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TGB : retour sur le match contre Roche Vendée

mercredi 10 janvier 2018 par Rédaction

Côté tarbais

François Gomez : « On a fait le travail »

« On a fait le travail » soulignait François Gomez qui craignait ce match piège par excellence au retour des Fêtes de Fin d’Année, face à la lanterne rouge qui comptabilisait neuf défaites pour un seul succès. D’autant que tout le monde n’était pas sur le pont. « On a repris l’entraînement le 28 décembre sans Christelle (Diallo) et sans Adja (Konteh), qui ont joué parce que c’était un match extrêmement important. » Des joueuses qui seront sans doute laissées au repos le week-end prochain en Coupe de France contre Montpellier, afin qu’elles soient totalement opérationnelles pour recevoir Lyon. Pour Diallo, c’est pratiquement certain puisqu’elle a été touchée à la même cheville que contre Charleville-Mézières et qu’elle devrait retrouver les parquets pour la venue de Lyon. Là, l’intérieure était sur le banc pour apporter une rotation. « On avait besoin d’elle, parce qu’Aby (Gaye) n’est pas en capacité de jouer 40 minutes contre Bernadette N’Goyisa et Mme Cusic. »

« Notre marque de fabrique »

Une nouvelle fois, Tarbes a fait déjouer son adversaire par une grosse pression. « Il n’y a pas de secrets, l’équipe de la Roche a une meneuse de jeu et il était vraiment question de fatiguer Mlle Hériaud, de la faire sortir un peu de son basket, de façon a emmener les autres joueuses sur le poste 1, ce qu’on a bien fait. La ‘tout terrain’, qu’on ne fait pas assez souvent, à mon goût, nous a permis de provoquer beaucoup de pertes de balles chez l’adversaire. » Selon les statistiques, les Tarbaises ont provoqué 20 pertes de balles et ont inscrit 24 points derrière ces ballons récupérés. Le TGB est bâti pour ce type de jeu avec des joueuses comme Suarez, Pouye, Konteh et Bjorklund qui sont de vrais pitbulls en défense. « Cela devient tout doucement notre marque de fabrique. Quand on traîne à 13 points, je demande de remonter un peu sur l’intensité défensive et on passe à plus 20 ! Si on est capable de tenir longtemps ce type de défense, on peut être dangereux. » Mais Diallo sortie et Konteh sur une jambe, difficile de tenir le rythme. « C’était un match de reprise et on s’est contenté de faire le travail. On a battu une équipe qui est très respectable, qui commence sa saison, qui vient de changer une de ses étrangères, puisque Christel Mann est partie et que Mlle Mc Cray est arrivée. »

« Je ne suis pas l’Ecole des Fans »

Un travail nécessaire car cette équipe, qui venait de pousser Bourges en prolongation avant la trêve, est restée au contact un quart-temps et demi, 13-14, (6ème), 31-27 (14ème) et a limité les écarts ensuite 43-30 (20ème), 49-36 (24ème), 62-44 (30ème). Tarbes a mené de 20 points lors du dernier quart-temps, 64-44 (32ème), 68-48 (34ème), 72-52 (37ème) mais les Vendéennes ont réduit l’écart lors du money-time 72-59 (38ème), 76-63 (40ème). « Cette équipe arrivait certainement avec des ambitions et il s’agissait de calmer ces ambitions. On a fait le travail, ce n’était pas brillant, ce n’était pas exceptionnel. C’était moins bien qu’avant la trêve, mais on a fait un travail intéressant pour prendre les points du match. » Des points qui permettent au TGB de rester en haut de tableau à égalité avec Montpellier, Lyon et Basket-Landes, à un point du podium et à trois points des deux leaders. L’avance prise par le TGB a permis à François Gomez de donner du temps de jeu aux jeunes Beaubrun et Deconick. « Moi, je ne suis pas Jacques Martin, elles jouent parce qu’elles le mérite. Je ne suis pas l’Ecole des Fans. Les Filles qui rentrent, travaillent tous les jours avec nous. Ce sont des Espoirs, comme Tima (Pouye) et Naomie (Nbandu). On a cinq joueuses qui ont 18 ans, on l’oublie souvent. Quand on peut les faire jouer on le fait, pour les garder concernées par le projet de l’équipe mais aussi parce qu’elles progressent. Shona Beaubrun progresse et m’épate tous les jours à l’entraînement. »

« Les jeunes progressent »

Si les jeunes Shona Beaubrun et Léa Deconick (qui a marqué un panier) sont entrées à moins de trois minutes de la fin de la rencontre alors que le score était fait (72-54), Naomie Nbandu est restée près d’un quart d’heure sur le parquet. Issue de l’INSEP comme Tima Pouye, Nbandu internationale U16 et U18 a l’expérience de la LF2 où elle jouait avec le Centre Fédéral de la FFBB. Barrée à ce niveau par son gabarit, François Gomez qui apprécie sa combativité a choisi de la former au poste d’ailière. « Elle travaille, elle trouve de la stabilité dans ses efforts. Elle n’était pas très endurante et aujourd’hui elle l’est ! » Dès son entrée la jeune internationale s’est distinguée par son agressivité en défense et par un panier à 3 points.

