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Retour Tarbes-Albi (à suivre)

mercredi 11 mai 2022 par Rédaction

Ne rien lâcher à domicile, c’est dans l’ADN de Tarbes, fusse le dernier match de la saison, tant l’esprit de Groupe est fort. Une fois encore les Tarbais ont démontré, que sur un match, l’envie pouvait faire faire basculer un match.

Lionel Terré : Qu’est ce qu’on fait pour être heureux un peu plus ?

Le Président est un homme heureux, car malgré le soleil qui incitait au farniente et la concurrence, le stade affichait une de ses plus belles affluences de la saison. Mais avant ce final en beauté, la saison a été dure à vivre, avec un petit effectif soumis aux aléas des blessures et du covid. Après une belle entame et une place dans les cinq premiers, une série de cinq défaites consécutives ont plongé le club dans la zone des relégables. Tarbes a su réagir avec final de toute beauté avec des succès contre les « Big Five », Chambéry, Valence-Romans et Albi… De quoi donner des regrets et de susciter de l’espoir. C’est un peu le message qu’a voulu faire passer Lionel Terré la fin du match aux supporters. « On avait pris l’engagement que les joueurs donneraient tout et quand on voit des match comme ça, on peut dire qu’ils ont respecté le contrat. On est heureux mais qu’est ce qu’on fait pour être heureux un peu plus ? Le message est clair le Président demande plus de moyens et pour obtenir plus de moyens, en plus des résultats, il faut des supporters qui pèsent par leurs abonnements et leur présence dans les tribunes de Trélut. « Ce club mérite d’être au dessus mais ça mérite des moyens. Maintenant, ça dépend du public, des partenaires. Qu’est ce qu’on fait ? Il faut des moyens et il faut qu’on se donne des moyens. » Des moyens pour étoffer l’effectif mais aussi pour conserver ce Groupe de valeur qui risque de se disloquer. Un Groupe qui vient de démontrer, une nouvelle fois, sa force de caractère alors que certains pensaient qu’il avait la tête aux vacances. « Moi je n’avais pas de doute sur le Groupe » assure Lionel Terré. « Je savais très bien que c’était des compétiteurs. Je savais qu’ils étaient copains entre eux et que leur amitié, ce n’était pas du bluff. C’est de la vraie amitié et ils voulaient sortir comme il faut, par rapport à ceux qui arrêtent leurs carrières, par rapport à ceux qui s’en vont. »

Fabien Fortassin : Ils m’ont bluffé, bravo à eux !

Entraînement léger de fin de saison, ballon de foot en fin de séance de mise en place, tout sentait le début de vacances avec pour message, c’est votre dernier match, faites vous plaisir. Les joueurs l’ont pris au mot et ont livré une de leur meilleure prestation de la saison contre le plus gros effectif de la Nationale. « Sincèrement, je ne les croyais pas capables de sortir ça. Ils m’ont bluffé, bravo à eux », avoue l’entraîneur.D’autant que ce n’est pas une victoire de raccroc face à une équipe qui était venue pour se qualifier directement en demi-finale. « Il n’y a rien à dire, ils doivent en prendre trente normalement, si on finit les coups », assure Fabien Fortassin, qui confirme avoir laissé carte blanche à ses joueurs. « C’était à eux d’être capables de switcher pour se récompenser. Et ça, tu le doit à leur solidarité, à leur amitié, qu’ils ont créée et comme ce sont de bons joueurs de rugby, ils ont su s’offrir une belle sortie et une belle fête. »

Felipe Manu : On a joué pour les joueurs qui partent

La sortie du troisième ligne, sous les ovations du public, n’était pas feinte, le néo-zélandais avait vraiment mal. Ce n’était peut-être pas une sortie d’adieux, même si ça y ressemblait. A 37 ans, quand on lui parle retraite, il fait une moue de dénégation, mais il ne s’était pas encore engagé avec Tarbes où la logique voudrait qu’il termine sa carrière. « La suite n’est pas encore écrite », confie Felipe Manu. Pour ce dernier match de la saison en pleine chaleur, il s’est engagé à fond, chargeant à l’épaule les bunkers tarnais qui l’attendaient. Il lâche « Albi est une belle équipe, j’ai cru que j’allais sortir avec le SAMU. » Cette victoire lui tenait à cœur, comme à l’ensemble de ses coéquipiers. « Quand on a envie, on donne tout ce qu’on a et tout ce qu’on peut. Là, on a joué pour les joueurs qui partent. On a trouvé notre état d’esprit dans ça. » Mais malgré l’euphorie du moment, Felipe n’oublie pas les moments difficiles. « C’est dommage que c’est seulement dans les grands matchs qu’on retrouve cet état d’esprit. Si on arrivait à garder cet esprit, dans tous nos matchs, tout au long de l’année, on pourrait être en Phase Finale. On a retrouvé en fin de saison, cet état d’esprit qu’on avait au début. » Tarbes n’est pas en cause, c’est un état d’esprit qui touche toutes les équipes de n’importe quel sport collectif qui se mettent au niveau de leurs adversaires et se transcendent contre les gros. 

 

Junior Maninoa : Je voulais partir sur une victoire

Pour sa dernière sortie en France le seconde ligne a encore livré un match énorme contre une redoutable équipe albigeoise. « Ce match est pour nous » confirme le seconde ligne. « Pour moi aussi, car c’est mon dernier match et je voulais gagner. Je voulais repartir de France sur une victoire. » Le Samoan avoue avoir vécu une belle fin de saison. « Il y a eu des hauts et des bas mais les derniers deux mois, on était bien. Je suis content de cette année à Tarbes où je me suis fait des amis. » Junior Maninoa, d’un coup, est ému. « Je repense à toutes ces années en France, avec tous mes clubs. Je revois dans ma tête tout ce qui s’est passé depuis mon arrivée. Je me suis fait beaucoup d’amis et j’ai gardé beaucoup de contacts. Junior Maninoa a débuté le rugby à l’âge de six ans en Nouvelle-Zélande avant de rejoindre l’Australie et de jouer à Brisbane et à Sydney. Il y a douze ans, il rejoint la France et découvre la Fédérale 1 avec Béziers, puis il part en Pro D2 à Aurillac où il passe sept saisons avant de rejoindre Montauban, puis Tarbes à l’intersaison. A trente-six ans, il a décidé de rejoindre sa femme qui a dû repartir en Australie pour diriger un gros Cabinet Immobilier familial à Brisbane. « Je voulais rester un an de plus mais j’ai fait le choix de la famille » confie Junior Maninoa. Mais il ne devrait pas arrêter le rugby pour autant. « Oui, je veux continuer à jouer mais pas à haut niveau. Sitôt que je rentre je vais chercher un club. » 

Propos recueillis par J-J Lasserre