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Il était une fois ’’La Bande à Nanette’’...

mardi 12 janvier 2016 par Rédaction

Il était une fois parce que la chorale ’’La Bande à Nanette’’ a définitivement raccroché ses micros et rangé ses costumes de scène après plus de 17 ans de succès. Il était une fois aussi, parce l’aventure de cette bande de retraités, réunis autour de Nanette, s’apparente à un Conte de Fée. Tout a commencé en 1998, lorsqu’une jeune pré-retraitée parisienne est sollicitée pour faire chanter à Carnaval les enfants de l’école du village où elle venait de s’installer. Pourquoi elle ? Parce qu’elle s’appelle Duplan, qu’elle est la fille de Dominique Duplan, un ténor réputé, Premier prix du Conservatoire de Bordeaux et la sœur du célèbre Edmond Duplan. Nanette, montée à Paris comme son frère, a aussi le chant dans le sang. Toute petite, elle chantait durant les entractes, puis plus grande dans un orchestre. Elle a été choriste à Paris et a même décroché un petit rôle dans ’’Visa pour l’Amour’’ au côté de Luis Mariano et d’Annie Cordy. Mais elle a fait l’essentiel de sa carrière dans le monde de l’entreprise et sa passion pour la peinture, avait depuis longtemps remplacé l’opérette dans son cœur.

Des Caribous à la Bande à Nanette

Apprendre à chanter à des enfants était donc une gageure pour elle, qui avait abandonné depuis longtemps le monde de la chanson. Un coup d’essai qui fut un coup de maitre ! Ces gamins, qui n’avaient jamais chanté, eurent un gros succès. L’aventure, à la demande des enfants et des parents, continua quelques années avec le Chœur les ’’Caribous’’. Mais dans le même temps, les parents et les grands-parents ont demandé à Nanette de leur apprendre, aussi à chanter. ’’C’est parti comme ça’’, se rappelle Nanette. ’’Je leur ai dit oui sans savoir où j’allais. Au départ, on a chanté pour le plaisir. C’était folklorique parce qu’ils n’avaient jamais chanté, si ce n’est dans leur salle de bain. Mais ils avaient tellement envie de chanter que ce n’était que du bonheur.’’ Devant leur assiduité, leur persévérance et leur volonté, Nanette s’est prise au jeu et a fixé un but : Celui de chanter au Téléthon, après quelques mois de répétition. Un challenge plus difficile que celui des enfants, mais qui fut lui aussi une réussite. La première Chorale, formée uniquement avec des gens d’Orignac, s’est vite agrandie grâce au bouche à oreille. ’’La Bande à Nanette’’ était née. Un nom trouvé par Armand, récemment disparu et qui fut la clé de voûte et le trésorier de l’Association... La jeune chorale va se produire dans un premier temps dans les Maisons de Retraites et lors les fêtes de villages. Perfectionniste dans l’âme, Nanette prépare des partitions et des enregistrements pour chaque choriste, selon leur tessiture, pour qu’ils puissent s’exercer chez eux. Les répétitions s’enchainent dans son sous-sol transformé en studio et la Chorale enrichit son répertoire à base de chansons populaires françaises. Le succès est immédiat et les représentations s’enchainent car ’’La Bande à Nanette’’, au delà de sa qualité vocale et de son répertoire, innove en créant une tenue de scène et en ajoutant une bande son et des solos. ’’Mettre en place des solos est un énorme travail, de plusieurs mois’’ concède Nanette. Ce qui explique que peu de Chorales aient des Solos. Chacun met ses divers talents de modistes, de couturières et de repasseuses pour imaginer, coudre mais aussi repasser, avant chaque spectacle, les tenues de chant. La bande son, qui est aussi une première dans une chorale, est au départ une véritable gageure car ce n’est pas évident pour des amateurs de suivre le tempo. La fille de Nanette, Virginie, une jeune chanteuse qui a connu son heure de gloire à ’’La Chance aux Chansons’’ de Pascal Sevran, a été aussi un des détonateurs du succès en interprétant le répertoire pyrénéen.

