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Stado/TPR : Retour et réactions après Saint-Jean-de-Luz

mardi 11 septembre 2018 par Rédaction

Perdre d’un point à Saint-Jean-de-Luz n’est pas catastrophique en soi, même si la désillusion est cruelle de lâcher la victoire après la fin du temps règlementaire. Les joueurs, les coachs et les dirigeants du TPR, tous présents, l’ont vécu comme une humiliation face à des amateurs a priori pur jus. Ce qui ne serait pas le cas pour d’autres équipes de la Poule, si on en juge par certains recrutements et les rumeurs... Mais d’autres équipes ’’Elites’’, se sont inclinées contre des équipes ’’Amateurs’’. On songe aux défaites de Dax à Cognac et de Chambéry à Dijon contre de grosses équipe de Jean Prat qui n’ont ni les même critères, ni les mêmes charges que les ex-clubs ’’Elites’’ ou relégués de Pro D 2. Ce qui pose un autre problème, celui de l’équité entre des clubs à gros budgets qui ont les mêmes conditions d’entraînement et d’effectifs de joueurs à temps plein. Mais qui n’ont pas la charge d’avoir des centres d’entraînement labellisés et ne répondent pas aux mêmes critères structurels et financiers que les clubs qui ont l’ambition de jouer en Pro D2. Si le Championnat s’arrêtait aujourd’hui, Rouen, Nantes ou Trélissac (Poule 1), Saint-Jean-de-Luz, Bagnères ou Anglet (Poule 2), Blagnac et Nîmes ou Aubenas (Poule 3), Bourgoin et La Seyne (Poule 4), joueraient les qualifications !!! Combien seraient éligibles à la montée à l’exception de Rouen ?

Les Réactions du côté de Saint-Jean-de-Luz

Le coquet Stade du Pavillon Bleu / Kelichoa, au milieu de la verdure et de belles maisons était copieusement rempli, sans avoir fait le plein pour autant dans la tribune de face. Même si Saint-Jean-de-Luz ne fait le plein que pour le derby contre Anglet, les supporters de Trélut ont de la graine à prendre. D’abord un tifo géant, des chants basques, une grosse pression sur l’arbitre malgré une piste d’athlétisme identique à celle de Tarbes qui éloigne le public du terrain. Si les huées, à l’entrée des adversaires et à la mi-temps, sont de bonne guerre et met les arbitres dans l’ambiance, les cris de corbeau pour déstabiliser le buteur adverse, ne sont pas à prendre en exemple. Par contre l’accueil des dirigeants est exemplaire avec une collation d’après-match dans une superbe salle à grandes baies vitrées. La communion du public avec ses joueurs est extraordinaire avec des chants basques entonnés en choeurs et les joueurs agenouillés en cercle sur le terrain... Les supporters tarbais, qui avaient fait le déplacement en nombre et qui ont encouragé sans faille leurs joueurs, peuvent en témoigner. 

Damien Elgoyen : « Cela s’est joué à l’envie, comme d’habitude »

C’est une euphorie maîtrisée qui règne dans les vestiaires où les joueurs se partagent un énorme bock de bière qui fait le tour avec un capitaine servi en premier : « Cela s’est joué à l’envie, comme d’habitude avec ce groupe. Comme on disait, il n’y a pas quinze mecs qui commencent, il y en a 23 et à chaque fois on répond tous présent. » La puissance tarbaise ne l’a pas impressionné : « On a l’habitude, l’année dernière on avait des équipes comme ça (Cognac-Saint-Jean-d’Angély) et ça continue poule Elite ou pas ! Nous on continue à travailler, parce qu’il y en d’autres... »

Paul Sajous : « On a gagné avec le coeur »

Paul Sajous est tout aussi discret au milieu de ses coéquipiers qui lui ont dédié la victoire : « Oui ça fait plaisir » avant d’enchaîner « on a été plus réaliste en seconde mi-temps. On ne marque que des points au pied mais la victoire ça fait du bien. On a eu plus d’envie en seconde mi-temps. Ils ont aussi été en infériorité numérique, ça nous a aidé et avec le coeur on a gagné. » L’allusion à son meilleur copain tarbais illumine son visage : « Avec Alexis (Armary), on était face à face en mêlée, ça fait bizarre mais tout à l’heure on va parler ensemble et tout ira bien. »

Eric Balhadère en version basque :

« On n’est pas professionnel mais on sait jouer au rugby »

