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Philippe Rancoule fait le point à la radio Béarn-Bigorre
lundi 9 février 2026, par
Directeur Général salarié et Président par intérim du Stado-TPR, Philippe Rancoule était l’invité d’Ici Béarn-Bigorre la semaine dernière. Au cours de cette émission radio il est revenu sur l’intersaison, sur les résultats depuis le début de la saison, sur l’état d’esprit du staff et des joueurs, sur le budget et la situation financière du club, sur l’avenir du rugby en Bigorre.
Les raisons de la réclamation contre Bourgoin
Mais en préambule, il a expliqué les raisons de la réclamation déposée à l’issue du dernier match perdu à Bourgoin (15-10) qui sera examinée ce mercredi 10 février. Pour rappel, à la suite du carton jaune du demi-de-mêlée Dufau (45ème) son remplaçant Rimet est entré sur le terrain sans qu’aucun berjallien ne sorte comme l’exige le règlement pour maintenir la parité à 14. « Ils ont continué à jouer pendant quelques minutes à 15 » relate Philippe Rancoule qui reproche au Délégué d’avoir arrêté le jeu alors que les Tarbais (qui venaient de remonter le ballon sur une quarantaine de mètres) « étaient en position de marquer. » Pour le Président, c’est avant tout une question de respect du règlement et du respect du club. « On est dans un niveau professionnel et on se doit d’être professionnel dans tous les niveaux. C’est aussi pour le fait d’être respecté qu’on a fait cette notification. » Pour avoir dit à un arbitre « que Tarbes était arbitré comme une petite équipe » Philippe Rancoule a pris trois matchs de suspension.
Le plus petit budget de Nationale
Puis le Président Directeur Général est revenu sur cette saison « cauchemardesque » avec seulement deux victoires en dix-huit rencontres et seize défaites dont sept à domicile. Avec 1,8 M€ Tarbes est de loin le plus petit budget de Nationale alors que celui du prochain adversaire Marcq-en-Barœul est de 2,86 M€… Bourgoin (4,6 M€), Suresnes (3,5 M€) malgré leurs budgets ont longtemps joué pour le maintien. C’est dire si la tâche des Tarbais était compliquée. Car la masse salariale est calculée en fonction du Budget Prévisionnel annoncé en début de saison. Au niveau de recrutement cette différence joue sur le nombre et la qualité des joueurs recrutés qui peuvent venir de Pro D2 voire du Top 14. « Il est difficile d’avoir un effectif conséquent pour jouer ce championnat qui est de plus en plus dur » confirme Henri Rancoule qui rappelle que l’effectif tarbais est à majorité composé de jeunes joueurs,qui souligne que l’équipe qui a joué contre Bourgoin avait 23 ans de moyenne d’âge.
Rien à dire sur l’implication
Le Président rappelle aussi le nombre important de blessures qui ont touché le club et qui peuvent en partie expliquer certains résultats. « Certaines blessures ont été conséquentes puisque c’était celles de cadres. » Dans un championnat de plus en difficile qui se joue parfois sur des détails, l’absence de joueurs expérimentés ou confirmés peut peser lourdement. « Ils ont été remplacés par des jeunes qui apprennent à jouer et à s’aguerrir à ce niveau-là. » D’autant que ces équipes, qui ont un banc supérieur à celui des Bigourdans, font la différence dans la dernière demi-heure. « On a perdu des matchs de peu, on a tenu des scores jusqu’à la 50ème ou 60ème minute et après la densité physique a fait beaucoup. » Philippe Rancoule défend le travail de ses hommes. « On ne peut pas dire aux joueurs qu’ils ne sont pas préparés, qu’ils ne sont pas entrainés, on ne peut pas dire au staff qu’ils n’ont pas tout donné, parce qu’ils ont donné le maximum. » Et de rappeler les matchs qui se sont joués sur des riens, que ce soit pour une victoire ou des points de bonus qui auraient été mérités. « On ne peut pas revenir en arrière, mais sur l’effectif des joueurs et sur la qualité du Groupe de Flo Lamothe, on n’a rien à dire sur leur implication. » Le Président qui assiste pratiquement à tous les entrainements et qui fait tous les déplacements assure. « Je sais que les entraîneurs étaient là à 6 h du matin et qu’ils terminaient à 17 h le soir. Je sais que les joueurs venaient à l’entrainement à 8 h pour se préparer, que les joueurs étaient assidus aux entrainements. »
Des difficultés liées au contexte économique et politique
