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Quand les routes s’embrasent : la colère des campagnes

samedi 13 décembre 2025 par rédaction

Dans la nuit du vendredi 12 au samedi 13 décembre 2025, les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées ont été secouées par une mobilisation agricole d’une ampleur rare. À l’appel des syndicats, près de 350 manifestants et 150 tracteurs ont envahi les axes majeurs, provoquant la fermeture des autoroutes A64 et A65.

Les actions ont pris une dimension spectaculaire : ballots de paille incendiés, pneus et déchets déversés, affrontements avec les forces de l’ordre, et même un incendie au rond-point de Lescar. Deux policiers ont été légèrement blessés, tandis que pompiers et gendarmes mobiles ont dû intervenir sous la surveillance d’un hélicoptère.

Une colère nourrie par la douleur

Au cœur de cette révolte se trouve la dermatose nodulaire contagieuse, maladie bovine qui bouleverse l’élevage local. La décision des autorités d’imposer l’abattage systématique des troupeaux touchés est jugée insupportable par les éleveurs. Pour eux, chaque bête représente bien plus qu’un chiffre : « Mes bêtes, c’est ma vie », répètent-ils avec gravité.

La tension avait déjà atteint son paroxysme après l’abattage de vingt bovins à Luby-Betmont. Ce geste brutal a déclenché une vague de colère et renforcé la conviction que seule une vaccination massive, accompagnée d’analyses ciblées et d’une surveillance vétérinaire renforcée, peut sauver les troupeaux.

Une solidarité inédite

Longtemps divisés, les syndicats agricoles – Confédération paysanne, FDSEA, Jeunes Agriculteurs, Coordination rurale et Union des paysans libres – ont trouvé un terrain d’entente inédit. Ensemble, ils réclament la fin des abattages généralisés et l’ouverture d’un protocole plus humain et plus efficace.

Dans les rues de Tarbes, les tracteurs ont défilé, les places se sont transformées en forums de débats houleux, et les accès à l’autoroute ont été recouverts de fumier et de lisier. A Lourdes, des blocages sur des axes routiers ont eu lieu vers 22h.

Une lutte pour l’avenir

Au-delà des gestes de protestation, c’est l’union syndicale qui marque les esprits. Une première dans le département des Hautes-Pyrénées, révélatrice de la gravité de la crise. Les agriculteurs entendent maintenir la pression jusqu’à obtenir un changement de protocole. Leur conviction est simple : seule une vaccination généralisée peut préserver leurs troupeaux, leur métier et l’avenir de l’agriculture locale.