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Municipales/ Une inauguration transformée en offensive politique : le discours coup‑de‑poing d’Éric Peyrègne
dimanche 15 février 2026, par
Il y a des inaugurations qui ressemblent à des moments de convivialité, et d’autres qui prennent des allures de mise en garde. Ce samedi 14 février 2026, à l’ouverture de la permanence de la liste « Tarbes, le temps du changement », Éric Peyrègne a choisi la seconde option. Devant ses soutiens, il a livré un discours offensif, parfois brutal, où les attaques ciblées ont occupé autant de place que les annonces programmatiques.
Dès les premières minutes, le ton est donné : « On n’est pas dans l’illusion, on n’est pas dans les belles promesses, on est dans l’action », affirme-t-il. Une entrée en matière qui sert de rampe de lancement à une longue série de piques adressées à ses adversaires, à la majorité sortante, et même au préfet.
Sécurité : le thème‑bélier
Le candidat fait de la sécurité son cheval de bataille, mais aussi son arme rhétorique. Il rappelle avoir annoncé le renforcement de la police municipale, avant de dénoncer ceux qui l’auraient accusé de « fantaisiste » et qui, selon lui, plagieraient désormais son programme. Il cite même une vidéo tournée de nuit dans un quartier sensible, devenue virale : « plus de 300 000 vues », dit-il, comme une preuve de sa capacité à « montrer la réalité ».
Le préfet en prend pour son grade, accusé de multiplier les « opérations de communication » en réaction à cette séquence. « Monsieur le préfet, que ça vous plaise ou non, je serai le futur maire de Tarbes », lâche-t-il en conclusion, dans une adresse directe rarement entendue dans une campagne municipale.
Règlements de comptes en série
Le discours est aussi l’occasion de régler des comptes personnels et politiques. Les adversaires sont nommés, parfois raillés, souvent accusés d’incompétence ou d’opportunisme.
L’un des passages les plus virulents vise une élue se présentant comme spécialiste de la santé : « Elle a demandé à Renaissance d’être investie… puis au Rassemblement national… et aujourd’hui elle est sur la liste de M. Garnier ». Une manière de dénoncer ce qu’il appelle « des illusions » et de se poser en candidat de la constance.
Même traitement pour les projets immobiliers ou commerciaux de la majorité sortante, qualifiés de « non chiffrés », « irréalistes » ou « dangereux pour les finances publiques ». Il cite un exemple précis : l’achat d’un immeuble 100 000 euros, revendu « un euro » deux ans plus tard, selon lui, pour illustrer l’« incapacité » de la municipalité à gérer des opérations immobilières.
Une équipe déjà prête à gouverner
L’autre axe du discours consiste à marteler que son équipe serait prête à prendre les rênes dès le 23 mars. Il annonce déjà un directeur général des services, un chef de cabinet, un directeur du marketing territorial « au carnet d’adresses riche ». Une manière de se distinguer de ses concurrents, qu’il accuse de naviguer à vue.
Il promet également le retour d’enseignes commerciales, d’un centre d’imagerie médicale en centre-ville, d’une grande enseigne culturelle, d’un cinéma, et même la construction d’une nouvelle salle sportive l’ARENA, présentée comme un projet structurant.
Sport : un terrain de reproches
Le sport professionnel tarbais occupe une place importante dans son intervention. Il accuse plusieurs élus d’avoir laissé dépérir les clubs historiques : « Ils ont eu le pouvoir de laisser disparaître le TGB », affirme-t-il. Il promet de « sauver » le Stado, dont la situation financière serait « compliquée », et de lui offrir un avenir dans une nouvelle structure.
Un appel aux électeurs RN et UDR
Enfin, Éric Peyrègne s’adresse directement aux électeurs qui avaient voté pour sa famille politique lors des européennes et des législatives : « Ils étaient plus de 6 000 à s’être rassemblés sous nos couleurs ». Il les exhorte à se mobiliser dès le 15 mars pour « le tour du changement ».
Un discours de campagne… ou un discours de combat ?
Cette inauguration n’aura pas été un moment de consensus, mais un moment de confrontation assumée. Le candidat a choisi de galvaniser ses troupes en désignant des adversaires, en dénonçant des « illusions », en promettant des ruptures nettes. Le registre est celui d’un homme persuadé que la victoire est à portée de main, et qui veut imprimer l’idée qu’il serait le seul capable de « réveiller » Tarbes.
Reste à savoir si cette stratégie de tension séduira au-delà de son camp. Mais une chose est sûre : la campagne tarbaise vient de changer de température.