Dix-huit ans de succès

A force de travail et de répétitions la Chorale, composée de chanteurs débutants, arrive à faire corps avec la musique. Les spectacles, enregistrés et filmés par des amis, sont débriefés après la représentation. Nanette très méticuleuse, ne laisse rien passer, les moindres défauts sont gommés pour arriver à un spectacle, très professionnel, abouti et complet de deux heures trente. Outre la partie variétés françaises, il y a une partie folklore en costumes ’’anciens’’ à base de chansons pyrénéennes émouvantes comme le mythique ’’Sé Canti’’, le ’’Refuge’’, ’’Les Landes’’, ’’les Amants de Pyrène’’..., et une partie humoristique avec des chansons et des histoires drôles, dont le ’’Haricot Tarbais’’ et la fameuse ’’Noce à Yantou’’, interprétée par Armand, qui a fait rire des dizaines de milliers de spectateurs. Des chansons mises en scène, avec humour, comme la célèbre ’’Transhumance’’ et l’entrainante ’’Peth café leit’’, qui apportent la bonne humeur. Le succès ne va pas se démentir durant plus de dix-sept ans et la Chorale va se produire en concert dans l’ensemble des Hautes-Pyrénées (Tarbes, Bagnères, Lourdes, Argelès-Gazost, Capvern, Barèges...) et des départements limitrophes, Gers (Barbotan-les-Thermes, Plaisance...), la Haute-Garonne (Montréjeau, Saint-Gaudens...), les Pyrénées-Atlantiques (Anglet, Arudy, Lons, Pau, Bayonne, Nay...), à raison de vingt à trente concerts par an. Partie d’une demi-douzaine de copines et de voisines d’Orignac, la Chorale va regrouper plus d’une vingtaine de personnes et se déplacer en car lors de son apogée au milieu des années 2000.

Les vicissitudes de la vie

Compte tenu des contraintes de temps pour répéter, apprendre de nouvelles chansons, de nouvelles chorégraphies et se produire sur scène, presque tous les choristes étaient des retraités d’une soixantaine d’années, qui aujourd’hui, ont dépassé les 80 ans et dont la doyenne Eliane va fêter ses 87 ans ! Ce qui explique qu’au fil du temps, les maladies, les pépins physiques et les disparitions, ont frappé certains membres historiques de la Chorale. Leur disparition a touché profondément Nanette : ’’Entre nous c’était très, très fort, mais à force de les voir disparaître, c’était trop dur ! C’est trop triste...,’’ avoue pudiquement Nanette qui a passé les plus belles années de sa retraite à s’investir tous les jours pour eux et auprès d’eux. Car Nanette était à la fois chef de chœur, metteur en scène, ingénieur du son et de la lumière, chorégraphe, modiste, chauffeur, mais aussi imprésario pour finaliser les contrats... Lassée moralement, Nanette a décidé début 2015, de refuser toutes les demandes de concert mais d’honorer la quinzaine de contrats qui avait été signés un an à l’avance. ’’J’avais besoin de respirer, de me retrouver et de vivre normalement’’, confie Nanette. La dernière représentation a eu lieu à Houeydets le 11 novembre pour le Banquet des Anciens Combattants. Une dernière qui aurait pu se terminer en drame car un accident de la circulation a détruit le véhicule qui transportait tout le matériel. Malgré un retard de près de deux heures, ’’La Bande à Nanette’’ a connu son succès habituel et a même été pressentie pour revenir en 2016...

Fin du conte

La ’’Bande à Nanette’’, c’était aussi une bande d’amis qui profitait de la moindre occasion pour rire et manger ensemble des gâteaux et des crêpes autour d’un pot. Au fil du temps c’était devenue une véritable famille où des liens très forts se sont créés comme en témoigne le ’’discours’’ de Zaza, une des doyennes de la ’’Bande’’, après la dernière représentation à Houeydets.

’’Aujourd’hui 11 novembre 2015, c’est le cœur un peu serré que je viens te dire combien j’ai été heureuse de ce parcours en chanson. Nous voilà au terme de notre grand voyage musical. Le nom de scène était la ’’Bande à Nanette’’ et maintenant c’est plutôt les ’’T’as mal où’’. On a connu de grandes joies dans nos concerts grâce à ton savoir, tes conseils, ton professionnalisme et ta rigueur, qui nous dictaient la façon de nous comporter sur scène. Car nous n’étions pas au cirque mais devant un public attentif et ravi.

Pour tout cela, au nom de notre Chorale merci. Et comme chante si bien notre Charles Aznavour, il faut savoir quitter la table. Merci pour tout, même pour nos fous rires qui nous faisaient du bien. Nous avons aussi une douce pensée pour notre Yantou qui aurait tant aimé finir avec nous, notre parcours en chansons’’

Aux disparus Armand, Pilou, Jo, Gaston, Josy, René, François, Robert, Laure..., et aux fidèles complices Janine, Jeannette A, Jeannette P, Eliane, Brigitte, Majo, Marie-Jo, Camille, Roger, Anne-Marie, Mauricette, Annie, Nanou, Marie, Virginie..., de la ’’Bande à Nanette’’.

Jean-Jacques Lasserre

Les interviews

Camille (AUDIO) et Brigitte (AUDIO) répondent aux questions de Jean-Jacques Lasserre