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Retour sur Tarbes-Bourgoin

mercredi 19 janvier 2022 par Rédaction

Colère froide du staff berjallien

Colère froide du staff et des dirigeants berjalliens qui étaient venus en Bigorre pour prendre leur revanche du match Aller. Un long déplacement effectué en minibus, moyen de transport plus rapide mais certainement moins confortable, pour les gros gabarits, qu’un car pullman. Même le point bonus, le sixième de la saison, n’est pas jugé satisfaisant parce que les joueurs n’avaient pas respecté les consignes de jeu. Un jugement sévère, qui minimise la prestation tarbaise. Mais visiblement le staff ne couvre plus ses joueurs, ce qui ne risque pas d’arranger les choses.

Grégoire Pintiaux : On galvaude le CSBJ

L’entraîneur des avants attaquait d’entrée. « On a fait 800 kilomètres pour rien ! On n’a absolument rien vu. Voilà, on ne s’est pas déplacé. Ce sont des matchs à la vie à la mort et on ne joue pas la mort. On n’a pas conscience qu’aujourd’hui, c’était un match qu’il fallait absolument gagner mais on n’a rien fait pour le gagner. Absolument rien. On ne s’est pas engagé. C’est la continuité de ce qu’on a déjà vécu précédemment à l’extérieur. C’est inquiétant parce qu’il n’y a pas de révolte. Il n’y a pas de réaction, il n’y a pas de guerre. » Un comportement incompréhensible par rapports aux propos revanchards tenus la veille du match notamment par Sidobre dans le Dauphiné Libéré. « Oui, mais là je n’ai pas du tout vu une équipe revancharde » répond Grégoire Pintiaux. « Je n’ai pas vu des joueurs revanchards. C’est incompréhensible pour un match comme ça. C’était une obligation de venir gagner à Tarbes, dans la situation où est le CSBJ. On doit se transcender. Aujourd’hui, on n’a pas vu des joueurs se transcender. Ce n’est pas comme ça qu’on va se sauver. » Même le point de bonus défensif ne rend pas l’entraîneur moins amer. « Non, non, on est surtout chanceux de prendre le bonus défensif. On est chanceux, parce qu’ils manquent deux pénalités. On n’a rien fait. On travaille des choses la semaine et on ne les voit pas le week-end. On se dit beaucoup de choses mais on ne fait pas beaucoup de choses » renchérit l’entraîneur visiblement dépité. » D’autant plus que les Tarbais semblaient prenables. « On n’a pas vu un grand match. On s’est ennuyé. Nous, on devait jouer et on n’a pas joué. Tarbes n’est sûrement pas meilleur mais ils ont gagné. Ils se sont montrés plus efficaces et ils ont marqué un essai. Pour gagner, il faut jouer au rugby, il faut se faire des passes, il faut déplacer le ballon, il faut créer. Si on ne crée pas, si on n’avance pas, ce n’est pas la peine. Aujourd’hui, tout nous fait du mal. Une touche pas trouvée, un placage manqué, tout nous fait du mal. » L’essai encaissé, alors que Bourgoin venait d’enquiller 9 points pour prendre le score, a dû mal à passer. « On l’a déjà vu. On se fait prendre dans l’axe. On le sait mais on continue. On n’apprend pas de nos erreurs. Aujourd’hui, ce qui est inquiétant, c’est qu’on galvaude le club. Et ça, qu’on galvaude un club comme le CSBJ, ça me dérange fortement. Je pense qu’on n’a pas conscience qu’on est en train de jouer notre boulot et le rugby professionnel au CSBJ. »

Sébastien Tillous-Bordes : C’est une faute professionnelle

Même une heure après le match et un débriefing avec Pascal Papé, l’entraîneur des trois-quarts tient le même discours que Grégoire Pintiaux. « Aujourd’hui, clairement, on n’était pas là. On a été catastrophique et on a laissé Tarbes gagner ce match. Il n’y a pas eu d’opposition. C’était un match d’entraînement. » Pourtant tous les ingrédients étaient là, frustration du match aller, injustice des trois points perdus administrativement contre Tarbes et possibilité de passer devant leurs adversaires. « C’est vrai, la motivation était toute trouvée mais on ne devrait pas avoir à motiver les joueurs pour un match comme ça. C’est à chaque joueur de mettre de l’engagement et d’être au maximum. Pour moi, c’est une faute professionnelle. »

Soulagement du côté tarbais

Les Tarbais, sourire retrouvé, étaient visiblement soulagés d’avoir su se surpasser, physiquement et mentalement, pour mettre fin à un long calvaire de dix semaines de disette. Malgré les doutes engendrés par cinq larges défaites consécutives, dont deux à domicile, les Tarbais ont su, malgré les doutes et une énorme pression, prendre le jeu à leur compte. Et c’est finalement ce qui a fait la différence sur un essai au bout de plusieurs temps de jeu. Malgré des erreurs, des relances intempestives et des passes approximatives, les Tarbais ont persisté à faire du jeu et ont fini par trouver la faille dans l’axe à l’heure de jeu.

Felipe Manu : C’est très bon pour le moral

Le troisième ligne, absent sur blessure, n’a pas cessé d’accompagner et d’encourager ses coéquipiers même à l’échauffement qu’il a suivi de très près. « Tout le monde attendait ce résultat et ça fait du bien de gagner. C’est très bon pour le moral de voir qu’on peut arriver à jouer mais on n’est pas arrivé pas à tuer le match. Il reste toujours des petites choses à corriger mais c’est mieux que d’habitude. On a été assez bien discipliné et on n’a rien lâché jusqu’à la fin. C’est un match où on a beaucoup donné et on a quelques bobos. » Réal (entorse cheville), Méron (sternum), Erasmus (gros hématome) et Stanaway (genou) ont été touchés dans ce match où les contacts ont été rudes quoiqu’en pense le staff berjallien.