Dans les couloirs l’entraîneur, volubile, refait le match avec la presse locale « Aujourd’hui, ils peuvent prendre 30 points » et chambre au passage les Tarbais. « Ils ont 50 000 € pour filer à un mec, nous avec 50 000 €, on en paye quinze ! On n’est pas professionnel mais on sait jouer au rugby. Avec ce qu’ils nous ont montré, il vaudrait mieux qu’ils s’entraînent trois fois par semaine comme nous. » Le technicien souligne la qualité de son ouvreur Xabi Iturriria : « On a le meilleur 10 de la Division, voire plus. Techniquement, il n’a rien à envier aux joueurs de Top 14. Il mérite d’aller ailleurs ». Eric Balhadère souligne le décalage de perception de deux mondes opposés : « On a reçu des appels pour savoir, s’il y avait des loges. S’il y avait un parking réservé pour les Partenaires de Tarbes. Si on avait une salle de muscu, peut-être qu’ils voulaient faire de la muscu le matin ? » Mais à ceux qui s’étonnent des nombreuses pénalités concédées, le technicien réplique : « Non, ils sont dominateurs. Et quand tu es dominateur l’arbitre regarde l’équipe qui fait les fautes. A partir du moment où tu commences à reveni,r en fin de première mi-temps et quand, en deuxième mi-temps, ça bascule complètement, l’arbitre les a pénalisés. »

Le même en version normale

A notre micro, l’ancien demi-de-mêlée tempère ses propos en rigolant : « C’était pour les ’’miens’’ avec vous je vais être gentil. » Maisil lance une pique qui résume tout : « On a joué contre une équipe qui a peut être moins envie quand elle joue des équipes comme nous. Mais je me dis, qu’est-ce-que ça va être quand ils vont aller à Baïgory (Nafarroa). Nous, à Saint-Jean, on a quand même été un club de première division, comme Tarbes. Donc aujourd’hui, ils sont avec nous, on les accepte et on les respecte en plus. » Sous entendu, ce que Tarbes n’a pas fait suffisamment. « Je suis content parce qu’on véhicule une image d’équipe joueuse et faible sur la conquête. Et aujourd’hui, on gagne le match grâce à une mêlée. Cela va annoncer à certains qu’on est capable de faire ce genre de matchs et que ceux qui vont venir ne s’attendent pas à une équipe qui joue juste au rugby. On sait faire mais on est capable aussi de serrer un match et de gagner au pied. » Pendant ce temps les chants basques ont repris dans les vestiaires. »

Les réactions du côté tarbais

C’est plus que de la déception, c’est de l’abattement mêlé à un sentiment d’humiliation d’avoir été battu par une équipe composée de joueurs amateurs qui leur ont donné une leçon de rugby et d’engagement. Hormis en mêlées fermées, qu’ils ont dominé outrageusement, à l’exception d’une en infériorité numérique, les Tarbais ont été pris à l’envie et au courage. Ils ont été mis en difficulté par les renversements de jeu d’une équipe très mobile, qui accélère sans cesse le jeu par des touches rapides ou des pénalités jouées rapidement à la main. Mais Saint-Jean-de-Luz, ce n’est pas que du jeu, c’est aussi une solidarité et un engagement sans faille en défense et dans les rucks. Jamais, les Basques n’ont cédé face à la puissance des avants tarbais et de Vunisa ou Bréthous derrière. Mais ils ont été pris en défaut par la vivacité de Loustaunau autour de la mêlée et celle de Frisch sur l’essai. Face à des Basques très joueurs, les Tarbais se sont montrés trop frileux, s’en remettant trop à la botte de Claverie. Si l’ouvreur tarbais a laissé neuf points au pied, l’ouvreur luzien en a laissé huit de son côté. On ne peut donc pas dire que le sort du match s’est joué à la réussite des buteurs. Mais de l’avis même des joueurs et des staffs, le match s’est joué à l’envie. Les Tarbais ont été pris dans les rucks, ce qui avait été un de leurs points forts contre Albi. Pris en agressivité, les Tarbais ont déjoué et se sont mis trop souvent à la faute, notamment au sol. Contrairement à Albi, les Tarbais se sont montrés indisciplinés et les deux cartons d’Armary et de Claverie coûtent douze points et le gain du match. On peut aussi reprocher aux Tarbais de ne pas avoir tenté plus de pénaltouches pour jouer dans le camp des Basques et les mettre sous pression. Car à chaque fois, les Luziens se sont montrés fébriles et ont perdu un précieux ballon en s’essayant à une relance rapide. Ce qui leur a coûté 3 points et ce qui a permis au TPR de prendre le score 5-6 en fin de première mi-temps. Les Tarbais pourront regretter de ne pas avoir joué plus tôt, car quand ils l’ont fait, ils ont marqué un essai et ils auraient pu faire basculer la rencontre en fin de match sur une énorme relance, gâchée par un en-avant derrière un ruck. Mais pour avoir trop voulu conserver le ballon, les Bigourdans se sont mis en difficulté et ont donné la pénalité de la gagne sur une faute au sol.

