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Retour sur Tarbes-Bagnères

lundi 4 novembre 2019 par Rédaction

Un derby gâché par les intempéries

Ce derby avait tout d’un vrai derby, âpre, engagé, viril, avec un score serré, où les défenses ont pris longtemps le pas sur les attaques. Le temps, le terrain détrempé, le ballon et les appuis glissants, l’horaire tardif, imposé par la retransmission télévisée, n’ont pas arrangé les choses, avec de nombreuses fautes techniques à la clé. Malgré tout, les dix dernières minutes ont été d’un suspense haletant pour les supporters des deux équipes et la pièce est retombée du côté de Tarbes durant les arrêts de jeu. Un match nul aurait, sans doute, été plus équitable mais Vidal a été trop court sur l’ultime pénalité. Une fois de plus l’arbitrage a été incompris avec des Tarbais énormément pénalisés en première mi-temps (9/2) avec un rééquilibrage en seconde. La victoire tarbaise peut paraître cruelle car Bagnères a été devant jusqu’à la 80ème minute mais elle a été jugée logique et méritée par les commentateurs de l’Equipe TV, au vu de la prestation tarbaise finale. Une victoire qui respecte en tout cas la hiérarchie du classement, nivelée par les conditions atmosphériques et la vaillance bagnéraise.



Un délégué tatillon

 A ceux qui s’étonnent de l’absence des ramasseurs de balles, ce n’est pas pour préserver leur santé sous le déluge, mais parce que le Délégué voulait des jeunes qui aient plus de 14 ans… Un délégué tatillon qui a imposé que les stadiers soient derrière les mains courantes, ce qui fait qu’il n’y avait personne pour ramasser les ballons. Un délégué qui a tenté en vain d’imposer une chasuble à l’intervenante de terrain de l’Equipe 21.

Les réactions du côté de Bagnères

La déception était immense après avoir caressé la victoire pendant 80 minutes, grâce à un engagement sans faille, à un jeu d’occupation et à une conquête plus précise. Le match a basculé alors que les Bagnérais croyaient l’avoir tué, avec l’essai de Cayrolle. Les Bagnérais auraient pu décrocher un match nul, au bout des arrêts de jeu, mais ils doivent se contenter du point de bonus. Un point de bonus précieux toutefois, car hors conditions difficiles, les adversaires directs de Bagnères devraient repartir bredouilles de Trélut. Une fois la déception digérée, ce match peut être fédérateur après le non match contre Lannemezan. Les Bagnérais ont su rebondir moralement et ce match devrait leur servir lors de leurs prochaines sorties. Et notamment à Mauléon le week-end prochain.

Yann Cayrolle : Les dix dernières minutes nous sont fatales

Le demi-de-mêlée a marqué l’essai du 14-3 qui semblait plier la rencontre à un quart d’heure de la fin. Un véritable essai de filou, par le chas d’une aiguille, entre deux défenseurs au ras d’un ruck. Mais malgré une belle prestation, dans des conditions très difficiles, les Bagnérais ont de nouveau été défaits. « On perd sur des détails à la fin du match. Dans les vingt dernières minutes, on a un peu moins de maîtrise, on arrive moins bien à sortir de notre camp, on prend des pénalités et on subit un peu physiquement. On n’arrive plus à sortir de notre camp et à avoir le ballon, c’est le gros souci. Après, ce n’est pas la première fois que ça arrive, c’est toujours pareil, ça ne tourne jamais dans notre sens. » Une défaite cruelle mais qui va servir au Groupe pour rebondir. « On n’a qu’une victoire mais on n’a jamais lâché et cette fois encore on n’est pas loin. On s’attendait à un match dur mais les conditions nous ont un peu aidé aussi parce que ça referme un peu le jeu. Mais franchement, on n’est pas loin d’une équipe qui doit jouer le haut de la Poule. » Après son propre essai, les Bagnérais ont pensé qu’ils tenaient leur premier succès contre Tarbes. « On pensait avoir fait le plus dur. Il reste un quart d’heure, je crois et les dix dernières minutes sont fatales. On a réussi à les contrer pendant 65, 70 minutes, c’est dommage. On n’a rien à se reprocher à deux ou trois détails. »

