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21ème journée de la Poule d’Accession de Fédérale 1 : retour sur Bourgoin-Tarbes

mardi 10 avril 2018 par Rédaction

Les Tarbais n’ont plus à regretter le point du bonus offensif perdu contre Bourgoin car la victoire, sans appel de Rouen à Albi, a scellé l’ordre des demi-finales. Aix monte directement et les demi-finales Aller opposeront Tarbes à Albi et Rouen à Bourg-en-Bresse, les 4 et 5 mai prochains.

Plus de positif que de négatif

Contre Bourgoin, le Stado TPR a effectué sa meilleure prestation offensive de la saison, en inscrivant cinq essais bien construits, qui valident le travail effectué aux entraînements. Le seul bémol, ce sont les quatre essais encaissés qui proviennent de négligences défensives. Mais Yannick Vignette, même s’il conteste la validité de l’essai de Lepage sur une touche qui était marquée, regrette encore plus, les déchets dans la finition qui ont coûté deux ou trois essais. Notamment, sur le ballon porté où l’essai a été refusé, où sur les eux en-avants près de la ligne, sur des combinaisons bien amenées, alors que les joueurs avaient franchi la défense à cinq mètres de la ligne d’essai. Où les franchissements avortés, par manque de soutien ou de continuité de jeu, de la part du porteur de balle. Un manque de lucidité défensive et offensive que le Manager met sur le compte d’un cinquième match difficile de rang, combiné avec des entraînements chargés et difficiles depuis deux mois. Mais malgré la fatigue, ces efforts ont porté leurs fruits avec trois victoires, dont une à l’extérieur et deux bonus défensifs à l’extérieur. Remporter avec quarante points un match au rythme et à l’intensité relevés, est pour lui, un signe positif à un mois des phases finales.

Les réactions

Côté berjallien

Les Berjalliens étaient venus pour rendre hommage à deux de leurs proches disparus cette semaine, dont la mémoire a été saluée par une minute de silence. Réconfortés par la présence de leur nouveau président et sponsor, les joueurs ont tenu à faire honneur à leur maillot sur le terrain, en ne lâchant rien. D’abord en défendant comme des morts de faim, puis en répliquant aussitôt que les Tarbais prenaient le dessus au score.

Jean-Henri Tubert : « On a montré nos valeurs Ciel et Grenat » 

Malgré la défaite, le Manager berjallien était satisfait du comportement de ses joueurs. « Depuis le début de l’année cette équipe se bat, avec beaucoup d’envie, de volonté de produire du jeu et de ne rien lâcher. On le faisait plus souvent à Rajon qu’ailleurs mais depuis le début de cette année, on est aussi positif à l’extérieur. On a fait peur à Bourg et contre Tarbes, on a montré qu’on pouvait produire du très beau rugby, avec des essais de bonnes factures, avec beaucoup de séquences de jeu. L’essai de pénalité en face, fait basculer le match, alors qu’on était vraiment dans la bataille pour l’emporter. Pour nous, c’était important de démontrer cet état d’esprit. Le groupe l’a montré, avec beaucoup de jeunes pousses. On voulait rendre hommage, par notre courage et notre solidarité, au courage de Martin Lombard, notre seconde ligne, dont on a enterré la femme dans la semaine. On avait une pensée également pour Julien Janaudy, un de nos soldats berjalliens. Les Garçons avaient à coeur de montrer, que même si on n’a plus rien à gagner, on ne lâche rien à Bourgoin. Ce sont nos valeurs Ciel et Grenat. »

Tarbes est capable de tout en demi-finale

Bourgoin vient d’affronter récemment Bourg-en-Bresse et Albi et le point de vue du technicien berjallien pouvait être intéressant : « Cette équipe de Tarbes va entrer dans ces phases finales sans pression et elle est capable de tout. On s’est aperçu qu’elle avait une grosse conquête et un gros pied avec son demi d’ouverture. Un match de phase finale ne ressemble à rien d’autre. Je pense, qu’à partir du moment où les demi-finales vont être attaquée, on tourne une autre page et tout est possible à ce niveau là.

Bogdan Leonte  : On a été volontaire, on n’a jamais rien lâché.