Yannick Vignette : « C’était un match compliqué qu’on n’a pas su gérer »

L’entraîneur tarbais assume les choix de jeu de son équipe de tenter des pénalités lointaines au lieu de se rapprocher des lignes pour mettre la pression. « Je ne pense pas que ce soit une erreur. On a un buteur qui est performant et on lui fait confiance. On avait le vent dans le dos et on pouvait scorer, mais malheureusement on laisse neuf points au pied. Ce qui aurait pu faire la différence, alors qu’on meurt à un point. » Le technicien bigourdan a du mal à comprendre comment son équipe a pu changer de comportement en moins de huit jours. « C’était un match compliqué qu’on n’a pas su gérer. C’est juste dans la gestion du match. On est mal rentré, on a manqué d’agressivité, de ferveur et de férocité mais le problème, c’est qu’on a eu une très mauvaise conduite de match. »

« La seule satisfaction, c’est la mêlée, le reste, c’est tout à revoir »

Perdre d’un point à la fin du temps règlementaire c’est difficile à digérer alors que l’équipe venait de reprendre le score et qu’il suffisait de faire un jeu de pied d’occupation. « Ce qui me rend triste, c’est qu’on avait le match en main et qu’on le perd à la dernière seconde sur une décision d’arbitre. Cela me rend triste pour le groupe parce qu’on a vu qu’à chaque fois qu’on accélérait, on repassait devant. Je trouve dommage, qu’à la fin, on n’ait pas su jouer au pied chez l’adversaire, pour nous sortir de cette possibilité de pénalité. L’arbitre n’attendait que ça pour les récompenser de leur vaillance en leur proposant une pénalité à la fin, pour qu’ils puissent gagner. C’était le scénario parfait et ça c’est présenté comme ça. Mais, ça me rend triste pour les garçons, pour le club, pour moi-même. Maintenant on va travailler pour essayer d’être meilleur là où on a péché. La seule satisfaction que j’ai, c’est la mêlée. Le reste, c’est tout à revoir. »

« Ce match, on devait le prendre et on n’a pas su le faire ! »

Un match qui s’est décidé, en l’espace de quelques minutes, sur une série de décisions arbitrales, qui ont du mal à passer. « L’arbitre met quarante minutes pour leur mettre un carton, alors qu’il y a des fautes techniques répétées en mêlées fermées et nous, on en prend deux en trois minutes ! C’est sûr, qu’en milieu de seconde mi-temps, il a fait basculer le match. Je ne pense pas qu’on se mettait autant à la faute, parce qu’on n’était pas dominé. C’était plutôt nous qui dominions en conquête, autant en touches qu’en mêlées fermées mais on a été très pénalisé pendant dix minutes. L’arbitre ne regardait que nous et il nous a mis deux cartons jaune. » Il est vrai que M. Schroeder a cherché la petite bête en pénalisant les Tarbais pour un non repli des avants sur un bon jeu d’occupation au pied. Mais Yannick Vignette souligne : « Ce n’est pas l’arbitrage qui est à remettre en cause, ce n’est que nous. On a eu une mauvaise conduite de match, on n’a pas mis assez d’agressivité . Ce match, on devait le prendre et on n’a pas su le faire ! »

Morgan Rubio : « Ils ont plus joué que nous »

L’ailier tarbais, visage fermé comme ses coéquipiers, ne se dérobe pas alors que les trois-quarts ont été réduits à la portion congrue. « Le gros point positif, c’est la mêlée. Après, on n’a pas réussi à mettre notre système de jeu en place. On a manqué de conservation dès le départ et après, c’est compliqué pour envoyer du jeu derrière. Ils ont plus joué que nous, en jouant tout simplement au rugby. Nous, on a honte, parce qu’on est professionnel et qu’eux sont amateurs »

David Barthélémy : « On n’a pas mis les ingrédients qu’il faut »

Le troisième ligne n’a pas été surpris du comportement de Saint-Jean, pour avoir déjà joué ce type de match avec Bagnères. Mais la plupart de ses coéquipiers le savaient aussi, pour avoir déjà affronté les Basques en match amical. « Ceux qui connaissaient avaient avertis que ce serait un match rugueux, qu’il faut du combat et qu’il faut se filer dans les rucks. Je pense qu’on n’a pas mis les ingrédients qu’il faut pour jouer au rugby. On n’a pas pu se décrocher au score, même si on passe à la mi-temps à 6-5. Après, on les a laissé espérer. Ils ont fait leur match et à la fin, ils ont gagné. Si on ne met pas les ingrédients pour jouer au rugby, on ne gagnera pas un match à l’extérieur ! »

Mickaël Etcheverria : « Bienvenue en Fédérale Une ! »

Désabusé, l’entraîneur des trois-quarts lance : « Bienvenue en Fédérale Une ! » Puis plus sérieusement : « Il y eu un manque d’investissement par rapport à vendredi dernier. Il n’y a pas photo sur l’investissement. On manque de discernement sur des choix tactiques et stratégiques. » Ce qui a coûté a coûté une victoire que les joueurs avaient su aller chercher en reprenant le score sur l’essai de Frisch. « On n’arrive pas à sortir au pied de notre camp, à occuper le camp adverse par du jeu au pied de pression. On n’a pas su le faire et on s’est mis en danger tout seul. »

 

Jean-Jacques Lasserre