Patrice Padroni : Cette défaite prouve qu’on est capable de faire des choses

Le Président était lui aussi très déçu d’avoir perdu un match maîtrisé et dominé pendant plus d’une heure, qui est quand même porteur d’espoir. « Je suis déçu, encore une fois, de la défaite, particulièrement par rapport à ce qu’on a pu donner sur le terrain. On va essayer de rebondir à Mauléon après cette défaite contre Tarbes qui prouve qu’on est capable de faire des choses dans cette Poule. »

Christophe Cazaux : Ce n’est pas le bonus qu’on devait prendre

L’entraîneur bagnérais est partagé entre plusieurs sentiments ; déception, frustration bien sûr mais surtout la fierté du comportement des joueurs. « Je suis fier de mes garçons d’abord. Ils ont montré que Bagnères est une grande famille avec beaucoup de cœur, beaucoup d’envie… Je suis dégoûté également parce qu’on perd à la 79ème et c’est une grosse déception par rapport à la physionomie du match. Après, le rugby et le sport en général, ça se respecte jusqu’au bout. Il faut jouer et être costaud sur toutes les phases de jeu. On a craqué sur les trois dernières mêlées et ça nous coûte le match. » C’est dur, car Bagnères a perdu les 4 points de la victoire à la fin du temps règlementaire et les 2 points du match nul lui ont échappé durant les arrêts de jeu. Mais c’est aussi la seule équipe qui a pris 1 point à Tarbes. « On va se consoler avec le bonus mais vu la physionomie du match, ce n’est pas le bonus qu’on devait prendre. C’est vrai, on a un point et on va continuer à s’accrocher en essayant de prendre des points ailleurs, notamment à Mauléon dès dimanche prochain, car j’espère qu’un jour ça va nous sourire. »

Les réactions du côté tarbais

Cette victoire, arrachée à la dernière minute par un autre essai de demi-de-mêlée qui s’arrache derrière sur une mêlée sur une 8-9 classique, est constructive pour ce jeune Groupe qui découvre la Fédérale 1 et ses arcanes. A Mauléon, le Groupe, à 14 avait résisté aux assauts, pendant dix minutes devant, un public hostile. Là, à 14 pendant la moitié de la seconde mi-temps, le Groupe a su aller chercher, avec les tripes, une victoire qui semblait impossible à dix minutes de la fin. Deux victoires arrachées dans la douleur, mais dans deux scénarios différents, qui peuvent être fondatrices d’un Groupe qui a montré une fois encore sa fierté, mais aussi sa solidarité avec son staff, qui aurait été remis en cause par beaucoup, en cas de seconde défaite dans un derby, qui plus est à domicile.

Lionel Terré : Bagnères méritait plus que nous la victoire

Le Président a dû passer par tous les états d’âmes durant 85 minutes mais dans les vestiaires, sa première pensée a été pour son adversaire malheureux. « Avant toute chose, je m’excuse, encore une fois devant mes amis bagnérais qui ont fait, avec leurs moyens, un match au courage, un match propre en conquête, avec une abnégation totale et qui méritaient, plus que nous, cette victoire. Je m’en excuse et c’est sincère. » Puis l’ancien demi-de-mêlée, qui a joué dans de telles conditions, rend hommage à ses joueurs. « Après, je suis satisfait du caractère du Groupe qui a été se chercher cette victoire à la fin. Ça prouve que ce Groupe vit bien ensemble, ils sont copains mais il y a encore tant de choses à travailler et à construire…, mais au moins, humainement, on a de bons gars. »

