Site d’informations en ligne, sur Tarbes et le Grand Tarbes
 Informations Lourdes et Grand Tarbes Informations Lourdes et Pays de Lourdes Informations Bagnères de Bigorre Informations Argelès-Gazost Vallées des Gaves Informations Pays de Lannemezan Information Pays du Val Adour Informations Hautes-Pyrénées   
 
    
 
  
 

Retour vidéo sur Bourgoin, décryptage de la touche

lundi 4 décembre 2017 par Rédaction

Rien à reprocher aux joueurs face à un arbitrage maison

Le Staff tarbais est revenu de Berjallie rassuré sur le comportement des joueurs après deux prestations décevantes en Provence et contre Romans à Trélut, mais aussi très frustrés de revenir bredouilles. « Au vu de la prestation, ne pas prendre un point, ce n’est pas possible » rageaient les deux entraîneurs qui évoquaient « un arbitrage maison » digne de l’ancien temps. Alors que de l’avis de tous les observateurs, berjalliens compris, le Stado aurait mérité au moins le point du bonus défensif. Une fois encore, les décisions arbitrales ont lourdement pesé sur le résultat. Avec un carton jaune sévère à Vergallo, pour un en-avant ’’volontaire’’ pas vraiment évident, qui a coûté dix points aux Tarbais et la pénalité ’’retournée’’ quinze mètres face aux poteaux qui aurait permis au Stado de revenir 13-20 et d’empocher au minimum le bonus défensif. Un coup de vice payant, avec provocation berjallienne et arrachage du casque de Percival, (agressé au sol) dont le tort a été de manifester. Sans compter les pénalités contre la mêlée tarbaise (en supériorité numérique) alors qu’elle dominait à huit contre huit. Ni un placage haut, qui tenait plus de l’étranglement sur Latisnères-Palacin, dans les trente mètres de Bourgoin. Ni le coup de poing de Zarakashvili (qui a ouvert le nez de Latisnères-Palacin), qui aurait mérité plus qu’un carton jaune. Ni le ’’coup’’ qui a ouvert le front de Percival, qui avait continué à jouer sans son casque endommagé par l’accrochage précédent. Ni un placage à l’épaule sur Bats... Un vrai « arbitrage maison » conditionné par le support inconditionnel et bruyant du public de Rajon. Très bon en première mi-temps, le jeune arbitre a perdu le fil du match en seconde sous la pression populaire. « On n’a rien à reprocher aux joueurs » confirme Nicolas Escouteloup après le visionnage vidéo qui a mis en évidence certaines carences de l’arbitrage. « En mêlée, on les emporte et on se fait pénaliser. Leur pilier droit n’a pas tenu une mêlée correcte. A partir du moment où il est entré, ils ont explosé en mêlée et c’est nous qui nous faisons sanctionner » s’insurge l’entraîneur des avants.

Décryptage de la touche

La semaine de trêve a été l’occasion de doubler l’entraînement avec des matinées consacrées au physique et des après-midi vouées au rugby proprement dit. Avec notamment des séances de courses spécifiques pour Vinusa, Bernad et Havéa. Des séances de touche aussi, un des points noirs de la saison même si Nicolas Escouteloup tempère : « Il y a des problèmes certes mais statistiquement, on est à 75% de nos touches conservées alors qu’on était à 85% avant Bourgoin. » Des ballons perdus qui ne sont pas tous de la faute du lanceur comme le fait remarquer l’entraîneur « D’abord sur les cinq ballons perdus contre Bourgoin, il y en a trois interceptés et il faut reconnaître le mérite de Bourgoin au niveau du contre. » Un contre facilité par l’absence d’Armary, le capitaine de touche et le peu de vrais sauteurs. « On n’a quasiment que David Bonnecarrère, qui est un joueur de touche avéré, qui va vite et assez haut. » Mickaël Lacroix et James Percival, plus lourd et plus lent montent aussi moins haut et sont plus faciles à contrer. L’absence d’Armary est aussi préjudiciable dans l’organisation : « Depuis qu’il n’est pas là, au niveau de l’annonce, on est un peu en difficulté. » Du coup les avants doutent et ça n’arrange rien. « L’alignement, c’est de la confiance entre le lanceur et les sauteurs et quand cette confiance est perdue, la touche devient très compliquée. Le seul moyen, c’est de se simplifier la tâche mais alors, on devient très lisible. » Le problème provient aussi des lancers un peu lents même si la touche, c’est un tout.