Le capitaine berjallien savoure une fin de saison, que certains annonçaient galère sportivement et financièrement, et qui se termine bien. « C’est un groupe jeune, qu’on a reconstruit au début de la saison. C’est un groupe qui a d’énormes qualités et d’énormes valeurs. On a réussi à recréer et à retrouver nos valeurs berjalliennes avec ce nouveau groupe. Pour notre dernier match de la saison à l’extérieur, on voulait le savourer ensemble, par une victoire. On a vécu une grosse année humaine et sportive ensemble et ce n’est que du positif. C’est une équipe qui a 23 ans de moyenne d’âge et qui demande à grandir. Vous l’avez vu, on a fait pas mal de jeu, on a été volontaire, on n’a jamais rien lâché. On ne demande qu’à grandir et à avancer avec ces jeunes qui représentent notre futur. »

Henri-Guillaume Gueydan : On s’incline mais l’état d’esprit est revenu

Le nouveau Président du CSBJ, a tenu à venir soutenir son équipe huit jours à peine après son investiture officielle. Son arrivée, avec un groupe d’investisseurs au début du mois de mars, a certainement sauvé le club d’une relégation financière. Bercé tout jeune par les souvenirs de Rajon, même s’il n’a jamais « eu l’honneur de porter le maillot de Bourgoin », il était depuis une dizaine d’années, un des partenaires financier du club. Arrivé en 2008, il a suivi toutes les péripéties du club de l’extérieur avant de s’engager. « J’avais du mal à supporter de voir le club baisser petit à petit. Quand j’ai su, vers la mi-février, que la saison était vraiment mal engagée financièrement, j’ai eu une réaction spontanée. J’ai réuni quelques copains entrepreneurs et on s’est dit qu’il fallait vite essayer de faire quelque chose. On a réussi à réunir un peu d’argent, des moyens humains et des idées et on s’est tous mis en route pour essayer de remettre le club sur la bonne voie. » Une intervention qui aura permis d’éviter le pire comme le confie le Président : « On n’était pas très loin de la liquidation de l’Association et c’était la mort du club. » Comme Auch, le CSBJ aurait dû changer de nom et repartir en séries. Son arrivée a reboosté l’équipe sur le terrain pour son plus grand plaisir. « On a battu Limoges et on a pris deux fois le bonus défensif contre Bourg et Albi, qui sont des prétendants à la montée. Ici, on a fait un bon match, on a marqué quatre essais, c’est bien. On s’incline mais l’état d’esprit est revenu. On a beaucoup de confiance dans ces jeunes joueurs. C’est d’ailleurs la confiance qu’il leur manquait, parce qu’on a vu ici, qu’ils étaient capables de faire des choses plutôt bien. Il y a de la qualité, il y a un super groupe qui s’entend très bien. Pour nous, c’est super important, c’est primordial. »

Côté tarbais

Jean-Baptiste Claverie : « On prend des essais un peu bêtement »

L’ouvreur tarbais a de nouveau effectué une prestation majeure pour son retour après une blessure. Impeccable dans les tirs 6/7, précieux par la variété de ses coups de pieds, avec là aussi, une seule fausse note sur un coup de pied à suivre dévissé, sorti directement en touche. Le demi d’ouverture regrette les essais trop facilement encaissés. « On prend des essais un peu bêtement, on s’est relâché. » Celui qui fait le plus de mal, c’est celui sur une pénaltouche rapidement jouée. « On revient en deuxième mi-temps, on marque vite, on reprend bien le score et on prend cet essai qui les remet dans le match. Sinon, on peut les faire lâcher. » Jean Ba savoure : « On sort de cinq matchs d’affilées et on était un petit peu émoussé physiquement. On a beaucoup donné aux entraînements, on a beaucoup donné en match et il faut aussi se satisfaire de gagner en mettant quarante points à domicile, même si tout n’a pas été parfait. On a eu un début de saison suffisamment difficile pour ne pas faire la fine bouche. »

Etre plus efficace sur notre jeu de mouvement

L’ouvreur revient en forme au bon moment après un début d’année difficile. Il semble avoir retrouvé le niveau de jeu qu’il avait à Vannes où il a été un des principaux artisans de la montée. « C’est à l’image du collectif. On a repris un petit peu tout de zéro. Notre système de jeu, notre défense et quand tu travailles bien aux entraînements, tu gagnes de la confiance, tu emmagasine de la confiance. Derrière, les résultats suivent, tu continues d’emmagasiner de la confiance et du coup, tu es plus serein sur le terrain. Tu as plus d’automatismes sur le terrain, tu sais ce que tu as à faire et le rugby est plus simple, quand on est en confiance. » Toujours modeste JBC se retranche derrière le collectif. « C’est juste à l’image de l’équipe, on a nos ballons en touche, on est bien mêlée, derrière on joue bien et quand c’est comme ça, le demi d’ouverture est au diapason de l’équipe. » Pour la première fois depuis le match contre Aubenas à Trélut, le TPR a pu s’éclater ballon en main. « Les conditions n’étaient pas évidentes ici contre Aix, quand on a été à Aubenas, on avait envoyé quelques ballons mais pas autant qu’aujourd’hui. Cela va venir petit à petit, c’est un axe de progression de l’équipe et il y a beaucoup à faire. Mais clairement, l’axe de progression, c’est d’être plus efficace sur notre jeu de mouvement, collectivement ou par les trois-quarts. Sincèrement, je trouve qu’on a fait un bon match et c’est encourageant pour la suite. »