Aby Gaye : « J’avais à coeur de bien tenir N’Goyisa »

La satisfaction du match, hormis la victoire, c’est la grosse performance d’Aby Gaye (30’ de jeu, 14 points, 10 rebonds) face à N’Goyisa. « C’est une, très, très, grande joueuse. Je ne l’avais jamais jouée mais c’est une joueuse que j’aime beaucoup, en plus. J’avais à coeur de bien la tenir, même si je savais que ça allait être très compliqué parce qu’elle fait deux fois mon tour de taille. Je savais que ça allait être dur, mais si je la tenais, je savais que ça pouvait donner un plus. C’est vraiment le gros point fort de leur équipe et ça pouvait nous mettre en confiance. » Si la phénoménale intérieure vendéenne a marqué 19 points, Gaye a remporté plusieurs duels offensifs et défensifs. N’Goyisa a manqué sept paniers (9/16) contre trois seulement à Gaye (7/10). Ce qui a permis, entre autre, au TGB de dominer la rencontre. « On avait toutes à coeur de faire un bon match parce qu’on a connu quelques soucis cette semaine. On aurait pu gagner avec plus de points, même si on ne s’est pas reposé sur nos lauriers. Elles reviennent dans les cinq dernières minutes, parce qu’on se relâche, à cause de la fatigue, mais on était confiante. »

Michelle Plouffe : « Notre objectif, c’est le top 4 »

Michelle Plouffe, une nouvelle fois précieuse (13 points, 2/3 à 3 points, 7 rebonds, 2 passes décisives, 3 interception, pour un ballon perdu), a été impressionnée par N’Goyisa même si elle ne s’est pas confrontée physiquement à la congolaise. « Je ne la connaissais pas avant mais maintenant oui (rires..), c’est une très bonne joueuse ! » La Canadienne, comme ses coéquipières, n’ont pas mésestimé les Vendéennes malgré leur dernière place au classement. « Pour nous c’était un match important, parce qu’on devait gagner parce que notre objectif, c’est le Top 4. C’était difficile, parce que c’était le premier match après les Fêtes et on n’a eu que quelques entraînements pour le préparer et Christelle (Diallo) et Adja (Konteh) ont connu des problèmes physiques. » 

Tima Pouye : « Il fallait vraiment faire attention »

Même sentiment chez la jeune Tima Pouye qui a pris sa part au succès avec 10 points et une grosse pression défensive. « Effectivement, c’était un match piège, parce qu’on ne s’était pas entraîné ensemble depuis deux semaines. On a eu peu d’entraînement collectif avant ce match et du coup on l’a abordé avec le plus de sérieux possible. On était motivé pour gagner, on a bien mis les consignes du coach en place et tout s’est bien passé. » Sur le parquet, même si les Tarbaises n’ont jamais été mises en danger, la jeune meneuse reconnaissait : « C’est une équipe vraiment dangereuse. C’est une équipe qui revient, en ce début d’année 2018, en voulant gagner des matchs. C’est vrai que toutes les équipes sont dangereuses mais contre elles, il fallait vraiment faire attention. » 

Naomie Nbandu, une joueuse polyvalente en devenir

Naomie Nbandu, internationale U18 au poste 4, poursuit son apprentissage au poste 3, plus conforme à son gabarit longiligne. Une progression qui lui a valu de rester plus de 14 minutes sur le parquet et de réussir un superbe tir à 3 points avant d’échouer de peu sur les trois autres. « Je suis considérée, maintenant comme une joueuse polyvalente. Je suis capable de commencer très loin du panier mais aussi de jouer près du panier. Mais je me suis surtout donnée à fond sur la défense. » Une polyvalence démontrée avec un panier de loin et un lay-up sous le cercle.

Côté vendéen

Emmanuel Body « Aby Gaye a dominé Bernadette N’Goyisa »

Pour le coach vendéen le match s’est joué en partie à l’intérieur. « Aby Gaye fait un gros, gros match, elle domine Bernadette N’Goyisa… Pour nous, c’était important de pouvoir dominer dans la raquette puis après, d’essayer de rivaliser dans le jeu extérieur et notamment sur le poste 1. Pour pouvoir nous imposer on a besoin de dominer dans la raquette et on n’a pas dominé dans la raquette. C’était très compliqué, on a tout le temps navigué à 10, 13 points et Tarbes a maîtrisé le match. A plus 13, il a remis un petit coup de pression sur la remontée de balles et c’est parti tout de suite à plus 20. Tarbes était le plus fort, il n’y a pas photo. » Le coach vendéen ajoute : « Je pense que Tarbes ne sera pas trop loin du Top 4. L’équipe est bien équilibrée, Konteh a nettement franchi un cap au niveau stabilité et Tarbes a le matos pour rivaliser dans la raquette. C’est un des domaines où on est plutôt bon. On a accroché Bourges justement parce qu’on les a dominé dedans et là on n’a pas pu trop rivaliser avec Tarbes qui peut donc envisager une bonne place sans problème. »

