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Soirée des voeux du conseil départemental : le discours du président Michel Pélieu

samedi 11 janvier 2020 par Rédaction


Le calme retrouvé, la cérémonie des vœux a pu commencer. Le président Michel Pélieu a prononcé son discours. Ensuite, une surprise attendait l’assistance, comme c’est le cas chaque année. Chantal Bayet, la directrice générale des services, invitait les agents à chanter avec elle un des tubes de Yannick Noah « Ose », répondant en écho aux propos tenus par Michel Pélieu et pendant qu’était projeté un petit film où intervenaient les agents commentant leurs fonctions au sein de cette institution. Un numéro orchestré par Baptiste Maurel, directeur de la communication, connu pour sa fantaisie et devenu la mascotte du conseil départemental.

Le discours de Michel Pélieu

Mesdames, messieurs, Chers collaborateurs,

Au nom de tous les Conseillers Départementaux réunis ici ce soir, je vous souhaite une excellente année 2020 !

Le mois de janvier est, comme toujours, largement pris par les différentes cérémonies de vœux et par les échanges de vœux de toutes sortes.

Moi, en guise de message de vœux, cette année, j’ai choisi de faire un plaidoyer pour les territoires, un plaidoyer contre cette petite musique qui voudrait assigner les territoires ruraux au rang des territoires condamnés.

Aucun territoire n’est d’avance condamné.

Il n’y a pas de fatalité, pour aucun territoire.

C’est le Conseiller Départemental de l’ancien plus petit canton du Département qui vous le dit. Le développement territorial est possible partout.

Nous ne pouvons pas nous laisser enfermer dans cette vision cynique d’une France à deux vitesses :

  1. d’un côté : les métropoles, brillantes, gisement de la croissance, vitrines de la France, qui se développent et concentrent les emplois et les richesses ;
  2. de l’autre : les territoires ruraux, fardeaux de la République, condamnés à panser les plaies à coup de transferts sociaux.

Aider les personnes les plus fragiles ou celles qui connaissent des accidents de vie est un devoir de solidarité indiscutable pour la collectivité. Et notre Institution s’honore à assumer ce devoir de solidarité.

Mais ce n’est pas une finalité.

Moi, je refuse que notre territoire dépende essentiellement des injections de revenus sociaux parce qu’une administration centrale a décidé qu’il fallait tout miser sur les grandes métropoles et régler le reste du territoire par de la redistribution et des transferts sociaux.

Je crois au contraire que les territoires ruraux ont toute leur place pour accompagner la France sur le chemin de la prospérité.

Oublions cette idée fausse que seules les métropoles régionales peuvent porter le développement. Nous pouvons aussi y prendre notre part.

Mais, il faut acter que le développement de notre département ne viendra pas d’ailleurs.

Il ne viendra pas de la métropole toulousaine.

L’effet de ruissellement tant attendu entre les métropoles et les territoires voisins ne se produit pas systématiquement. C’est particulièrement vrai chez nous : la métropole de Toulouse, comme celle de Montpellier, se développent dans un relatif isolement et ne font pas rayonner leur dynamisme sur les territoires voisins.

Le développement ne viendra pas non plus d’en haut, de l’Etat. D’une administration centrale plus occupée à réglementer et à boucler les fins de mois qu’à construire l’avenir du Pays.

C’est en nous, que nous devons trouver la réponse.

C’est dans le territoire, que nous devons trouver les solutions pour porter le développement.

Voilà pourquoi en 2020 :

Nous devons continuer à porter une politique d’investissement ambitieuse pour générer de la croissance, de l’emploi et pour renforcer notre attractivité.

Notons que le déploiement de la fibre optique est un signal très fort envoyé aux investisseurs et à tous ceux qui souhaiteraient rejoindre les Hautes-Pyrénées.

Nous devons aussi animer, mobiliser, fédérer les énergies de ce territoire.

Le développement territorial est toujours un travail d’équipe, même lorsqu’il existe un chef d’orchestre.

Il faut une équipe qui partage un projet. Ne l’oubliez pas. Nous ne ferons rien tout seul. Et c’est à nous d’aller vers les autres et de faire travailler en synergie les différents acteurs.

En 2020, nous lançons un chantier pour construire une stratégie d’attractivité. Nous allons associer, dans cette démarche, tous les secteurs d’activité, mais aussi les habitants.

Mon ambition : fédérer les énergies autour d’une vision partagée du territoire, ancrée dans les spécificités de ce département.

Enfin, puisque c’est la période des résolutions, de manière plus anecdotique, je me permets de vous livrer 4 principes qui m’accompagnent dans les actions de développement que je tente modestement de porter.

Premièrement : il faut aimer le territoire, l’aimer profondément et ressentir un enracinement profond jusqu’à s’identifier à lui.

Deuxièmement : il faut être furieusement optimiste et y croire toujours. Il faut refuser, contester tous les discours pessimistes portés sur le territoire par les oiseaux de mauvais augure.

Moi, je ne suis pas pessimiste, pas du tout, encore moins dépressif ne me dispense pas d’être lucide sur les difficultés et les obstacles, les bâtons dans les roues qu’il faut sans arrêt dégager quand on veut porter des projets dans ce pays.

Le troisième, je vais vous le livrer sous le sceaux de la confidence : Si vous respectez à la ligné les multiples procédures portées par les dizaines de milliers de textes réglementaires, la réussite est impossible.

Je vous le dis, avec sincérité et conviction, il faut être prêt à bousculer un peu la réglementation.

Ça vaut aussi pour nous. Ne croyons pas que c’est en faisant des arrêtés et des procédures qu’on fera naître des projets.

Nous devons incarner une administration moderne, celle qui construit des ponts plutôt que des murs administratifs.

Enfin quatrièmement : ne jamais se reposer sur tout ce qui pourrait ressembler à un acquis et se remettre en cause en permanence, 100 fois remettre • l’ouvrage sur le métier.

Voilà pourquoi, en 2020, je vous souhaite, de l’énergie, de l’enthousiasme, de la créativité et aussi, un peu d’irrévérence et de folie pour, de temps en temps, sortir un peu du cadre !

A titre plus personnel, je vous souhaite bonheur et santé, pour vous et tous ceux qui vous sont chers.

Bonne année et bonne soirée !

Michel PÉLIEU

Président du Département des Hautes-Pyrénées