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Agribashing : Les agriculteurs bigourdans montent au créneau

vendredi 26 juin 2020 par Rédaction

A la veille du dépôt de plainte des “pisseurs” volontaires suite à la présence dans leurs urines de glyphosate, les agriculteurs des Hautes-Pyrénées font entendre leurs voix. Hier après-midi, Christian Fourcade, président de la FDSEA et Nicolas Pébille, co-président des Jeunes Agriculteurs 65 sont montés au créneau. Ils dénoncent l’agribashing, « un procès que l’on ne mérite pas ». Christian Fourcade a aussi souligné l’opportunisme des politiques, prenant en exemple la signature de la pétition de la Ligue L 214 par un candidat lourdais aux municipales, « augurant une gestion qui fait peur »

Le communiqué

Agribashing : l’hypocrisie à la française !

Malgré les efforts constants en matière de bien-être animal et de bonnes pratiques agricoles, les agriculteurs sont harcelés, attaqués sur l’existence même de leur métier, avec des méthodes trop souvent illégales. Les reproches portés par des personnalités publiques et l’effet « choc » des vidéos trouvent un relais démesuré : recrudescence des émissions à charge, des articles, des posts … Et tout ça en toute impunité !

Cela est d’autant plus insupportable que durant la crise du COVID19 et la période de confinement les consommateurs français étaient plus ou moins privés des produits importés. Ils se sont donc rappelés de l’existence de l’agriculture française : ils ont adopté un nouveau mode de consommation en circuit court. Les Français sont de nouveaux allés dans les marchés, chez les producteurs et ont même répondu présent à l’appel du Gouvernement sur la pénurie de main d’œuvre agricole. Cet élan de solidarité envers l’agriculture nous a laissé espérer une prise de conscience de la part des consommateurs et de l’agro-alimentaire de la nécessité de nos agriculteurs dans notre pays.

QUE NENNI !!!!

Une fois le confinement fini et le retour des stocks dans nos supermarchés : glyphosate, bien être animal, harcèlement sont de nouveaux sur la table ! Nous remarquons que le monde « après COVID » est pire qu’avant cette crise. Nous vivons dans une ère où la délation, la diffamation et la dénonciation sont omni présentes. Durant la crise, les grandes surfaces faisaient l’apologie de la production française : soutien et incitation à la consommation locale. Dès que le déconfinement a été déclaré : les étals ce sont de nouveaux remplis de produits étrangers. Nos produits français sont une nouvelle fois oubliés et délaissés.

La violence verbale, sur les réseaux sociaux ou médiatiques est devenue physique, réelle. L’escalade de la violence est palpable, partout en France, sur toutes les productions et à l’encontre des sites et des agris eux-mêmes, commise par de multiples groupuscules mais aussi par des individus seuls qui se considèrent comme des justiciers.

L’Agribashing est dans l’air du temps. L’époque est aux discours anxiogènes et à des actions en justice, dont les médias sont friands. C’est devenu presque une mode. Casser du paysan ça fait le buzz… Les informations à charge rencontrent plus de succès que celles privilégiant la raison, la science et l’équilibre des points de vue. Ce vendredi, 60 « pisseurs de glyphosate » s’apprêtent à porter plainte au tribunal judiciaire de Tarbes contre les fabricants de pesticides et ceux qui autorisent leurs utilisations. Cette action ne cible pas directement les agriculteurs mais cela impacte encore une fois l’image du monde agricole et de ses pratiques alors qu’ils tendent à en diminuer l’utilisation. En matière agricole, ils n’ont pas de connaissances agronomiques et leurs arguments n’ont aucune valeur. Les secteurs de Tarbes et de Lourdes sont deux territoires complètement différents en matière agricole. Néanmoins, sur aucune terre nue vous ne verrez un agriculteur utiliser du glyphosate. Nous souhaitons rappeler que le meilleur désherbage est le travail du sol tel que le labour. C’est ce que privilégient les agriculteurs du département. La preuve en est, les Hautes-Pyrénées font partie des territoires les moins utilisateurs de produits phytopharmaceutiques en France en se classant 77eme sur 96. Il est vrai que le Laboratoire Biocheck propose ce test bon marché à 75€. Mais nous sommes troublés par le fait que celui-ci, avec le test ELISA, soit le seul laboratoire à trouver systématiquement 100% de résultats positifs. Aucune étude menée à ce jour dans le monde n’a abouti à des résultats impressionnant comme les leurs. Aujourd’hui, ce type d’ONG souhaite une agriculture avec 0 glyphosate. Cela est impossible, cette idée est idéologique et non scientifique. Il faut, en France, prendre plus de hauteur et assurer une agriculture plus compétitive ! Aujourd’hui, plus de 20% de la nourriture consommée est importée de pays étrangers. Or, nous n’avons aucune visibilité sur la leur manière de produire. Une grande partie de ces états n’ont pas de réglementation concernant l’utilisation d’OGM, d’hormones ou encore de produits phytopharmaceutiques… Nous notons même que dans certaines régions du monde, leur agriculture biologique équivaut à notre agriculture française conventionnelle.

Le glyphosate est essentiel pour les exploitations qui pratiquent l‘agriculture de conservation des sols et les alternatives sont souvent plus coûteuses, moins efficaces, et parfois même plus toxiques pour l’homme ou l‘environnement. Il est clair, toute fois, que ces exploitations devront apprendre à diversifier leurs pratiques de désherbage. Dépendre d’un seul pesticide ne peut pas constituer d’une stratégie durable. Malheureusement, la transition ne peut pas se faire du jour au lendemain.

Les actions militantes se déploient au sein des écoles. Le dernier exemple en date du livret pédagogique L214, distribué gratuitement à grand tirage dans les établissements scolaires, est à cet effet scandaleux. Nos enfants sont pris en otages par quelques activistes, parfois avec le soutien du corps enseignant. Mais ce n’est pas tout ! Le 18 juin 2020, le candidat en tête au premier tour dans la Ville de Lourdes a signé une Charte d’Engagement avec L214. Une atteinte de plus envers la profession. Ce futur potentiel maire recherche avant tout des arguments électoraux et opportunistes pour obtenir plus de voix… La ville de Lourdes est le centre historique de la Vallée des Gaves en matière d’élevage. L’impact d’un tel engagement de la part d’un candidat peut avoir de lourdes répercussions. Il passe outre les valeurs de son territoire.

Dans ce contexte malsain, heureusement les victimes gardent leur sang-froid. Mais la peur gagne la campagne. Les paysans ouvrent pourtant leurs portes, pour permettre le dialogue. Le métier de paysan évolue, il se professionnalise, se modernise sans cesse et fait de plus en plus appel à une technologie très pointue. Au-delà des mots et des intentions, nous avons besoin d’un soutien de gouvernement pour redorer l’image des paysans. Ils sont pourtant à la source de l’excellence alimentaire à la française. Nous avons besoin des autorités et des citoyens, pour protéger nos bâtiments, nos champs et notre profession ! Plus que jamais, nous nous tenons aux côtés des agriculteurs victimes de ces agissements et mettons tout en œuvre pour aider la profession agricole à affronter et surmonter cette ère de défiance infondée et révoltante !

Nicolas Pebille et Pauline Robert

Co-présidents des JA 65

Christian Fourcade

Président de la FDSEA 65