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Dax-Tarbes, samedi à 19h00 au Stade Boyau

vendredi 16 octobre 2020 par Rédaction

Les anciens joueurs sont à la tête du club

Benoît August, ancien joueur de haut niveau, a été quatre fois champion de France avec le Stade Français en 2003 et 2004 et avec Biarritz en 2005 et 2006 et international avec l’équipe de France et les Barbarians français et britanniques. Il a aussi perdu deux finales de Coupe d’Europe et remporté le challenge Européen avec le BO. L’ancien talonneur a entraîné Biarritz (2014-2016), puis Tyrosse 2016-2018 avant de rejoindre Dax, le club de ses débuts, comme conseiller du Président Gilbert Ponteins. Depuis 2019, il est le nouveau président de l’US Dax où il a débuté sa carrière de joueur en 1998. C’est avec Didier Lacroix, du Stade Toulousain, le seul Président de club professionnel, qui a joué au rugby à haut niveau. Comme Toulouse, la force de Dax, c’est la présence des anciens joueurs à la tête du club, comme entraîneurs ou Présidents. Dès 1927, le Président Abel Guichemerre était un international, tout comme Paul Lasaosa 1979-1988, Jean-Pierre Bastiat 1990-1995, Jean-Patrick Lescarboura 2001-2002 et Benoît August depuis deux ans. Tous les autres Présidents dacquois ont porté le maillot du club, à l’exception de Gilbert Ponteins, le patron du Groupe Thermal de 2002 à 2013 et de 2018 à 2019. D’autres internationaux, comme Pierre Albaladejo et Jean-Louis Bérot, ont été Présidents de l’Omni-Sports de l’US Dax.

Entretien avec Benoît August, le Président dacquois

Plusieurs générations d’anciens joueurs s’impliquent au club

Arrivé de Tyrosse pour restructurer le club, Benoît Auguste s’est retrouvé Président de la SASP. « C’est dû à un concours de circonstances, le Président Gilbert Ponteins, a fait appel à moi pour un projet sportif. La saison s’est bien passée et il m’a proposé la Présidence. » Soutenu par les principaux sponsors et les anciens joueurs du Conseil d’Administration, l’ancien talonneur a accepté un poste déjà occupé par son père à la fin des années 90. Un poste qui réclame une certaine aura mais qui entraîne d’autres responsabilités que celles d’un Manager. « On a une certaine légitimité pour parler du sport mais ensuite le rôle de Président, c’est celui de la gestion d’une petite PME. On est relativement loin du sportif et du rugby. On travaille beaucoup mais pas forcément sur les valeurs du jeu. » Benoît August renoue avec une tradition dacquoise, celle de l’implication des anciens joueurs dans le club. « Il y a des anciens joueurs, dans le giron du club, à tous les niveaux. Je parle de l’Ecole de Rugby, en passant par les Cadets, les Juniors où les anciens joueurs sont entraîneurs. Il y a plusieurs générations qui s’impliquent autrement. C’est vrai que quand on est passé par Dax, ça fait toujours plaisir de revenir. »

Ne pas dépenser l’argent que l’on n’a pas

C’est peut-être cet amour du maillot qui engendre une gestion raisonnable qui a permis au club de ne jamais avoir connu des soucis financiers. Dax s’est mis en difficulté sportive avec des recrutements raisonnables mais cette prudence lui a permis d’éviter trois relégations sportives avec des clubs mieux classés mais qui ont été relégués financièrement. « C’est une tradition à Dax de ne pas dépenser l’argent que l’on n’a pas. On est toujours à la recherche de partenaires mais la volonté a toujours été de ne pas mettre le club en danger, en bons gestionnaires. » Mais à force de tirer sur la corde avec des effectifs réduits, les Dacquois ont été relégués en Fédérale 1 pour la première fois de leur histoire. Avec un budget de moins de 5 M€ en Pro D2, Dax qui était à 1,7 M€ en Fédérale 1, reste un des plus petits budgets de Nationale avec 2 M€. Un budget « réaliste » compte tenu de la crise économique liée au Covid 19 et de l’obligation de se renforcer sportivement, pour jouer à l’échelon de la Nationale. « On fait partie des petits budgets de Nationale, c’est vrai. On a toujours cette image de club historique mais budgétairement, on fait partie des « petits » clubs de Nationale. » Avec une masse salariale qui est fonction du budget, Dax doit composer avec un effectif réduit d’une vingtaine de seniors complété par une douzaine d’Espoirs.

