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À l’Assemblée nationale, le thermalisme défendu comme pilier de santé publique
lundi 15 juin 2026, par
Déremboursement, prévention, territoires : ce que révèle la 3e Journée parlementaire du Thermalisme
Réunis le 27 mai 2026 à l’Assemblée nationale, élus, scientifiques, patients et professionnels ont rappelé la place essentielle du thermalisme dans la santé publique. Entre évaluation scientifique, enjeux de prévention, efficacité médico‑économique et rôle territorial, cette 3e Journée parlementaire du Thermalisme a mis en lumière un secteur à la croisée des politiques de santé et d’aménagement du territoire.
La 3e Journée parlementaire du Thermalisme, organisée pour la première fois à l’Assemblée nationale par le député socialite des Hautes-Pyrénées Denis Fégné, a réuni plus d’une centaine de participants autour d’un objectif clair : replacer la médecine thermale dans le débat public sur la santé, la prévention et l’accès aux soins.
« Plus de 471 000 patients suivent chaque année une cure thermale conventionnée » et « près d’un curiste sur deux réduit sa consommation médicamenteuse après une cure » .
Une évaluation scientifique attendue
Le Dr Cédric Carbonneil (HAS) a détaillé la méthodologie d’évaluation des cures thermales, précisant qu’elles ne seraient « ni évaluées comme un médicament, ni comme l’homéopathie » mais selon une approche adaptée aux pratiques de soins. Les premières conclusions ne sont pas attendues avant 2027, un calendrier qui a suscité de nombreuses interrogations quant au risque de décisions politiques anticipées.
Les patients au centre
Les témoignages ont rappelé l’impact concret des cures sur la qualité de vie : autonomie retrouvée, diminution des douleurs, lutte contre l’isolement, déprescription raisonnée. Une représentante de patients évoque même une « perte de chance dramatique » en cas de déremboursement pour les personnes atteintes de lymphœdème.
Une efficacité médico‑économique documentée
L’économiste Guillaume Moukala Samé a présenté des travaux montrant que les cures thermales offrent un rapport coût‑efficacité comparable, voire supérieur, à certains traitements conventionnels, notamment pour l’arthrose, la fibromyalgie ou les douleurs chroniques. Les cures contribuent aussi à réduire la consommation d’antalgiques et d’anti‑inflammatoires, générant des économies significatives pour l’Assurance maladie.
Un enjeu territorial majeur
Les élus locaux ont rappelé que plus de 70 % des communes thermales comptent moins de 5 000 habitants. Le thermalisme y soutient l’emploi, l’offre de soins et l’attractivité médicale. Un déremboursement brutal fragiliserait des territoires déjà vulnérables.
Vers une vision globale du thermalisme
Au fil des échanges, un consensus s’est dégagé : dépasser une lecture strictement comptable pour intégrer les bénéfices sanitaires, sociaux et territoriaux. Comme le souligne le Pr Christian Hérisson, « le thermalisme doit continuer à démontrer scientifiquement sa place dans le parcours de soins, mais il apporte déjà des réponses concrètes à de nombreux patients ».
Cette édition marque une étape importante dans la reconnaissance institutionnelle du thermalisme, à un moment où se joue son avenir dans les politiques de santé publique.