William Pees : Désolé, c’était pourri à regarder mais c’était injouable

L’ouvreur tarbais, remplacé après sa mauvaise passe qui a failli coûter un essai en contre, soulignait les mauvaises conditions atmosphériques qui ont nui au jeu. « C’était pareil pour les deux équipes mais on a un super terrain heureusement. Mais il est tellement tombé d’eau que c’était injouable et en plus, il faisait froid. » Williams Pees, fidèle à ses valeurs, rend hommage à ses adversaires avant de faire l’analyse du match. « Ils ont réussi à faire le jeu parfait à l’extérieur. En première mi-temps, on prenait une pénalité sur nos moments forts et on reprenait une seconde pénalité qui leur permettait de scorer. On a eu beaucoup de ballons dans les zones chaudes où on a été pénalisés. » Mais malgré une première mi-temps compliquée l’équipe a su réagir en seconde période malgré un essai encaissé. « On a tourné à 0-9 à la mi-temps, et dans des conditions pareilles, c’est hyper compliqué de revenir dans le match. On a pris des contre attaques et sur une mauvaise passe on prend 70 mètres. Je pense que dans l’ensemble, on a dominé le match même si ce n’était vraiment pas brillant. On a quand même réussi à inverser la tendance. On a réussi à revenir petit à petit avec un maul qui avance et un essai de pénalité. Derrière, on remet la pression et c’est Lulu (Lhusero) qui marque. » Une victoire, arrachée en toute fin de match qui va encore marquer le vécu commun du Groupe. « C’est hyper important d’avoir gagné, car je pense qu’à dix minutes de la fin, il n’y en a pas beaucoup qui auraient cru qu’on s’en sortirait et qu’on gagnerait. C’est incroyable même… Désolé pour le match, c’était pourri à regarder mais c’était injouable. On ne pouvait rien faire, le terrain était inondé, il faisait froid et c’est très compliqué de jouer au rugby dans ces conditions. On a fait un petit match mais on a réussi à gagner et c’est beau ! »

Albain Méron : On ne va garder que notre état d’esprit de ne rien lâcher

Le capitaine, revient lui aussi sur l’état du terrain qui rendait impossible le jeu. « On a joué avec des conditions climatiques assez déroutantes pour produire notre jeu. Mais on a gardé notre état d’esprit jusqu’au bout pour renverser la vapeur en fin de match mais c’était très laborieux. » Mais comme à Mauléon l’équipe a, une nouvelle fois, fait corps et c’est l’essentiel. « Si on ne s’était pas resserré, on serait passé à la trappe », confie Albain Méron qui ne veut retenir de ce match que la solidarité. « On ne va garder que notre état d’esprit de ne rien lâcher jusqu’au bout. » Le troisième ligne met les approximations en touche sur le compte de la pluie. « Avec les conditions climatiques, c’est compliqué de lancer en deuxième partie d’alignement. »

Thomas Lhusero : On a fait un non match pendant 65 minutes

C’est lui le catalyseur de l’équipe. C’est lui qui après, l’essai bagnérais du 3-14, a poussé un grand coup de gueule sous les poteaux pour provoquer la réaction qui a amené l’essai de pénalité. « On ne pouvait pas être content de ce que l’on faisait depuis le début du match. On a fait un non match pendant 65 minutes. On ne mettait pas un bon placage, on ne faisait pas une bonne action. On ne faisait rien de positif et c’est pour ça qu’on n’avait aucune pénalité pour nous. On était acculé, acculé, et on a pris cet essai. Il fallait remonter les troupes un peu, et ça a remonté tout le monde (rires…). Après, on marque quelques minutes après le coup d’envoi, ce qui nous fait du bien. On reprend l’ascendant, on a de nouvelles pénalités mais si Bagnères gagne ou égalise, il n’y a rien à dire. » Malgré la victoire Thomas Lhusero est conscient des manques de l’équipe même si l’adversaire y est aussi pour quelque chose. « Ils ont fait une très belle partie avec les conditions climatiques. On ne peut pas être content du contenu, on est juste content du résultat, mais il faut qu’on arrête d’être à réactions. Il faut qu’on soit dans l’action, on ne fait que de la réaction. Il faut qu’on prenne nos matchs de la première minute à la quatre-vingtième et on va préparer le match d’Oloron comme il faut ». C’est lui, avec sa gnaque, qui s’est arraché sur dix mètres avec un crochet dévastateur, pour inscrire l’essai de la victoire à la 80ème minute…

