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Le service gériatrique hautement dégradé

mercredi 30 novembre 2022 par Rédaction

Aujourd’hui, le pôle gériatrique du centre hospitalier de Bigorre traverse une crise sans précédent avec une situation qui s’aggrave de plus en plus. Cette situation plus que dramatique est pointée du doigt par la CGT du CHB.

Ce mardi, Jean-Marc Michaud, secrétaire CGT des hôpitaux Lourdes et Tarbes, Sylvie Minvielle, permanente CGT locaux de Tarbes et Wilfrid Zapparoli, secrétaire départemental CGT santé se sont adressés à la presse pour alerter de la situation des sites gériatriques.

« Nous arrivons au bout du bout d’une prise en charge catastrophique, et des conditions de travail déplorables. Nous ne pouvons plus répondre aux besoins de la population de nos ainés.

Aujourd’hui sur le site tarbais et vicquois, nous arrivons à une prise en charge dramatique avec les effectifs paramédicaux au plus bas, avec une démotivation et un écœurement de l’encadrement qui gère la misère.

Nous sommes obligés de mettre en place des plannings de douche, des plannings de levées, nous mettons aux résidents des produits d’incontinence de nuit en jour pour éviter certains passages, des apports hyper protéinés, les agents n’ont plus le temps de participer aux repas sans parler d’une hygiène structurelle déplorable et la direction qui a trouvé la solution de faire appel à des entreprises de nettoyage extérieures pour mettre à blanc les chambres des résidents. Quant au ménage dans les chambres, ce sont les familles qui le font en amenant tout le matériel nécessaire (seau, serpillères etc...)

Nous sommes dans une situation très grave. Nous nous devons de donner des soins corrects à nos ainés. Même la direction ne réfute pas nos propos », explique Jean Marc Michaud

« Nous avons alerté nos directions, ce qui n’a pas donné grand-chose, nous avons alerté l’ARS plusieurs fois sans réponse et quand on nous a répondu on nous a donné une réponse bateau, ils nous disent qu’ils nous suivent mais pour l’instant il n’y a pas de solution de recrutement, ce que nous avons du mal à entendre.

Que ce soit la direction, l’ARS, tous ceux que l’on alerte nous font entrevoir la difficulté de recrutement, nous l’entendons mais nous n’arrivons pas à croire que l’on ne peut pas recruter. Nous avons eu l’exemple cette semaine, à la demande d’un président de Communauté de communes avec l’accord d’un membre de la direction, via ses réseaux de mettre des postes à pourvoir et en une semaine nous avons eu 13 dépôts de candidatures qui sont arrivés. Nous nous posons la question y a-t-il quelqu’un qui fait blocage quelque part ? Puisque la direction nous dit que nous ne pouvons pas recruter par manque de candidature, nous sommes très inquiets et tout le monde ne joue pas le jeu dans la recherche de personnel.

Si les sites gériatriques géraient les ressources humaines en interne ça ouvrirait plus de possibilité de recrutement  », poursuitsecrétaire CGT des hôpitaux Lourdes et Tarbes

La CGT centre hospitalier de Bigorre a pris la décision de faire un signalement au procureur de la République en expliquant l’état cataclysmique du pole gériatrique car tout le monde va être en danger d’un moment à l’autre, le personnel comme les résidents et des patients.

Sylvie Minvielle précise que le signalement auprès du procureur de la République est un signalement pour protéger les usagers qui sont des résidents qui vivent dans ces structures pour personnes âgées. « Nous nous devons de les protéger, il faut que la population soit également au courant de ce qui se passe .En parallèle, il s’agit aussi de protéger les personnels qui y travaillent car avec le glissement de tâches qui est imposé par le manque de moyens humains, tout le monde se retrouve à faire beaucoup de chose jusqu’à l’épuisement. Nous sommes dans un cercle vicieux alors que dans la prise en charge humaine de soins, on devrait être dans un cercle vertueux, c’est intolérable ».

Wilfrid Zapparoli enchaine : « Nous attendons du procureur de la République qu’il nous sollicite pour que l’on puisse avec les personnels lui expliquer ce qui se passe réellement sur ces sites de gériatrie et s’il doit mener une enquête qu’il le fasse. Le procureur doit aussi avoir un rôle à jouer.

Nous sommes sur de la maltraitance institutionnelle vis-à-vis des résidents (précision ce ne sont pas les personnels qui maltraitent les résidents durant leur travail c’est dans l’organisation que la maltraitance se trouve). Nous fonctionnons par des glissements de taches par des ASH qui sont propulsées à faire des taches d’aides soignantes qui n’en n’ont pas le statut ni les compétences ».

Sur le site de l’Ayguerote il n’y a pas de lit fermé mais quand les personnes partent il n’y a pas d’autres entrées.

Sur le site de Vic en Bigorre, 19 chambres sont libres mais ne rouvriront pas par manque de personnel.

Sur les deux sites gériatriques, il y a un manque de 20 équivalents temps plein.

« Tout le monde reconnaît qu’il y a un problème, mais que fait-on ? », conclut la CGT qui s’inquiète.

Saisir le procureur de la République est une première. S’il n’y a pas de suite, une plainte peut être déposée, précise le syndicat.

Nicole Lafourcade