Adrien Domec : On continue à se préparer, sans faire de bruit

Le joueur protée des lignes arrières, où il occupe tous les postes du 9 au 15, a lui aussi sorti une de ses meilleures prestation de la saison au centre. Avec plusieurs percées à son actif, dont une de plus de cinquante mètres, pour un essai en solitaire. Mais aussi un judicieux petit coup de pied à suivre pour un essai refusé à Esteves. « Cela faisait longtemps, qu’on n’avait pas touché autant de ballons, ça fait plaisir mais on était tous rapidement capot ouvert, même en face. Il y avait du rythme, c’était un match agréable. Devant, ils ont fait le job car on a eu de bons ballons en avançant et on a réussi à trouver quelques intervalles. C’est bien, c’est de bon augure pour la suite, il faut qu’on continue à bosser et ça va le faire. » Malgré les neuf essais, ce n’était pas un match de gala avec des contacts rugueux comme le confirme Adrien Domec. « Cela n’avait rien d’un match de gala ou d’un match amical, c’est clair. Ils ont été touchés par des évènements dramatiques, les pauvres, et ils avaient à coeur de faire un gros match. Ils étaient venus faire une vraie opposition et pour nous, c’était bien. On en avait besoin, car on est toujours dans nos objectifs de préparer les demi-finales, puisqu’on a la chance de les faire. C’était un gros match, il y avait du rythme, et on continue à se préparer dans notre coin, sans faire trop de bruit. » Le seul point négatif de cette rencontre, ce sont les cinq essais encaissés. « On voulait faire un bon match, on voulait se rassurer, on voulait envoyer du jeu, car jusqu’à maintenant, c’était beaucoup de défense et on ne faisait rien en attaque. Là on a fait de belles choses en attaque mais on a un peu oublié la défense. Il faut réussir à concilier les deux. On va bosser dès mardi pour être bon en attaque tout en continuant à être très bon en défense, comme on l’était avant ce match. On en a mis 40 mais on en a pris 30 et il faut rectifier ça. »

David Bonnecarrère : « Cela du bien au mental de gagner comme ça. »

L’ancien capitaine, qui a fait de nouveau un match plein, précieux sur les contres en touche et dans le jeu, confirme le sérieux de l’opposition. Bourgoin n’était pas venu pour faire le voyage à vide. Ils sont venus pour jouer et ils ont joué le jeu même s’ils ne peuvent pas se qualifier. Ils ont vendu chèrement leur peau et ça a fait monter le rythme. Il n’y avait pas de pluie et ça a envoyé du jeu des deux côtés. Cela fait plaisir, de gagner un match comme ça, au niveau du mental. » Le troisième ligne confirme que c’était un match plein. « Il y avait beaucoup d’intensité, il y avait de tout et c’était, je pense, un joli match de rugby. Je ne sais, vu de l’extérieur, mais nous, sur le terrain, on s’est fait mal et ça fait vraiment du bien, au mental, de gagner un match comme ça. » Pour autant, le défenseur qu’il est n’est pas satisfait. « On a fait pas mal d’erreurs défensives avec le rythme qu’il y avait. Il nous reste du boulot en défense pour qu’on soit bien en phase finale. Chaque fois, qu’on a pris le score, on les a laissé revenir. On a eu des temps faibles, ce qui leur a permis de revenir au score. C’est pour ça, qu’ils sont restés pieds au plancher jusqu’à la fin. Mais on a quand même bien défendu, même s’il y a eu quelques erreurs défensives. »

