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La préfète à la rencontre des femmes chirurgiens dentistes

samedi 10 mars 2018 par Rédaction

Ce vendredi matin, autour du docteur Nathalie Ferrant, étaient réunies une douzaine de femmes chirurgiens dentistes dans le cadre de la formation aux violences conjugales organisée avec le syndicat des femmes chirurgiens dentistes.

La préfète des Hautes- Pyrénées Béatrice Lagarde est allée à leur rencontre comme elle l’a fait pendant cette semaine consacrée aux droits des femmes.

En préambule la représentante de l’Etat a rappelé les rencontres effectuées avec les différentes femmes du département, elle a ensuite salué les femmes chirurgiens dentistes présentes pour cette journée de formation et fait remarquer que la participation en nombre pour un département comme le nôtre était significatif.

Elle a ensuite expliqué que les violences conjugales étaient séculaires. Elles sont économiques, physiques, morales, sexuelles ou administratives.

« Les chiffres sont effrayants, 223 000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont victimes de violences conjugales en France dans ses formes les plus graves : violences physiques et ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint.

Les femmes sont les premières victimes des homicides au sein du couple et une femme décède tous les trois jours en France sous les coups de son compagnon ou ex-compagnon. Cette mortalité à la suite de violences conjugales représente un taux de 14,5% en France aujourd’hui.

Les violences ont des répercussions graves sur le plan humain, l’épanouissement, la sécurité et la santé des femmes.

La violence conjugale est un phénomène protéiforme qui enferme la victime dans un silence qu’elle imagine protecteur. Aux faits eux-mêmes, s’ajoutent le sentiment d’humiliation, de honte, la peur de porter plainte, et parfois la culpabilité.

Depuis plus de 10 ans le gouvernement est déterminé. Différents plans ont été mis en place et aujourd’hui nous sommes dans la période du 5e plan de mobilisation dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Des mesures fortes sont prises pour faire sortir les victimes et se reconstruire.

Dans le département il y a une réelle dynamique et des progrès considérables ont été accomplis dans la connaissance du phénomène, sur le repérage des situations de violences grâce à la formation de personnels susceptibles d’être en contact avec des victimes, efforts aussi sur la prise en charge des victimes avec des déploiements de dispositifs protecteurs comme la création d’accueil de jour, le poste de référent violences, la mise en place du téléphone grave danger, la création d’une plateforme de mise en sécurité, la signature de convention de partenariat avec les associatifs, la police et la gendarmerie, le dispositif de lutte contre la récidive avec la prise en charge des auteurs de ces violences et des stages de responsabilisation pour ces personnes.

Le Président de la République en a fait une des grandes causes du quinquennat. Le 25 novembre, a été déclenché ce tour de France de l’égalité. Il a annoncé qu’il y aurait trois grands axes :

-L’éducation : ça reste le premier levier notamment sur les stéréotypes sexistes

-L’accompagnement des victimes : pour rappel, moins d’une femme sur cinq dépose plainte.

-Possibilité pour les victimes de déposer plainte en ligne

-Mise en place d’unités hospitalières dédiées à la prise en charge psycho traumatique pour les femmes victimes de violences.

Dix de ces unités seront créées en France métropolitaine à titre pilote.

-L’arsenal répressif : l’extension du délai de prescription pour le viol porté de 20 à 30 ans.

-La lutte contre ces violences doit être menée sans relâche, le nombre des victimes reste dramatiquement stable, toujours aussi insoutenable et inacceptable.

« S’il y a bien un sujet sur lequel la mobilisation de tous en particulier des professionnels que vous êtes, est un impératif, c’est bien celui de la prévention et de la lutte contre les violences faites aux femmes.

Encore aujourd’hui ces violences peuvent être banalisées, minimisées voire occultées ces violences demeurent une cause fréquente des interventions des professionnels de santé. »

Et en tant que professionnel de premier recours, le chirurgien-dentiste se doit d’être en capacité d’accueillir ces femmes victimes. Il doit être capable de proposer une prise en charge du symptôme clinique, d’établir un certificat médical avec ou sans I.T.T., mais aussi de détecter, soutenir et orienter la victime vers le réseau des partenaires associatifs et institutionnels qui interviennent dans la prise en charge des femmes victimes et des enfants témoins et qui prendront le relais.

Former, sensibiliser les professionnels du territoire à l’accueil des personnes victimes de violences conjugales a toujours été un axe de travail prioritaire localement. Car, la qualité de cet accueil est déterminante dans la poursuite ou non des démarches engagées par les victimes pour sortir des violences.

Nicole Lafourcade

Diaporama
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