« On redémarre notre saison maintenant »

 Roche-Vendée, malgré une série de blessures qui l’a handicapé, n’a jamais baissé les bras. « Je pense que c’est notre deuxième défaite avec le plus gros écart. A Lyon, on a été dominé comme ça mais sinon, malgré les blessures, on n’a jamais été dépassé. On a perdu quelques matchs de peu. » En plus des blessures, Emmanuel Body a connu quelques soucis de recrutement. « On n’a pas fait le bon choix avec Radocaj et après derrière, avec Mann, on s’est séparé d’un commun accord. Là, on repart avec une nouvelle joueuse (Mc Cray) qui était complètement perdue. » L’Américaine, 0/8 au tir, n’a inscrit ses deux points, sur lancers-francs, qu’à la 29ème minute. Un nouveau championnat va débuter pour Roche-Vendée qui est déjà condamnée à disputer la ‘Poule de la mort’ et qui va devoir cibler ses matchs contre les équipes de bas de tableau. « Nous, on redémarre notre saison maintenant, avec des matchs importants dans quinze jours, trois semaines. Pour nous, c’est très clair, on va jouer les Play-Down et les matchs les plus importants seront les six derniers. Il faut qu’on essaie d’accrocher deux ou trois victoires sur les équipes qui vont être avec nous, que ce soit Nice, Mondeville ou les autres. Après derrière, il faudra être prêt pour les six derniers matchs. »

Marion Sinico : « Tarbes est une belle équipe »

La capitaine Marion Sinico retient plus la défaite, la dixième en onze rencontres, que sa performance personnelle (11 points, 3/3 à 3 points, 4 rebonds, 5 passes décisives) et la bonne tenue de son équipe durant un quart-temps et demi. « C’est une déception forcément, parce que toute compétitrice veut gagner. Après, on avait deux joueuses qui revenaient de blessure, notre meneuse qui était grippée et l’Américaine qui est arrivée il y a trois jours. Maintenant, on savait que Tarbes, c’est un cran au dessus de nous et à mon avis, Tarbes ne fera pas partie des équipes qui vont pas jouer le maintien. Pour parler clairement, c’est une belle équipe. » Pour la capitaine vendéenne tout va se jouer lors de la phase retour. « Pour nous les matchs capitaux arrivent fin janvier avec la réception de Nantes et notre déplacement à Mondeville. » Une phase retour envisagée avec confiance après une première phase gâchée par une série de blessures et deux changements de joueuses. « A chaque fois, on ne perd pas de beaucoup sauf contre Lyon et contre Tarbes où il y a de gros écarts. On aurait pu taper Bourges* avant les vacances, mais cette victoire ne nous aurait rien rapporté pour le maintien, même si ça aurait été bien pour les supporters. » Heureusement la seule victoire contre Nice comptera 2 points si les Azuréennes disputent les Play-Down et la capitaine garde confiance : « On a la chance d’avoir un groupe qui n’a pas baissé la tête. Tout va se jouer sur les Play Down. » Marion Sinico, formée à Bourges et passée par Reims et Calais a retrouvé la LFB bien changée après quatre ans d’absence. « Maintenant, il y a des gabarits qu’on ne voyait pas à l’époque. Les clubs sont mieux structurés, il y a plus d’entraînement tant mieux pour le basket féminin. »

*En Play-Down, les équipes repartent avec les points marqués contre les adversaires qui se retrouvent dans cette poule de la mort.

Bernadette N’Goyisa : « On a le mental »

Bernadette N’Goyisa, « la meilleure intérieure de LFB » pour beaucoup et pour François Gomez, a joué dans les plus grands clubs européens (Schio, Ribera, Namur, Bourges), de WNBA (New-York, San Antonio, Chicago, Indiana) et français (Nantes, Villeneuve d’Ascq et Saint-Amand-les-Eaux). La Congolaise possède aussi un beau palmarès, Vice-Championne WNBA 2002 (New-York), MVP 2005 de la Ligue Italienne, Championne de France, vainqueur du Tournoi de la Fédération et de la Coupe de France 2006 (Bourges), vainqueur de l’Eurocup et Championne d’Italie 2008 (Schio) et Championne de France LF2 2017 (Roche-Vendée). Après une interruption de deux ans pour une grave blessure suivie d’une grossesse « Bernie » a repris la compétition en tant que joker médical à Roche-Vendée qu’elle a aidé à monter en LFB. Un retour réussi à titre personnel, puisqu’elle aligne les double avec encore 19 points contre Tarbes. Une fois encore son apport n’a pas suffit et la Roche, malgré de bonnes prestations n’a réussi à s’imposer qu’une seule fois contre Nice. « Il nous manque un peu de chance, car on a le mental, on l’a malgré les défaites. On va corriger plusieurs choses et ça va aller. »

Jean-Jacques Lasserre