Cette année Philipe Rancoule a dû jongler avec un petit budget, qui outre la composition du staff et de l’effectif, pèse sur l’organisation interne, sur les déplacements, sur le réceptif. Le DG dès son arrivée a mis l’accent sur le réceptif vieillissant et s’est attaché à le rénover et à le rendre plus convivial, avec l’aide des bénévoles qui se sont investis durant les vacances estivales. Malgré ces efforts et une nette amélioration du réceptif (Bodéga, Salon VIP, Chapiteau) les mauvais résultats (avec une sévère défaite contre Nice lors du 1er match) n’ont pas aidé, tant dans la fréquentation du stade, que pour attirer des partenaires. Si Philippe Rancoule assume son rôle de Directeur Général, il clame toujours qu’il est prêt à céder la Présidence qu’il occupe officiellement pour des raisons règlementaires depuis cet Eté. Pour lui les problèmes qui touchent le Doyen des clubs bigourdans ne datent pas d’aujourd’hui. « Il y a toujours eu les faits divers dans la presse des péripéties du Stado. » Sauf que dans ces moments compliqués, les Collectivités (Département, Mairie, CCI), toutes tendances politiques confondues, se mettaient autour d’une table pour chercher des solutions ou qu’un chef d’entreprise reprenait le flambeau. Philippe Rancoule a rappelé le lourd contexte économique national et local qui rend difficile la construction d’un budget même minimaliste et l’enjeu des Municipales au plan tarbais. « On est dans une période électorale qui peut parfois créer des incompréhensions ou des influences à l’extérieur du club. Certaines portes nous ont été fermées, il ne faut pas le cacher, pour des raisons qui ne relèvent pas du sport. » Mais le Président se refuse à donner des précisions mais assure : « C’est la réalité du moment. Nous l’abordons avec calme et lucidité pour terminer cette saison. » Il y a quelques mois il nous avait confié. « J’ai cherché du soutien, tenté de me rapprocher de certaines figures influentes. Je n’ai jamais demandé un chèque en blanc. Ce que je voulais c’est qu’on m’aide à construire, à ouvrir des portes, à fédérer autour d’un projet. Ces démarches n’ont pas toujours été suivies d’effet et je le regrette. »
Des relations compliquées avec la Presse
Depuis sa relégation financière de Pro D2 en 2016, le club a perdu de son aura. Antoine Nunes qui avait, (avec les partenaires et la participation des supporters), évité le dépôt de bilan, a laissé le club à Lionel Terré après avoir soldé les dettes sous son mandat. Malgré ses promesses de remonter en Pro D2 en trois ans, le nouveau Président, malgré ses investissements n’a pu, faute de partenaires, présenter un budget à la hauteur de ses ambitions. Depuis une dizaine d’années le club n’a cessé de péricliter, luttant chaque année pour se maintenir faute de budget conséquent. La démission de Lionel Terré a fragilisé encore plus le club et son image au point qu’aucun partenaire ou chef d’entreprises n’a voulu lui succéder à la Présidence. Une image abimée, selon Michel Rancoule par la « Presse. » Dès le début de saison le nouveau Président, a voulu instaurer un nouveau rapport avec la Presse, lui interdisant de prendre des photos lors des entrainements et de parler aux joueurs. Du coup cela n’a pas amélioré les relations et à même nui à la confiance d’autant que toute la communication était verrouillée. Le choix des entraineurs et des joueurs, pour les conférences de Presse d’avant et d’après-matchs, était exclusivement réalisé par le club. Des conférences de Presse qui ont très vite été vidées de leur sens avec les mauvais résultats qui s’enchainaient et un discours qui tournait en rond. D’où des questions, mal comprises ou incomprises parce qu’elles allaient à contre sens du discours interne, sorte de méthode Couet, qui ne coïncidait pas avec la situation sportive réelle.
Rassembler les clubs bigourdans autour d’un projet
Philippe Rancoule, lui-même Champion de France du Groupe B en 1995 avec Lourdes, a porté le maillot Tarbais tout comme son père Henri, (international, quintuple vainqueur du Tournoi des V Nations et triple Champion de France avec le FCL), et il a l’ADN du rugby chevillé au coeur. Il a connu, Bagnères, Lannemezan, Lourdes et Tarbes au plus haut niveau avant l’avènement du Professionnalisme qui a précipité la disparition rugbystique des villes moyennes au détriment des villes métropoles. Dès son arrivée, il a tenté de passer au-dessus des anciens clivages pour sauver le rugby en Bigorre. « Je crois qu’on a compris tous qu’il fallait qu’on discute entre nous, c’est ce qu’on est en train de faire, et préparer des projets d’avenir. Parce qu’on a besoin de chacun et qu’on a besoin d’un grand club dans les Hautes-Pyrénées. » Pour lui l’avenir passe « par un club plus lisible, plus ouvert et plus rassembleur » notamment au niveau des Jeunes. « On a besoin d’avoir la Formation tarbaise qui soit toujours au plus haut. Il faut savoir que sur le Territoire, il y a 130 joueurs dans les clubs autour de Tarbes qui sont issus de la Formation tarbaise. » Au-delà du rapprochement avec le Stade Bagnérais, le FC Lourdes et le CA Lannemezan, Philippe Rancoule prône pour la continuité des relations avec la Section Paloise. Si des jeunes équipiers premiers comme Fabien Brau-Boirie (20 ans), Clément Mondinat (22 ans) ou Hugo Parrou (22 ans), tous internationaux U18, U20, sont passés par la Formation tarbaise, Pau a aussi prêté plusieurs joueurs ces dernières années comme Jimi Maximin devenu international cette saison.