Manque d’adaptation

Et sur la vidéo, c’est clair comme nous le montre l’ancien talonneur. « Par exemple, cette touche, qu’on joue en deuxième zone, est nickel. Sur la suivante, je demande une première zone et on retente sur la deuxième zone où on se fait intercepter. » Une autre séquence montre le manque d’adaptation à la situation de jeu. Percival est tout seul en première zone alors que les Berjalliens sont pénalisables en étant un de plus dans l’alignement. L’arbitre ne sanctionne pas les Berjalliens qui profitent de leur surnombre pour intercepter le ballon. Un Tarbais aurait dû surveiller pour signaler le surnombre à l’arbitre et d’autre part, le lancer aurait dû être effectué sur Percival qui n’était pas marqué. « A partir du moment où un joueur est démarqué, il faut lui donner le ballon » insiste l’entraîneur. A la vidéo, les images sont parlantes, les Berjalliens se portent en contre sur le zone 2 et laissent Percival tout seul en zone 1 mais Manso Moyano ne le voit pas, concentré sur son lancer. Sur une autre le contre est en place sur le sauteur et le lancer pas assez haut et trop lent favorise l’interception. « C’est un mauvais lancer » souligne Nicolas Escouteloup qui tempère : « C’est un talonneur qui vient de Fédérale 2. C’est un bon joueur dans le jeu, c’est un mec qui est très costaud en mêlée mais il y du boulot aux lancers. » Et ce n’est pas un manque de travail. « Depuis le début de l’année, on fait deux séances individuelle aux lancers, en plus des touches, à raison de quatre séances par semaine. »

Un problème de synchronisation

Pourtant ce n’est pas faute de travailler la touche aux entrainements : « Depuis le début de l’année, on fait deux séances individuelles aux lancers, en plus des touches, à raison de quatre séances par semaine. Plus deux séances supplémentaires qui ont été rajoutées depuis quelques semaines ». En raison des blessures et des joueurs du Centre de Formation qui sont moins disponibles hors vacances scolaires, les touches ne peuvent plus être travaillées en opposition, comme en début de saison. « On a dû travailler différemment et depuis on s’est déréglé C’est aussi à cause de l’absence d’Armary » constate l’ancien talonneur de Bègles. « A partir du moment où on n’a pas deux alignements pour faire attaque-défense, on ne peut plus travailler en opposition. » Une opposition qui manque aussi pour travailler sur les ballons portés où les tarbais sont aussi moins performants. Et là aussi, la vidéo est parlante. Plusieurs Tarbais et non des moins lourds, poussent en position debout et ne sont pas efficaces. On voit aussi des hors-jeu adverses non pénalisés... Sur une autre séquence, le lancer et la prise de balle sont corrects mais les soutiens sont en retard et une nouvelle fois les Berjalliens interviennent illicitement sans être sanctionnés. Un comportement fautif qui irrite l’entraîneur : « Cela m’inquiète plus que les lancers, qu’on va finir par régler... C’est avant tout un problème technique » explique l’ancien talonneur : « C’est un geste qui est devenu ultra technique. Quand je jouais, le joueur sautait et on n’avait qu’à envoyer le ballon dans la cible. Maintenant, on lance dans une zone et le ballon doit-être intercepté en haut. Si on lance sur un sauteur, c’est trop lisible. » Un geste où la synchronisation doit être parfaite entre le lanceur, le sauteur mais aussi les soutiens, qui doivent lever le sauteur dans le tempo. « Le soutien avant et le soutien arrière, doivent mettre l’impulsion et accélérer vers le haut pour intercepter le ballon dans sa trajectoire », précise Nicolas Escouteloup. Sans compter que depuis, la vidéo scrute et décrypte le moindre mouvement et le moindre défaut pour mettre en échec l’adversaire.

Jean-Jacques Lasserre