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Johan Paulet : Le Stado chevillé au cœur
mardi 11 août 2026, par
L’entraîneur des trois-quarts n’a connu que le maillot rouge et blanc de Tarbes depuis l’école de rugby qu’il a intégré à l’âge de 6 ans. Johan Paulet licencié depuis 25 ans au club depuis l’Ecole de rugby est passé par toutes les catégories, Poussins, Benjamins, Minimes, Cadets, Juniors, Espoirs avant d’intégrer l’équipe professionnelle. Il a signé son premier contrat de joueur pro avec le nouveau Président Lionel Terré qui lui a fait signer son premier contrat d’entraîneur la saison dernière, avant d’annoncer sa démission. « Lionel Terré qui allait prendre la Présidence m’a fait signer et c’était le premier contrat qu’il faisait signer à Tarbes. »
De l’Ecole de Rugby à l’entraînement des Pros
Il a débuté avec les Pro en Pro D2 lors de la saison 2015-2016 et a disputé son dernier match en Nationale en janvier 2025. Une retraite prématurée due à une série de traumatismes crâniens et une interdiction médicale de jouer. Sa fidélité au club et son opiniâtreté sur le terrain lui ont valu la reconnaissance du Président Terré qui lui a proposé avant sa démission de coentraîner l’équipe professionnelle. Titulaire d’un diplôme d’entraîneur, la proposition tombait bien pour Johan Paulet qui depuis longtemps s’est consacré à l’encadrement des équipes de jeunes. « J’ai entraîné les Minimes en premier, puis je suis monté avec les Cadets avec qui j’ai passé un bon moment. J’ai été responsable Cadets-Crabos et j’ai donné un coup de main aux Crabos l’année dernière. Il était prévu que je passe par la Catégorie Espoirs mais finalement Lionel Terré m’a dit de prendre l’équipe première en Nationale un mois avant sa démission. » Clin d’œil de l’histoire Johan Paulet a été la première et la dernière recrue de la Présidence de Lionel Terré en tant que joueur puis d’entraîneur.
Délaisser l’ébénisterie pour se donner à 100% au recrutement
En dehors du rugby Johan Paulet a une passion pour le travail du bois qu’il pratiquait lorsqu’il était joueur. « J’avais monté ma micro-entreprise et je fabriquais des objets en bois, surtout des tables. J’avais un atelier chez mon grand-père et puis je me suis lancé là-dedans parce que ça me plaisait et que le rugby pro me laissait pas mal de temps libre. » Pour l’instant Johan Paulet a mis de côté sa passion car trop pris depuis sa nomination au poste d’entraîneur. Après sa relégation en Fédérale 3 le club est reparti de zéro avec un effectif à reconstruire intégralement avec le départ de 46 joueurs sur les 48 qui composaient l’effectif premier. « Il a fallu faire le recrutement, puis il a fallu remonter l’équipe médicale, l’équipe des préparateurs physiques, l’équipe des bénévoles qui allait nous aider au bord du terrain. » Loin de le décourager cette expérience lui a donné envie de s’impliquer davantage encore pour aider le club à retrouver sa place. « J’aimerai continuer à travailler pour l’Ecole de Rugby, pour la Formation comme je le faisais quand j’étais joueur. J’ai envie d’aider le club à remonter le niveau pour retrouver ce qu’on avait avant. » Appelé tardivement comme entraîneur des trois-quarts Johan Paulet était pourtant l’homme de la situation pour construire un effectif à partir d’une feuille blanche. Lassés d’attendre de savoir à quel niveau Fédérale 1 ou Fédérale 3 le club serait rétrogradé 98 % des joueurs titularisés en Nationale et d’Espoirs et Crabos étaient partis sous d’autres cieux, souvent bigourdans.
La force de l’Amitié et des retrouvailles 25 ans après
Malgré son attachement viscéral au club l’ex-centre n’a pas bondi immédiatement sur l’occasion. « Avant d’accepter j’ai pris la température avec mes copains pour savoir s’ils étaient prêts à me suivre. Je savais que beaucoup de trentenaires de ma génération étaient sur la fin. On avait toujours eu l’envie de faire une saison tous ensemble et je savais que si eux avaient envie de me suivre ça allait lancer le truc. Pratiquement tous m’ont répondu favorablement et j’ai accepté parce que je savais que derrière pas mal de monde allait suivre. » Et la suite lui a donné raison puisque plus d’une vingtaine de joueurs de sa générationont signé. « Nous, notre bande de copains, on est tous passés par Tarbes, on aime le club et on avait envie de l’aider. On a tous commencé ensemble et c’était l’occasion de fermer la boucle et finir ensemble, on espère le plus tard possible. » Très vite, d’une demi-douzaine le groupe est arrivé à la trentaine au bout d’un mois. Les générations suivantes ont emboité le pas jusqu’aux plus jeunes qui ont fait le choix de rester à Tarbes malgré le départ de beaucoup de copains des Espoirs ou des Crabos. D’autres séduits par ce mouvement sont venus d’autres horizons notamment sept militaires pour atteindre ce chiffre improbable au départ de plus d’une soixantaine de joueurs âgés de 18 à 36 ans. « L’avantage, c’est que je n’ai fait qu’un club et qu’en 25 ans j’ai vu beaucoup de joueurs passer avec qui je suis resté en bons termes et certains sont devenus des amis. J’ai aussi appelé tous les anciens entraîneurs de l’Association et de la Formation qui étaient passés dans le club pour avoir une petite liste de joueurs à contacter. J’ai rencontré beaucoup de personnes qui voulaient aider. »
Propos recueillis par Jean-Jacques Lasserre