On fait les mêmes budgets avec une Division au dessus

Cette Nationale, si elle a le parfum de la Pro D2 au niveau de clubs historiques comme Albi, Bourgoin, Narbonne, Tarbes, Nice, voire Chambéry, Bourg-en-Bresse, Massy ou Aubenas, elle n’en a pas les mêmes moyens financiers sans les aides de la Ligue et de la TV. Les clubs de Nationales ont les mêmes charges mais pas les mêmes recettes que les clubs de Pro D2. « Au niveau des aides, il n’y a rien du tout, hormis une aide de la Ligue de 50 à 60 000 € par club, qui doivent être dédiés aux Centre de Formation. Pour le reste, on n’a rien puisqu’il n’y a pas encore de télévision. Donc on fait avec les mêmes budgets avec une Division au dessus. » Pour l’ancien talonneur, cette Nationale n’a pas le niveau sportif de la Pro D2. « Le niveau est monté par rapport à la Fédérale 1 de l’année dernière. Là, il n’y a pas de petites équipes, il y a des matchs compliqués tous les week-ends, ça c’est sûr. Mais le niveau est très, très, loin de la Pro D2. Je suis quasiment assuré de dire que si une équipe de Nationale monte en Pro D2, sans changer son effectif, elle redescend en suivant. » C’est certainement moins vrai pour des équipes comme Albi et Bourg-en-Bresse, qui ont déjà un effectif bâti pour la Pro D2 ou Nice et Bourgoin, qui ont anticipé en effectuant un large et solide recrutement en vue de la montée. Mais c’est vrai, que tous les autres clubs n’ont pas l’effectif et encore moins les moyens financiers, à l’exception peut-être, de Massy et Narbonne. La force de Dax, par rapport à d’autres équipes, c’est d’avoir su ou pu conserver la grande majorité de son effectif et de l’avoir renforcé de joueurs expérimentés. « C’était le projet, sur deux ou trois ans, depuis que Ponteins m’avait fait revenir. On voulait faire évoluer nos jeunes du Centre de Formation. Sur la première année en Fédérale 1, on a 17 joueurs du Centre de Formation qui font la saison en première et on se qualifie en phases finales. Le but, c’était de les faire progresser, de continuer à leur faire engranger de l’expérience. Avec la création de la Nationale, la stratégie a changé et on est allé chercher des joueurs expérimentés de Pro D2. »

On ne savait pas où on allait au niveau du budget

Heureusement, le club peut s’appuyer sur un vivier important de joueurs issus du Centre de Formation, qui restent fidèles à ses couleurs. La création de la Nationale a obligé le club à changer sa politique basée sur les jeunes, pour se renforcer avec des joueurs confirmés de Pro D2. « La création tardive de cette Nationale nous a obligés à changer notre fusil d’épaule », avoue le Président qui aurait préféré attendre l’après Covid. « Après concertation, avec les membres du club, on n’était pas trop pour cette Nationale cette saison. J’aurais préféré qu’elle arrive la saison prochaine, parce qu’on ne savait pas où on allait au niveau du budget. On ne savait pas comment ça allait se passer, on n’avait pas encore repris le recrutement. » La jauge des spectateurs ne devrait pas trop impacter l’USD selon le Président. « On n’a pas un budget qui est assis énormément sur la billetterie et là-dessus, on n’est pas pénalisé outre mesure. » Mais où le bât blesse, c’est au niveau des dépenses, avec le jumelage des Espoirs en lever de rideau qui décuple les frais avec la formule Nationale. En fédérale 1, avec des Poules Géographiques, c’était idéal mais pas en Nationale. « On avait une Poule Régionale, avec des grands clubs de rugby comme Saint-Jean-de-Luz, Tyrosse, Anglet…, qui aurait été très bénéfique avec la politique, mise en place de faire évoluer les jeunes et de faire de la formation. Du jour au lendemain, on doit aller à Nice, à Suresnes, à Aubenas… Notre club le plus proche, c’est Tarbes. »