Loan Réal : L’équipe a eu du caractère

Le troisième ligne, touché à la cheville a dû sortir à la mi-temps dans un contexte compliqué avec le retour de Bourgoin au score. Cependant, les Tarbais n’ont pas douté et ont réussi à rester fidèle au plan de jeu élaboré avant la rencontre. « On avait la pression au niveau du résultat mais on avait pour objectif de jouer un maximum de ballon et de ne pas mettre le frein. On s’était dit que l’équipe qui jouerait le plus au rugby allait gagner. On a su mettre et produire du jeu, avec pas mal de déchets techniques quand même. » C’est au final ce qui a fait la différence avec l’unique essai de la rencontre inscrit par les Tarbais face à une solide équipe de Bourgoin. « C’est une équipe recherche surtout le défi physique. » Quand Loan Réal est revenu de la douche, il a eu la surprise de voir Bourgoin devant au score. « Heureusement on a su réagir. L’équipe a eu du caractère pour repasser devant, en marquant un essai en plus. Ça nous a permis de reprendre de la confiance et de gagner ce match très important. »

Albain Méron : On n’avait pas le droit de lâcher

Le capitaine est sorti sur blessure à vingt minutes de la fin du match, touché sur l’action qui a amené l’essai de la victoire. « On avait beaucoup de pression, tout n’a pas été parfait mais on a assuré l’essentiel avec une bonne fin de deuxième mi-temps. » Malgré retour et la prise du score de Bourgoin qui a marqué trois pénalités de rang, les Tarbais sont repartis de l’avant. « On se devait de ne pas lâcher. On n’avait pas le droit après cinq défaites d’affilée. On savait qu’on ne devait pas perdre ce match là. On ne pouvait pas lâcher malgré la fatigue, car sinon on enterrait notre saison. Ça fait du bien de gagner et de repartir sur un nouveau cycle. » 

Alexandre Duny : Il ne faut surtout pas se relâcher

Le pilier droit, après un début de saison en demi-teinte, a retrouvé une belle forme. Avec ses compères du banc, il a su repousser les velléités offensives berjalliennes pour conserver une victoire très précieuse. « On s’est payé. On l’avait dit, ces trois matchs c’était nos phases finales à nous. On a gagné le premier, c’est bien. Ça fait du bien à la tête. Tout le monde a retrouvé le sourire, à nous de continuer. Il ne faut surtout pas se relâcher. On a gagné sur l’envie, le banc a fait la différence sur les trente dernières minutes. On a beaucoup défendu et on n’a rien lâché. Ils n’ont pas réussi à avancer et ça les a dégoûtés, je pense. Bourgoin est une grosse équipe qui n’a rien lâché non plus et c’est une grosse satisfaction pour nous de les battre. On a défendu jusqu’au bout et on s’est payé avec cette victoire. » La mêlée tarbaise a été légèrement dominatrice dans l’ensemble. « Oui, on les a dominés vraiment les deux fois où on a réussi à prendre le dessus. Mais, à chaque fois, ça a été de grosses mêlées, car c’est un des points forts de Bourgoin. On a réussi à les contrer et on a pris l’ascendant sur certaines. C’était propre et on a été bien. » Par deux fois, les Tarbais ont été pénalisés sur une mêlée enfoncée, avec le Gaucher berjallien en travers, alors que c’est complètement interdit. Sur la seconde, l’arbitre a sanctionné Aulika pour avoir « verrouillé » le Gaucher, pour l’empêcher de se mettre en travers…

Thomas Lhusero : On savait que ça passerait par le jeu

Après deux mois d’absence le demi-de-mêlée, retrouvait Trélut avec au bout une victoire qui faisait du bien au moral. « Lulu » qui restait sur un succès historique à Cognac, a vécu dans les coulisses le long calvaire de ses coéquipiers. Son retour a rassuré ses partenaires qui étaient en plein doute, car son absence a coïncidé avec la litanie de défaites. « J’ai essayé d’apporter du positif pour enlever un peu de pression. On savait que ça passerait par le jeu, même si on a un peu trop joué à des moments donnés et que ça nous a coûtés quelques pénalités. On savait qu’il fallait qu’on joue si on voulait gagner le match. On savait qu’on ne gagnerait qu’en jouant et en mettant des temps de jeu. » Malgré ces pénalités qui ont remis Bourgoin dans le match, les Tarbais ont gardé leur ligne de conduite et ont marqué un essai en jouant. Au lieu de baisser les bras ils se sont remobilisés pour refouler ce nouveau revers qui se profilait. « On a eu un petit coup de mou mais on savait qu’il fallait changer notre état d’esprit. Il fallait mettre plus de férocité pour avancer, récupérer des pénalités et marquer un essai. » Thomas Lhusero ne partage pas l’avis du staff berjallien. « C’est vrai qu’ils n’ont pas trop joué mais après, leur stratégie a failli être bénéfique. Nous, on n’aurait pas dû jouer chez nous mais on n’a pas réussi à sortir de notre camp. Ils nous ont tenus enfermés et ils ont récupéré des pénalités. Je ne suis pas sûr qu’en jouant, ils nous auraient fait plus mal que ça. On l’a vu à la fin, ils auraient pu jouer dix minutes de plus, ils n’auraient pas marqué ! »

Propos recueillis par Jean-Jacques Lasserre