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Conférence-bilan de la police de sécurité du quotidien

mardi 13 mars 2018 par Rédaction

Ce lundi après midi, à l’auditorium de la CCI, s’est tenue la conférence bilan de la police de sécurité au quotidien. En présence de Béatrice Lagarde préfète des Hautes-Pyrénées, des services de police et gendarmerie, de Pierre Aurignac, procureur de la République, de Jeanine Dubié députée, les sénatrices des Hautes-Pyrénées, de plusieurs élus (conseillers départementaux et maires) d’acteurs et partenaires.

La préfète a rappelé que la Police de Sécurité du Quotidien a été lancée le 8 février dernier après une large concertation de l’ensemble des acteurs de la sécurité par le ministre de l’Intérieur et que cette concertation a été menée également dans ce département de novembre à décembre 2017.

La concertation pour la mise en œuvre de la Police de sécurité du quotidien a été réalisée entre le 8 novembre et 11 décembre dernier avec au total, pas moins de 13 réunions animées par le corps préfectoral afin d’associer l’ensemble des acteurs, les parlementaires et les élus locaux concernés par les problématiques de sécurité.

De cette concertation, il est ressorti une volonté clairement exprimée par les forces de sécurité de se recentrer sur leur cœur de métier et de renouer le contact auprès de la population, par opposition à une politique du chiffre, à ce sentiment de travailler uniquement pour des indicateurs. Une volonté affirmée de reconquérir le terrain par une visibilité accrue et l’établissement d’une relation de confiance avec les concitoyens.

L’ensemble de cette réflexion s’articulait autour de 3 thèmes :

-les moyens des forces de sécurité pour optimiser leur action

-les modes managériaux

-les moyens de renforcer le lien police-population

En zone police, la hiérarchie propose un renforcement des leviers managériaux à la disposition des chefs de service territoriaux. En leur donnant davantage de responsabilité en matière de gestion des ressources humaines avec pour objectif de permettre une adaptation constante de la répartition des moyens humains sur le territoire en fonction des besoins opérationnels, d’avoir le choix de leurs collaborateurs, d’être à nouveau les acteurs du recrutement des ADS, d’avoir une meilleure lisibilité sur leurs effectifs par la définition de référentiels d’effectif cible par mission. En redonnant aux chefs de service territoriaux la possibilité d’accorder de manière ponctuelle, des récompenses financières, même modestes, pour la réussite d’affaires exceptionnelles ou de missions particulièrement difficiles. En leur permettant de procéder à des expérimentations : mutualisations, adaptation des structures locales et rythmes de travail.

En zone gendarmerie, les chefs de services territoriaux souhaitent retrouver des marges de manœuvre vis-à-vis de l’échelon central et, localement, en confortant leur pouvoir managérial et leur capacité à définir des priorités d’action adaptées au contexte local ; introduire de la souplesse dans les organisations et moduler la réponse opérationnelle en fonction des territoires, avec une approche pouvant être sectorisée et différenciée d’un territoire à l’autre.

La mise en œuvre de la police de sécurité du quotidien
dans le département des Hautes-Pyrénées

Notre département ne fait pas partie de ceux qui sont les plus impactés par le développement d’une « insécurité du quotidien ». Si le sentiment d’insécurité reste très subjectif, le département ne connaît pas une délinquance hors du commun ni de zones de non-droit. C’est la raison pour laquelle si au niveau national, 10 000 effectifs supplémentaires viendront renforcer la présence en secteur sensible, cela ne sera pas le cas en Hautes-Pyrénées. La mise en œuvre de la Police de Sécurité du Quotidien relève d’un travail en profondeur sur les missions. Une police et une gendarmerie aux ambitions retrouvées. Plusieurs pistes vont permettre dans un futur proche de dégager le temps nécessaire pour recentrer les forces de sécurité intérieure sur leurs missions premières :

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-la fin de la gestion des procurations est annoncée pour 2021 avec la création d’un dispositif d’e-procuration

-identification de missions externalisées vers le secteur privé, missions pour lesquelles l’intervention des forces de l’ordre n’apporte pas de plus value.

- la reprise des extractions judiciaires par l’administration pénitentiaire.

A moyen terme, dès 2020, il est évoqué une dématérialisation de la procédure pénale. Une police et une gendarmerie respectées. Au printemps 2018, les mesures d’anonymisation des fonctionnaires dans le cadre de leurs missions entreront en vigueur. Des sanctions seront effectives pour les auteurs d’agression contre nos forces et les préfets sont intraitables en cas de mise en cause injustifiée de l’État ou dans le cadre de la diffusion de fake news. Des moyens conséquents seront accordés : le plan immobilier se veut ambitieux sur la tranche 2018/2020 à hauteur de 900 millions d’euros, et des crédits supplémentaires d’équipement sont programmés, 150 millions côté police et 143 millions côté gendarmerie.

En ce qui concerne l’accueil des victimes un effort est effectué vers l’amélioration de l’accueil en commissariat par des aménagements d’horaires, le renforcement de formations à l’accueil des victimes et par des aménagements des espaces.

Le contact avec la population est au cœur de la police de sécurité du quotidien avec le déploiement de 250 unités de contact. A ce titre une nouvelle brigade de contact sera installée prochainement à Castelnau Rivière Basse, au nord du département. Une mission parlementaire a été installée pour repenser la chaîne de sécurité, pour réfléchir à une articulation entre les niveaux d’intervention publics, municipaux et privés. Depuis la parution d’un décret du 31 décembre 2017, les polices municipales ainsi que les professions de sécurité privées, désormais autorisées à être armées sous certaines conditions, montent en puissance et cela nécessitera un accompagnement et un effort national. La volonté de cette nouvelle politique de sécurité est de renouer le lien entre la sécurité et la population. Il s’agira de sensibiliser la population à l’ensemble des questions de sécurité : interventions dans des écoles, sensibilisation au rôle des forces dans le cadre du service national universel. La volonté est également celle de développer la vigilance citoyenne, avec l’adaptation locale du dispositif de participation citoyenne, la systématisation d’un référent de proximité dans chaque commissariat et d’un référent sécurité dans chaque conseil de quartier et conseil citoyen. Enfin, il est prévu de renforcer la participation des citoyens à la production de sécurité par la pérennisation des réservistes de la gendarmerie, 30 000 réservistes à l’horizon 2020 et 10 000 réservistes en police nationale au titre de la Garde Républicaine.

Nicole Lafourcade