Faire le maximum et relever la tête
Depuis la défaite contre Bourg-en-Bresse, la 12ème de rang et la 7ème à domicile, le club a acté la descente en Nationale et prépare l’avenir pour rebondir au plus vite. « On souhaiterait qu’on soit au plus haut et pour ça le club a besoin de se transformer, le club a besoin de s’ouvrir, le club a besoin d’être performant sportivement bien sûr mais aussi d’être exemplaire dans son rôle territorial. » Si Stéphane Ducos a annoncé son retrait à la fin de la saison, Philippe Rancoule, dont le contrat de DG se termine fin juin, ne connait pas son avenir mais il assure. Ce qui est sûr, c’est que je donnerai, comme Steph Ducos, le maximum pour notre club. Moi, je travaillerai jusqu’au dernier moment. » Philippe Rancoule est persuadé que ses joueurs feront de même. « Les joueurs vont tout donner et faire le maximum. On a vu à Bourgoin un état d’esprit remarquable sur le terrain. Les joueurs étaient prêts à l’entrainement cette semaine après quelques jours de repos. Je sais que les joueurs vont tout donner au maximum pour relever la tête et pour montrer qu’on est peut-être la petite équipe, peut-être qu’on n’avait pas les moyens pour être en haut de l’affiche mais on aura tout donné et on aura surtout mouillé le maillot. J’ai confiance en la bande à Flo pour relever la tête.
L’importance du réceptif
Le Président veut aussi préparer la prochaine saison. « Le but est de préparer quelque chose pour aider le club à se relancer et à repartir. » Interrogé sur le serpent de mer du Stade et de sa piste d’athlétisme Philippe Rancoule a répondu. « Tout le monde en est conscient, on a besoin maintenant d’avoir un Stade aux normes du rugby professionnel si on veut être professionnel. » Pour lui l’important reste l’accueil du public. « Le réceptif ne passe pas devant le sportif mais n’est pas loin du sportif. On a besoin que nos supporters aient une bonne assise, une bonne visibilité, que nos partenaires soient bien reçus, qu’ils peuvent recevoir aussi. » Le temps où les supporters venaient avant tout pour assister au match et boire quelques bières est à présent révolu au plus haut niveau. Mais il ne faut pas oublier que les résultats priment avant tout pour attirer le public dans les stades qu’ils soient vétustes ou modernes.
Conserver les équipes jeunes au plus haut niveau
La priorité pour Philippe Rancoule, dont le fils a joué au Stado jusqu’en Espoirs, c’est de maintenir les équipes Jeunes au niveau National pour affronter des clubs qui évoluent au haut niveau, comme Pau ou le Stade Toulousains quitte à voir ses meilleurs Cadets ou Crabos partir avant d’intégrer les Espoirs et jouer avec l’équipe fanion. « On doit avoir des équipes jeunes que ce soit en Cadets ou en Juniors qui jouent contre la Section Paloise parce que ça permet de sortir des joueurs qui, peut-être, passeraient à côté d’une carrière. » Le rapprochement, dès les Jeunes, avec des clubs bigourdans porte ses fruits à l’exemple des Minimes actuels M14 qui vont disputer le Super Challenge qui rassemble les 25 meilleures équipes françaises. « L’entraineur Christophe Gasca a su fédérer autour de lui des clubs à côté, que ce soit Lannemezan, Pouyastruc, Lourdes, Bordères, je crois et j’en oublie. »
Réfléchir autour d’une table si on veut voir du rugby professionnel ou pas à Tarbes
Des joueurs qui tout au long de la saison, malgré les galères, n’ont jamais baissé les bras et ont toujours donné le meilleur d’eux-mêmes. « Les joueurs qui se sont trouvés sur le stade de Trélut ou sur des stades à l’extérieur, ont toujours mouillé le maillot rouge et blanc du Stado. » Une situation due à un budget qui n’est pas en adéquation avec ceux de la Nationale. « Tout le monde est conscient des difficultés qui sont là. Il va falloir peut-être réfléchir autour d’une table si on veut voir du rugby professionnel à Tarbes ou pas. Je crois qu’on en a besoin parce qu’on est une terre qui a une belle histoire, qui a créé pas mal de joueurs, qui a amené pas mal de joueurs sous le maillot bleu de l’équipe de France. Il faut continuer à avoir des Brau-Boirie, des Mondinat, des Parrou, qui sortent du Stado. Il faut continuer à avoir cette Formation qui fasse que la Bigorre rayonne toujours.
Jean-Jacques Lasserre