Mickaël Lacroix : Un bon test

Le capitaine savoure cette victoire au terme d’un match très enlevé. « On avait envie de se faire plaisir, de mettre beaucoup de volume de jeu et c’est chose faite. Après, on s’est exposé à des contres et on a perdu des ballons un peu trop faciles. On manquait peut-être des fois, à cause du rythme, d’un peu de lucidité pour finir les actions. On a été un peu fébrile dans la finition mais il ne faut pas oublier que depuis deux mois, on s’entraîne très, très dur. On n’est pas épargné en semaine à l’entraînement et on vient d’enchaîner un bloc de cinq match sans gérer les entraînements. On s’entraîne même plus dur depuis deux mois et on a accumulé de la fatigue. On a été très bien lors des vingt premières minutes. On a mis un énorme rythme et après, les organismes étaient un peu fatigués. Je pense, qu’il ne faut pas se satisfaire que de ça, mais il faut se satisfaire des 40 points marqués. Car je pense, que ça faisait un moment qu’on n’avait pas vu, les arrières capables de faire un beau jeu. Devant, ça fait trois matchs où on fait 100% en touche. On est très propre en conquête, c’est notre grande force et si on arrive à allier les avants avec les arrières, je pense qu’on peut être dangereux. Je pense que ce match va faire du bien aux têtes surtout. C’est un match qui ressemblait beaucoup à un match de phases finales, avec beaucoup de turn-over, beaucoup de fatigue et on finit un bloc de cinq matchs avec un bon match de préparation. C’était un bon test aussi et je tiens à féliciter cette équipe de Bourgoin qui a enterré un des ses copains et qui est venue ici pour lui rendre hommage et qui n’a rien lâché de tout le match. On voit que ça reste un club emblématique, avec de très grosses valeurs et je tiens à leur tirer le chapeau. » L’efficacité en touche, avec une conquête propre permet d’enclencher des ballons portés bien structurés. Deux essais, dont un de pénalité, sont venus de cet exercice, face à une équipe dont c’est la spécialité. « On travaille très dur aux entraînement, dont cette phase de conquête là. C’est juste le fruit du travail et de la précision. En première mi-temps, on fait un en-avant dans l’en-but sur encore un ballon porté, sinon on marquait là aussi. Il faut gommer deux ou trois petites choses encore. On a encore un peu trop de précipitation dans les moments clés où on a manqué de précision. Mais c’est positif. On va bien se reposer ce week-end et on va bien bosser pendant deux semaines pour aller à Rouen. Les phases finales ont déjà commencé... »

Alexandre Duny : « On se fait encore trop pénaliser en mêlée »

Le jeune pilier, qui peut jouer à droite ou à gauche, a fait son trou en première ligne où il a remplacé Dadunashvili, avant même que le Georgien ne se fasse opérer des ligaments de l’épaule. Une nouvelle fois, la mêlée tarbaise s’est révélée dominatrice sans être vraiment récompensé. « On a dominé en première période, mais on se fait encore trop pénaliser en mêlée. A nous d’y remédier en bossant mieux. C’est à nous de faire l’effort pour que l’arbitre soit de notre côté à chaque fois. Pour qu’on ne prenne plus de pénalités sur ces phases statiques. » Son entrée dans le groupe semble avoir libéré Duny qui prend de plus en plus confiance en ses énormes capacités physiques. « C’est notre système de jeu qui veut ça et moi je suis aussi un joueur de ballon. Même si avant tout, ce sont les mêlées, les rucks et les ballons portés, qui sont importants, j’aime aussi toucher le ballon. Et quand je peux en toucher un, j’essaye d’apporter le maximum pour l’équipe. Le jeune pilier est conscient qu’il lui reste encore beaucoup de travail pour être un titulaire indiscutable dans le groupe. « Sur ce bloc, j’ai enchaîné les cinq matchs dont une titularisation. Je suis très content d’être rentré dans le groupe, mais il faut encore travailler quelques lacunes. » Le fait de jouer des deux côtés de la mêlée est une assurance pour le staff en cas de blessures multiples, mais c’est aussi perturbant pour un jeune pilier. « De base, je suis un pilier droit pur mais cette année, je fais une reconversion à gauche par manque de joueurs à ce poste. J’ai pris ça comme un challenge, ça ne m’a pas dérangé. J’ai bossé pour et aujourd’hui, je suis dans le groupe. » Un challenge compliqué à relever, car comme le souligne Alexandre Duny : « C’est complètement différent. A droite les deux épaules sont prises et à gauche, il n’y en a qu’une de prise. Les deux postes sont très techniques et chaque poste a sa propre technicité. Ce n’est pas du tout comparable. Personnellement je préfère à droite, car je suis plus à l’aise avec les deux épaules de prises qu’à gauche. C’est pour ça que je dois encore travailler à gauche où j’ai eu beaucoup de mal à m’adapter en début de saison. Je n’avais pas encore tous mes repères, mais là, ça commence un peu à venir. »

Jean-Jacques Lasserre