Jouer les six premières places, reste un objectif

A cause de son match reporté contre Narbonne, Dax n’a rencontré qu’un gros Albi où il s’est incliné 21-6 et a gagné contre Dijon 17-6 et a créé la surprise à Blagnac 13-19. Un bon début de saison qui redonne des ambitions aux Landais. « Soyons clair, la progression était quasiment linéaire depuis deux ans et si on était resté sur le même format, on aurait envisagé de jouer la montée. En arrivant dans cette Nationale, je ne veux pas faire de langue de bois, mais personnellement, je ne savais pas quel niveau ça allait avoir. Il y a deux ans, on a rencontré une équipe comme Rouen, qui marchait sur la Fédérale 1 et qui avait quasiment un niveau de Pro D2. On s’est rendu compte, que l’année d’après, ils n’ont pas gagné un match. C’est significatif de la différence, qu’il y a entre la Fédérale 1 et la Pro D2. Maintenant qu’on est dans cette Poule, j’attends de voir le niveau. Il y a des clubs comme Massy, Narbonne, qui veulent monter et qui, pour l’instant, ont perdu des matchs et ont perdu à domicile. Nous, on a bien fait d’aller gagner à Blagnac sur le premier match et ensuite, on a bien digéré la venue de Dijon. A Albi, avec un carton rouge au bout de quinze minutes, on a l’impression qu’on est peut-être au niveau. Jouer les six premières places, ça reste un objectif. »

Des retours contre Tarbes

Compte tenu de son premier match annulé, Dax a pu aligner à Blagnac et contre Dijon, ses meilleurs joueurs du moment, avec un seul changement dans le Groupe et deux rotations dans l’équipe. A Albi, le staff avait effectué cinq changements et deux rotations mais le Président assure n’avoir pas fait d’impasse. « On a joué, surtout sur ce premier bloc de trois matchs, avec toutes nos forces. On a joué avec tous les meilleurs joueurs qu’on pouvait avoir et avec la stratégie qui a été mise en place par les entraîneurs pour pouvoir gagner, ces droits trois matchs qu’on avait ciblés. » L’ex-talonneur reconnaît que le calendrier va devenir de plus en plus exigeant et que ce bloc pourrait être un tournant entre les « gros » et les « petits ». « Par contre là, sur un bloc de cinq matchs, ce qui va faire la différence, avec les grosses équipes c’est qu’elles ont un effectif bien plus grand. » De plus Dax n’a pas été épargné par le Covid, qui a ralenti sa progression et par des absences, qui ont nui au rendement de l’équipe. « On a quelques blessés au niveau de la première ligne et des joueurs qui sont en réparation, qu’on espère récupérer assez vite. » Auzqui, Pilati, Garouteight, Aletti, Lilomaiava, étaient absents à Albi, alors que Delaï, Dias, Reteau, Lomidze, Lespiaucq, faisaient leur entrée. Kelenjeridze, l’expérimenté pilier georgien de Montauban et l’ouvreur Curutchet (16 feuilles de matchs la saison dernière), n’ont toujours pas intégré le Groupe. La plupart de ces joueurs devraient réintégrer le Groupe pour rencontrer Tarbes à l’exception, peut-être, de Kelenjeridze, blessé sérieusement en début de saison et qui est en phase de reprise.

Tarbes a privé Dax d’un bonus

Tarbes, reste une référence surtout pour les Dacquois, même si ce n’est pas, à proprement parlé un derby, aux yeux de Benoît August. « J’ai joué, avec Biarritz, une quinzaine de matchs contre Bayonne et ça, ce sont de vrais derbys. Dans le premier sens du terme où les supporters Rouges et les Bleus vivent et travaillent ensemble toute la semaine et doivent le jour du match, choisir leur camp. Ces matchs ont une vraie saveur qui est vraiment délicieuse. Tarbes, c’est le plus court déplacement et ça reste deux clubs historiques. Quand on me parle de Tarbes, même si je n’étais pas né, j’ai de suite en tête la finale de 1973, qui prive encore Dax d’un Brennus. Dans cette composition d’équipe, on a encore des joueurs de Dax, comme Jean-Pierre Bastiat, Jean-Pierre Lux, Bernard Trémont, Freicha…, qui sont aux manettes du club ou qui nous aident tous les jours. Ce sont des gens qui sont amoureux de ce club. »

Jean-Jacques Lasserre