Thibaud Dulucq : Ce sont des matchs où il faut rester patient

Le jeune demi-de-mêlée, pour sa première titularisation, n’a pas été gâté par les conditions de jeu, mais il a su faire preuve d’abstraction. « J’ai mis de côté le contexte, la télévision et le fait de jouer contre mon frère. Ils m’ont tous chambré à la maison mais ils m’ont quand même bien aidé à aborder le match et c’était cool. » En débutant, c’est lui qui a subi la pression, dans un terrain avec cinq centimètres d’eau qui freinaient les ballons et les rendaient insaisissables. D’où une première mi-temps compliquée avec un ballon cafouillé et un en-avant sur une chandelle de son frère. Mais aussi une équipe beaucoup pénalisée qui n’arrivait pas à mettre son jeu en place. « C’est hyper décevant quand on s’est dit avant la rencontre qu’on devait maîtriser ce match et qu’au final, on a du mal dans la discipline. Ce sont des matchs où il faut rester patient. Les remplaçants ont su renverser la vapeur, bravos à eux ! »

Certains, qui regrettaient que Dulucq ne soit pas titulaire lors des autres rencontres, reprochent au staff de l’avoir fait débuter dans un derby. Mais quelle meilleure preuve de confiance que celle là. Une décision prise dans la semaine et quel aurait été l’impact psychologique sur le jeune joueur si le staff lui avait dit avant le coup d’envoi : Finalement tu ne joue pas à cause des conditions météos. En fin de compte, le coaching a été gagnant puisque Lhusero a su jouer un rôle primordial de leader quand l’équipe était au fond du trou.

Thomas Camy : Un match très compliqué à jouer avec ce temps

Le jeune talonneur, dans des conditions difficiles, a une nouvelle fois su répondre présent, dans le combat. « C’était un match très compliqué de jouer avec ce temps et ce terrain, on n’a pas pu mettre notre jeu en place. Même eux ils ont fait que taper au pied. On a tout de même réussi à prendre le match par le bon bout. Les remplaçants ont fait une superbe rentrée ce qui nous a permis de reverser la situation. »

Christian Etchebarne : Il ne faut retenir que la victoire

Pas facile dans ces conditions difficiles, injouables en début de match, de mettre du jeu en place. « Ce n’était pas un jeu pour les trois-quarts aujourd’hui, on le savait avant de démarrer » confirme l’entraîneur chargé des arrières. « Bagnères a eu un jeu au pied plus précis et on a été privé de ballons en première mi-temps. » En seconde mi-temps, avec un terrain qui a bien pompé l’excédent d’eau, les Tarbais ont réussi à prendre le dessus et à l’emporter. « Il ne faut retenir que la victoire », reconnaît Christian Etchebarne.

Yannick Vignette : Bagnères aurait très bien pu gagner

Avant toute chose le Manager reconnaît sportivement. « Dans ces conditions de jeu, il faut reconnaître que Bagnères a mieux mené son match que nous. Et si Bagnères avait gagné, il n’y aurait rien eu à dire, parce qu’ils ont sorti un gros match. Je les félicite et je leur rends hommage parce qu’ils auraient très bien pu gagner. » Un match que les Tarbais sont allés chercher à l’énergie. « On a eu un peu plus d’énergie qu’eux sur la fin. Je suis très content qu’on s’en soit sorti, parce qu’on a fait un petit peu tout à l’envers et il n’y avait rien qui tournait rond. On a fait beaucoup de fautes techniques, beaucoup de fautes de règlement. Heureusement, ce qui tournait rond, c’est le caractère et la volonté. On passe par la petite porte et on reconnaît la performance de Bagnères. »

On a fait le match parfait pour le perdre

Difficile quand, par le classement et les performances respectives, on est le grand favori logique de jouer dans ces conditions un derby. Pour l’adversaire, qui lui n’a rien à perdre, ces conditions favorisent les chandelles et le jeu de pression. Ce sont les Tarbais qui avaient tout le poids du match avec leurs armes rendues inutiles par les intempéries. Où le combat et la vaillance, sont encore plus efficaces que d’habitude. « Je n’ai pas l’impression qu’on avait moins d’envie », estime Yannick Vignette. « Ils avaient les pénalités et ils étaient toujours dans l’avancée. On n’était pas pris mais on était toujours sous pression. En mêlée, on était toujours sanctionnés. Après on a fait des erreurs aussi. Sur pénalité, on ne trouve pas la touche… On fait des touches pas droites… Il n’y avait rien qui était propre. On a fait plein d’erreurs techniques, rien ne tournait rond. C’était le match parfait pour le perdre !  »

Jean-Jacques Lasserre