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Stado/TPR : le point avec Yannick Vignette

dimanche 11 février 2018 par Rédaction

« C’est un groupe sain avec des joueurs prêts à s’investir »

Depuis mardi, au lendemain de sa prise de fonction, Yannick Vignette a rencontré un par un les joueurs, a échangé avec les entraîneurs et a beaucoup observé. Pour l’heure, le nouveau manager sportif n’est pas monté en première ligne, se contentant de prendre des notes et de soumettre quelques observations aux deux entraîneurs. Ses premières impressions sont plutôt bonnes : « C’est un groupe sain, avec des joueurs vraiment prêts à s’investir et je pense qu’il n’y a pas de problème avec les entraîneurs. Il est trop tôt pour dire que c’est la faute d’untel ou d’untel ou de qui que ce soit. J’espère amener des choses et amener des améliorations. J’en suis convaincu et c’est pour ça que je suis venu. » Des petites retouches seront apportées à partir de la semaine prochaine avec tout d’abord un changement dans le planning et un retour aux entraînements l’après-midi. Le matin sera consacré au rugby et l’après-midi au travail en salle de musculation.

 « Je pense que trois cerveaux valent mieux que un »

Vu le calendrier et les matchs qu’il reste à jouer, Yannick Vignette entend être au four et au moulin au lieu de se cantonner dans un strict rôle de manager : « J’arrive en cours de saison et je compte être au dessus et dans la mêlée. Je compte avoir pas mal d’échanges avec les entraîneurs parce que je pense que trois cerveaux valent mieux que un. Je compte aussi m’impliquer personnellement et mettre ma patte. Ce à quoi je pense, ce à quoi je crois, pour essayer d’optimiser les choses. » Le technicien béarnais avoue : « La conquête c’est un peu mon dada et notamment la touche qui attire toute mon attention et c’est vrai qu’il y aura un travail accentué sur la touche, sur les ballons portés, la mêlée. C’est un secteur de jeu que je vais favoriser mais en même temps, je ne crois pas qu’on puisse se contenter que de cela. Il faut tout travailler, le mouvement général notamment, car c’est l’alternance qui surprend l’adversaire. Je ne vais rien délaisser mais c’est sûr que plus la conquête est propre, mieux l’équipe se porte en général. » La touche après avoir été un souci*, se porte de mieux en mieux mais comme c’est son ’’dada’’, Yannick Vignette va y apporter son expertise. « J’ai ma façon de faire qui, j’espère va améliorer la touche. Ce qui a été fait, n’était pas mauvais, bien au contraire. On va travailler ensemble, on va continuer. Ce qui a été fait jusqu’à maintenant, c’est une première étape et on va essayer de construire ensemble une deuxième étape, qui va nous amener vers un peu plus d’excellence. »

* Du fait du départ de trois talonneurs, les deux titulaires (Béziat à Aix, Casals à Albi) et celui de la B (Claudey à Mont-de-Marsan), d’un recrutement tardif à cause de la menace de relégation en Fédérale 2, les bons talonneurs étaient tous pris.

Pas une révolution, mais une évolution dans le jeu mis en place

Après une première semaine d’expertise, « sur le potentiel des joueurs, sur le fonctionnement, sur les rouages », Yannick Vignette va entrer dans le vif du sujet la semaine prochaine en vue de préparer le match contre Albi. Le match de Bourg-en-Bresse lui servira de révélateur. « Je vais m’appuyer sur ce match pour véritablement voir nos forces et nos faiblesses pour démarrer véritablement à partir de lundi. Je compte m’appuyer sur ça pour partir sur des choses concrètes, même si j’ai déjà en tête ce que je veux mettre en place. Je préfère m’appuyer sur ça, après avoir eu un échange avec les joueurs et les entraîneurs, pour démarrer, non pas une révolution, mais une évolution dans le jeu qui a été mis en place. »

Un bon lancement de jeu, c’est avant tout une bonne conquête

Mais pour Yannick Vignette la conquête est primordiale : « Savoir utiliser le ballon et savoir gérer les turnovers, c’est important mais le rugby, c’est un peu comme le tennis, il faut savoir servir avant de jouer. Celui qui ne fait que des aces n’a pas besoin de savoir jouer au tennis, il gagnera toujours son jeu. Au rugby, si vous prenez vos balles en touche et si vous prenez des balles aux autres, vous avez 90% de chances de gagner. C’est pour ça, que la conquête c’est très, très, important. Le mouvement général, la circulation des joueurs, c’est aussi fondamental, c’est une évidence mais on ne peut pas dissocier l’un de l’autre. L’un va avec l’autre et un bon lancement de jeu, c’est avant tout une bonne conquête. » Le nouveau manager est déjà focalisé sur la réception d’Albi qui possède justement une belle conquête et notamment en touche. Et comme Arnaud Mela est un expert dans ce domaine, Yannick Vignette va peaufiner ce secteur de jeu où les Albigeois excellent et se créent beaucoup d’occasions sur des ballons portés. « Albi a un superbe alignement en touche, c’est un gros test et on verra ce que l’on est capable de faire. »

L’important c’est de mettre des hommes en place et de travailler avec

Sur le choix des joueurs et leur utilisation, l’entraîneur béarnais est formel : « Ce qui me choque, en France, c’est une façon de faire. On bâtit une sélection, mais à aucun moment on ne bâtit une équipe. On est toujours en train de changer les hommes, sous la pression médiatique, parce qu’à un moment donné, il y a eu une mauvaise passe, un mauvais choix stratégique ou tactique et on change toujours les hommes dans l’équipe. » Et de ramener ce constat à l’équipe de France de rugby. « Sous l’ère Noves, ça a été un festival et j’espère que Brunel va stabiliser parce que, ce qui est important, c’est de mettre des hommes en place et de travailler avec. Une équipe, ça ne se fait pas en quinze jours ou en trois semaines. Une équipe c’est une alchimie très fine et il faut du temps de jeu pour que les joueurs se connaissent et s’apprécient sur le terrain. Et ça, ça se construit sur la durée. Sur le fait de s’entraîner ensemble, de jouer ensemble, de circuler, de communiquer en permanence ensemble sur le terrain. Et ça, on ne l’a pas en France où en est tout le temps en train de changer. On change le dix, on change la charnière, on change le centre, on change le talonneur… On est toujours en train de changer quelque chose et on n’arrive pas à construire une équipe. La France est toujours en mode sélection alors que les autres Nations jouent en équipes. » Rapporté au TPR, ces propos prennent sens. C’est ce qu’ont toujours dit les entraîneurs qui n’ont jamais pu construire une équipe type compte tenu de la cascade de blessures qui a frappé la moitié de l’équipe pendant la première partie de la saison. Sur ce qu’il a vu du potentiel du groupe, aucun changement notable n’est à attendre si ce n’est quelques ajustements sur la complémentarité des joueurs. « Le groupe est très serré, car le groupe professionnel est très réduit », a constaté Yannick Vignette qui n’a guère marge de manœuvre. Rappelons que le duo Etcheverria-Escouteloup, a utilisé trente-cinq joueurs depuis le début de la saison dont onze joueurs du Centre de Formation et que certaines expériences, à cause des circonstances ou de la pression, ont coûté cher du point de vue comptable.

J-J L.