en-Bigorre.
Une guerre de financement
À l’origine du blocage : un désaccord profond entre Le Relais et Refashion, l’éco-organisme chargé du soutien financier de la filière via le principe du "pollueur-payeur". Le Relais réclame 304 € par tonne collectée, tandis que Refashion propose une aide d’urgence à 192 €—bien loin des 156 € actuellement versés.
Résultat : Le Relais a préféré suspendre sa collecte, estimant ne plus pouvoir fonctionner dans ces conditions.
Des emplois menacés, une filière en péril
Dans les Hautes-Pyrénées, Le Relais emploie 70 personnes, dont une grande partie en insertion. À cela s’ajoutent les salariés de Récup Action, partenaire local. Nationalement, ce sont 3 000 emplois qui seraient fragilisés si aucune solution n’était trouvée.
Les collectivités appellent les habitants à ne plus déposer de textiles dans les conteneurs, pour éviter que les vêtements ne soient laissés à l’abandon.
La fast-fashion mise en accusation
Le Relais critique aussi le modèle de consommation actuel, pointant du doigt les vêtements jetables des grandes enseignes. Shein, H&M et consorts encombreraient les bacs sans réelle valeur de recyclage. Une dénonciation qui révèle les failles d’un système trop dépendant de l’export, notamment vers l’Afrique, où les débouchés s’amenuisent.
Et maintenant ?
Refashion assure vouloir "sécuriser les soutiens pluriannuels" et promouvoir un modèle local et circulaire. Mais pour l’heure, aucune sortie de crise ne semble actée. Les habitants, eux, sont invités à patienter en gardant leurs textiles chez eux.
Un blocage qui interroge : peut-on vraiment développer l’économie circulaire sans réinventer le financement des filières ? Et surtout, combien de temps tiendront les structures locales avant de craquer ?


